dimanche 17 août 2014

Propos de Michelle Obama aux participants au programme Mandela Washington Fellowship

La Maison Blanche
Bureau de la Première Dame
Washington, D.C.
Le 30 juillet 2014

Propos de la Première Dame
au Sommet du programme Mandela Washington Fellowship pour les jeunes leaders africains

Hôtel Omni Shoreham
Washington, D.C.

Mme Obama – Oh, la la. Quel bel auditoire ! (Applaudissements) Asseyez-vous, je vous en prie. Reposez-vous. (Rires) Tout se passe bien ? C’est passionnant ? Vous avez parlé à beaucoup de gens importants – mon mari, il était là. (Applaudissements) C’est bien. Et quelques autres personnes aussi ? Vous avez voyagé dans notre pays et fait un tas de choses formidables. C’est vraiment un plaisir, c’est vraiment un honneur et une joie pour moi de me joindre à vous aujourd’hui à l’occasion de ce sommet fantastique.

Je voudrais commencer par remercier John des merveilleux propos qu’il vient de tenir, mais surtout de son leadership remarquable en faveur des jeunes gens – et en particulier des jeunes filles – en Ouganda. Je tiens aussi à vous remercier, vous tous, de faire partie du programme Mandela Washington Fellowship pour les jeunes leaders africains. Oui. (Applaudissements) Nous sommes tout excités de vous avoir parmi nous ici dans notre pays. Nous sommes vraiment tout excités.

Sachez que j’ai lu vos biographies, et je dois vous dire que je suis remplie du plus grand respect pour tout ce que vous avez accompli. Beaucoup parmi vous ont à peine la moitié de mon âge, mais vous avez déjà fondé des entreprises et des ONG, vous avez joué un rôle de leader dans votre gouvernement, vous avez décroché un tas de diplômes, vous parlez des dizaines de langues. Vous représentez véritablement le talent, l’énergie et la diversité qui sont l’élément vital de l’Afrique, et c’est un honneur de vous accueillir ici aux États-Unis. (Applaudissements) Nous sommes tellement fiers de vous.

À ce que j’ai entendu dire, vous profitez bien de votre séjour ici. Vous apprenez de nouvelles compétences, vous remettez en question de vieux postulats et vous avez des conversations franches avec des experts et entre vous sur les défis et les possibilités qui existent dans votre pays. Je voudrais qu’on utilise notre temps ensemble aujourd’hui pour poursuivre ce dialogue. Aujourd’hui, je veux qu’on discute – qu’on discute vraiment. Je veux qu’on parle aussi ouvertement et aussi honnêtement que possible des questions qui nous tiennent à cœur et de ce que cela signifie aujourd’hui d’être un leader, non seulement en Afrique, mais dans le monde.

L’une des questions que je prends très à cœur, c’est, comme John y a fait allusion, l’éducation des filles. À l’échelle mondiale, les statistiques en la matière sont à fendre le cœur. À l’heure actuelle, 62 millions de filles à travers le monde ne sont pas scolarisées, dont près de 30 millions en Afrique subsaharienne. Comme on l’a vu au Pakistan, où Malala Yousafzai a été blessée à la tête par des talibans, et au Nigeria, où plus de 200 lycéennes dans le dortoir de leur école ont été enlevées par des terroristes de Boko Haram, les filles qui sont scolarisées courent souvent de gros risques.

Comme mon mari l’a dit un peu plus tôt cette semaine, nous savons que l’absence d’éducation n’a pas simplement pour effet de limiter les perspectives d’avenir des filles en les rendant plus vulnérables à la pauvreté, à la violence et aux maladies ; elle limite aussi les perspectives d’avenir de leur famille et de leur pays.

Depuis quelques années, on parle beaucoup des moyens de faire face à cette question, on dit qu’il faut davantage d’écoles et d’enseignants, davantage d’argent pour les sanitaires et les uniformes, les transports scolaires, les frais scolaires. Certes, toutes ces questions revêtent une importance cruciale, et je pourrais faire un très beau discours aujourd’hui sur l’accroissement des investissements dans l’éducation des filles à travers le monde.

Mais j’ai dit que je voulais être honnête. Et si je le suis, je dois dire que nous savons tous que le problème n’est pas simplement une question de ressources. C’est aussi une question d’attitudes et de convictions. C’est la question des pères et des mères qui peuvent penser que leurs filles ne sont pas aussi dignes de se faire instruire que leurs fils. C’est la question des sociétés qui peuvent s’accrocher à des lois et à des traditions désuètes de nature à opprimer et à exclure les femmes, ou qui peuvent ne pas voir dans les femmes des citoyennes à part entière devant jouir des droits fondamentaux.

La vérité, à mon avis, c’est qu’il n’est pas vraiment productif de parler de questions comme l’éducation des filles si on n’est pas disposés à engager une conversation plus vaste, plus audacieuse, sur la manière dont les femmes sont perçues et traitées dans le monde aujourd’hui. (Applaudissements) Et nous devons avoir cette conversation sur tous les continents et dans tous les pays de notre planète. Voilà ce que je veux faire avec vous tous aujourd’hui, parce que vous êtes si nombreux ici à être le fer de lance du progrès en Afrique.

Moi qui suis afro-américaine, cette conversation me touche au plus profond de moi-même. Les racines de mon arbre généalogique sont en Afrique. Comme vous le savez, le père de mon mari est né et a grandi au Kenya – (applaudissements) – et des membres de notre famille élargie vivent encore là-bas. J’ai eu le plaisir de me rendre en Afrique de nombreuses fois au fil des ans, dont quatre fois depuis que je suis la Première Dame, et j’emmène ma mère et mes filles avec moi à chaque fois que je le peux. Alors, croyez-moi, le sang de l’Afrique coule dans mes veines, et je me sens vivement concernée par l’avenir de l’Afrique. (Applaudissements)

La condition des femmes en Afrique est quelque chose qui me touche personnellement aussi, moi qui suis une femme. Ce que je veux vous faire comprendre à tous, c’est que je suis la personne que je suis aujourd’hui grâce aux membres de ma famille – en particulier aux hommes dans ma famille – qui faisaient grand cas de moi et qui ont investi en moi dès ma naissance. J’avais un père, un frère, des oncles, des grands-pères qui m’ont encouragée et qui m’ont poussée, qui m’ont protégée et qui m’ont dit que j’étais intelligente et forte et belle. (Applaudissements)

Et pendant mon enfance et mon adolescence, les hommes qui m’ont élevée ont placé haut la barre pour ce qui est du type d’hommes que je laisserais entrer dans ma vie – (applaudissements) –, et c’est pour cela que j’en ai épousé un qui a eu suffisamment de jugeote pour tomber amoureux d’une femme qui était son égale – (applaudissements) – et me traiter comme telle, un homme qui me soutient et me vénère, et qui soutient et vénère nos filles aussi. (Applaudissements)

Et tout au long de mon existence – comprenez-le bien – toute occasion que j’ai eue, toute réalisation dont je suis fière, c’est à ce fondement solide d’amour et de respect que je les dois. Du fait de ces expériences vécues, je suis triste et je ne m’explique pas que trop souvent, dans certaines parties de l’Afrique, les femmes se voient encore refuser les droits et les possibilités qu’elles méritent pour réaliser leur potentiel.

Je vais être très claire : dans de nombreux pays d’Afrique, les femmes ont fait des progrès spectaculaires. Les filles sont plus nombreuses à être scolarisées. Les femmes sont plus nombreuses à monter des entreprises. La mortalité maternelle tombe en flèche. Et les femmes sont plus nombreuses que jamais à siéger dans des parlements. En fait, dans certains pays, plus de 30 % des parlementaires sont des femmes. Au Rwanda, c’est plus de 50 % -- ce qui, soit dit en passant, est plus du double du pourcentage de femmes au Congrès américain. Oui. (Applaudissements)

Ces réalisations représentent des progrès remarquables. Mais dans le même temps, quand des filles dans certains endroits sont encore données en mariage alors qu’elles ne sont que des enfants, parfois même avant d’atteindre la puberté ; que les mutilations génitales féminines persistent dans certains pays ; que la traite des personnes, le viol et les violences familiales sont encore trop courants, et que souvent les auteurs de ces actes n’ont pas à en supporter les conséquences – alors nous avons encore bien du pain sur la planche en Afrique et dans le reste du monde.

J’éprouve certainement beaucoup de respect pour les différences culturelles, mais je crois qu’on peut être tous d’accord pour dire que les pratiques telles que l’excision, les mariages contraints d’enfants mineurs et la violence familiale ne sont pas des pratiques culturelles légitimes ; ce sont des violations graves des droits de l’homme et elles n’ont aucune place dans quelque pays que ce soit sur cette Terre. (Applaudissements) Ces pratiques n’ont aucune place dans notre avenir commun parce que nous savons tous que notre avenir réside dans notre population – son talent, ses ambitions, sa motivation. Et aucun pays ne peut véritablement prospérer s’il étouffe le potentiel des femmes et se prive des contributions de la moitié de ses citoyens.

Je sais cela de première main, à travers l’histoire de mon propre pays. Il y a un siècle, les femmes aux États-Unis n’avaient pas le droit de voter. Il y a des dizaines d’années, il était parfaitement légal qu’un employeur refuse d’embaucher des femmes. La violence familiale n’était pas considérée comme un crime : c’était une affaire privée entre un homme et son épouse.

Mais à chaque génération, des personnes de conscience se sont élevées contre ces pratiques injustes et elles les ont rejetées. Elles se sont enchaînées aux grilles de la Maison Blanche, ont fait des grèves de la faim en prison pour obtenir le droit de vote. Elles ont traîné leurs employeurs devant les tribunaux. Elles ont dénoncé le viol et se sont battues pour poursuivre les violeurs en justice, en dépit de la stigmatisation et de la honte. Elles ont quitté leur mari violent, même si elles se trouvaient réduites à vivre dans la rue avec leurs enfants. (Applaudissements)

Et aujourd’hui, en Amérique, on voit les résultats de ces combats acharnés : 60 % des étudiants aujourd’hui sont des femmes. Les femmes constituent plus de la moitié de la population active. Et ces dernières dizaines d’années, l’emploi des femmes a rajouté près de 2 mille milliards de dollars à l’économie américaine – je dis bien, 2 mille milliards. (Applaudissements)

Sommes-nous sur le point d’arriver à la pleine égalité économique, politique et familiale aux États-Unis ? Absolument pas. Nous continuons à nous débattre chaque jour avec des problèmes graves, comme la violence contre les femmes et l’inégalité des salaires. Les femmes sont encore terriblement sous-représentées dans notre gouvernement et parmi les cadres supérieurs de nos sociétés.

Mais lentement, au fil des générations, on avance dans la bonne direction grâce aux personnes courageuses qui ont été prêtes à risquer leur emploi, leur réputation et même leur vie pour parvenir à l’égalité. Et il n’y a pas que des femmes courageuses qui ont consenti ces sacrifices. Il y avait des hommes courageux, aussi – (applaudissements) – des hommes qui ont embauché des femmes, des hommes qui ont fait voter des lois visant à autonomiser les femmes, des hommes qui ont attaqué en justice d’autres hommes qui maltraitaient des femmes.

Pour tous les hommes, mes frères ici aujourd’hui, j’ai un message simple : nous avons besoin que vous donniez un grand coup de balai. (Applaudissements) Trop souvent, les femmes livrent seules ces combats, mais des hommes comme vous, des hommes progressistes qui ont déjà une longueur d’avance sur ce chapitre, vous avez un rôle d’une importance cruciale à jouer pour résoudre ce problème.

Et cela commence par un peu d’introspection. Et je ne dis pas cela simplement aux 250 hommes qui sont dans cette salle aujourd’hui, je dis cela aux hommes du monde entier. Dans tous les pays, les hommes doivent sonder leur cœur et se demander en leur âme et conscience s’ils considèrent et traitent vraiment les femmes comme leurs égales. (Applaudissements) Et quand vous tous vous croisez dans votre vie des hommes qui répondent non à cette question, vous devez les prendre à partie. Vous devez leur dire que tout homme qui use de sa force pour opprimer les femmes est un lâche et qu’il freine le progrès de sa famille et de son pays. (Applaudissements)

Dites-leur qu’un homme qui est vraiment fort, vraiment puissant, n’est pas menacé par une femme qui est forte et puissante. (Applaudissements) Au contraire, elle le pousse à se dépasser, elle l’inspire, il est heureux d’entretenir des rapports sur un pied d’égalité avec elle. Et je veux que vous donniez vous-mêmes l’exemple de ce comportement en faisant avancer les femmes dans vos entreprises, en adoptant des lois qui autonomisent les femmes dans votre pays et en nourrissant les mêmes ambitions pour vos filles que pour vos fils.

Et à vous les femmes ici présentes, mes sœurs --

Membre de l’auditoire – On vous aime !

Mme Obama – Et je vous aime aussi. C’est vrai. (Applaudissements) Et c’est pour cela que je veux que, nous les femmes, nous comprenions que l’oppression n’est pas une rue à sens unique.

Trop souvent, même sans que nous nous en rendions compte, nous, les femmes, nous intériorisons l’oppression à laquelle nous nous heurtons dans la société en acceptant les messages malsains sur notre apparence et notre façon d’agir, en particulier en tant que femmes de couleur – des messages qui nous disent que nous sommes laides ou sans importance, que nous ne méritons pas d’avoir l’entière maîtrise de notre corps, que nous ferions mieux de nous taire et de faire ce qu’on nous dit. Et ensuite, trop souvent, nous imposons ces mêmes convictions aux autres femmes et filles dans notre vie, y compris nos propres filles.

Par exemple, dans des pays à travers le monde, il y a encore des femmes qui défendent et pratiquent l’excision. Il y a encore des femmes qui tiennent absolument à marier leurs petites filles ou à les garder à la maison, au lieu de les envoyer à l’école, pour qu’elles puissent participer aux tâches ménagères.

Et il y a les torts plus subtils que nous infligeons à d’autres, le mal qu’on fait quand on rejette nos sœurs qui ne sont pas fidèles aux traditions, parce qu’on est jalouses de leur courage et de leur liberté ou qu’on s’en méfie, le mal qu’on fait quand on détourne le regard lorsqu’une femme de notre communauté est victime de violences parce qu’on ne veut pas faire d’histoires avec les voisins en dénonçant les faits.

J’imagine que certaines parmi vous, pour obtenir un diplôme, ont dû désobéir à leur famille ou la décevoir. Peut-être que pendant que vous faites des études brillantes ou que vous avez une belle carrière, vous avez une grand-mère qui se désespère parce que vous n’êtes pas encore mariées. (Rires et applaudissements) Mais, mes sœurs, vous êtes toutes ici aujourd’hui parce que vous avez trouvé un moyen de surmonter ces obstacles, et vous êtes devenues des femmes accomplies et très fortes. Nous avons besoin que vous en aidiez d’autres à faire de même.

Nous tous, hommes et femmes sur chaque continent, nous devons cerner ces problèmes en nous et dans nos communautés, et nous engager ensuite à les résoudre. Je ne m’adresse pas seulement à des avocats, des militants et des cadres des milieux d’affaires quand je vous parle, je m’adresse aussi aux parents que vous êtes ou que vous serez. Étant moi-même mère de famille, je peux vous dire que c’est là où le changement se produit vraiment. Par le comportement dont nous donnons l’exemple, par nos actions et nos inactions, chaque jour, nous parents formons les valeurs de la prochaine génération.

Par exemple, mes parents n’ont jamais eu la chance d’aller à l’université, mais ils ont eu le courage et la bonne idée de me pousser pour que je fasse les meilleures études possibles. Ils ne se sentaient pas menacés par la perspective que j’aie plus de possibilités qu’eux – bien au contraire. Ils étaient ravis.

C’est ce qui devrait nous motiver tous : l’espoir d’élever la prochaine génération pour qu’elle soit plus forte, plus intelligente et plus audacieuse que la nôtre. (Applaudissements) Et c’est exactement ce que beaucoup parmi vous font déjà dans votre famille et dans votre communauté, et c’est pour cela que je suis si fière de vous.

Je pourrais vous citer tous, mais je vais m’en tenir à quelques noms. Il y a Mahamadou Camara, du Mali. (Applaudissements) Il s’applique à éduquer les femmes sur le microcrédit et la comptabilité pour qu’elles puissent gérer elles-mêmes leur entreprise et donner à leurs enfants une vie meilleure. Au Libéria, Patrice Juah. (Applaudissements) Elle a fondé l’initiative Miss Education Awareness Pageant pour encourager les filles à faire des études supérieures et à saisir les occasions que leurs parents n’auraient jamais pu imaginer. Et, au Burundi, Fikiri Nzoyisenga. (Applaudissements) Il a créé une coalition de jeunes pour combattre la violence envers les femmes parce qu’il ne veut pas que quoi que ce soit les empêche de chercher à réaliser leurs rêves.

C’est là que réside l’avenir de l’Afrique – avec ces entreprises dirigées par des femmes, avec ces filles inscrites à l’université, et avec des leaders comme vous qui rendent ces rêves possibles. La question aujourd’hui, c’est de savoir comment vous tous et les jeunes comme vous allez vous y prendre pour diriger l’Afrique vers cet avenir. Parce qu’en fin de compte, c’est ça, le leadership. Il ne suffit pas d’avoir des diplômes ou d’occuper des postes électifs. Et il ne s’agit pas de préserver le pouvoir qu’on détient ou de conserver des traditions qui oppriment et qui excluent.

Le leadership, c’est créer de nouvelles traditions qui respectent la dignité et l’humanité de chaque personne. Le leadership, c’est donner des moyens d’action à tout le monde – à nos hommes, à nos femmes, à nos garçons et à nos filles – pour que tous puissent réaliser pleinement le potentiel que Dieu leur a donné. Et quand on fera preuve de ce leadership dans le monde entier, c’est à ce moment-là qu’on commencera vraiment à faire avancer l’éducation des filles. Parce que c’est à ce moment-là que les familles dans les petits villages à travers le monde exigeront l’égalité des chances pour leurs filles. Elles n’attendront pas. C’est à ce moment-là que les pays consentiront des investissements de bon cœur et généreusement pour envoyer leurs filles à l’école, sachant à quel point c’est important.

Et nous connaissons tous les effets en chaîne qui sont possibles quand on donne à nos filles la possibilité de s’instruire. Nous savons tous que les filles qui sont instruites gagnent plus d’argent. Elles sont plus susceptibles de protester contre la discrimination et les abus. Elles ont des enfants en meilleure santé, qui sont eux-mêmes plus susceptibles de faire des études.

Peu importe où vous travaillez, peu importe les questions sur lesquelles vous vous concentrez – qu’il s’agisse de la santé ou de la microfinance, des droits de l’homme ou de l’énergie propre – l’égalité des femmes doit être au cœur de votre action. Il le faut. (Applaudissements) Car ne vous y trompez pas : c’est à vous qu’il incombe maintenant de transformer les attitudes envers les femmes. Et c’est à vous qu’il incombe d’embrasser l’avenir, et de tirer vos parents et vos grands-parents par la main. (Rires)

Je sais que cela ne va pas être facile. Je sais que vous vous heurterez à toutes sortes d’obstacles et à une résistance – vous êtes déjà passés par là. Mais quand vous sentirez la fatigue ou le découragement vous envahir, que la situation vous paraîtra désespérée et que vous songerez à abandonner, je veux que vous vous rappeliez les paroles de l’homme en hommage duquel nous avons nommé le programme auquel vous participez – et je sais que ces paroles ont été répétées maintes fois. Comme Madiba l’a dit un jour, « cela semble toujours impossible jusqu’au moment où c’est fait ». Oh, comme je sais à quel point ces paroles sont vraies, quand je pense à mon histoire et à celle de mon pays.

Mes ancêtres sont arrivés ici enchaînés. Mes parents et mes grands-parents ont connu la douleur cuisante de la ségrégation et de la discrimination. Et pourtant, j’ai fréquenté des universités parmi les meilleures du pays. J’ai eu dans ma carrière des possibilités qui ont dépassé mes rêves les plus fous. Et aujourd’hui, je vis à la Maison Blanche, une résidence – (applaudissements) – nous ne devons pas l’oublier, une résidence qui a été construite par des esclaves.

Aujourd’hui, je regarde mes filles – deux belles Afro-Américaines – promener nos chiens dans l’ombre du Bureau ovale. Et aujourd’hui, j’ai le privilège de servir et de représenter les États-Unis d'Amérique à travers le monde.

Mon histoire et celle de mon pays sont l’histoire de l’impossible qui se fait. Et je sais que cela peut être votre histoire et celle de l’Afrique aussi. (Applaudissements) Mais cela exigera une nouvelle énergie, cela exigera de nouvelles idées, un nouveau leadership de la part de jeunes comme vous. C’est pour cela que nous vous avons fait venir aujourd’hui.

Nous l’avons fait parce que nous croyons en l’Afrique, et nous croyons en chacun de vous. Sachez que nous sommes remplis d’espoir et que nous nous attendons à vous voir accomplir de grandes choses. Vous tenez l’avenir du continent entre vos mains, et je meurs d’impatience de voir ce que vous continuerez à accomplir dans les années à venir.

Merci. Que Dieu vous bénisse. (Applaudissements)
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