Au matin du 15 septembre 2008, Lehman Brothers trépasse, victime de la crise des subprimes. La crise financière devient bientôt économique, puis sociale. Et le monde tente de changer les règles du capitalisme sur l'air connu du "plus jamais ça". Retour sur ces douze mois qui ébranlèrent la planète.
15 septembre 2008 : lundi noir pour la planète finance
Plombée par son incapacité à se refinancer après la crise des "subprimes" et du crédit, la vénérable banque d'affaires Lehman Brothers est lâchée par l'administration Bush.Elle doit se déclarer en faillite. C'est la banqueroute la plus importante de l'histoire américaine avec 613 milliards de dettes et 26 000 employés congédiés, et la fin du dogme du "too big to fail" qui avait prévalu jusque là avec Bear Stearns Freddie Mac et Fannie Mae. Au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, Wall Street connaît sa journée la plus noire depuis le 11 septembre 2001, avec 500 points perdus en une séance. Pendant ce temps, les prédateurs sortent du bois. Alors qu'elle était sur les rangs pour le rachat de Lehman Brothers, Bank of America avale Merrill Lynch, elle aussi menacée de dépôt de bilan, au prix de 50 milliards de dollars.
17 septembre 2008: AIG sauvée des eaux
Dans la tourmente générale, un "ouf" de soulagement s'élève. La Réserve fédérale vient au secours d'AIG. Moyennant 85 milliards de dollars, la Fed sauve le géant américain des assurances. En contrepartie, l'État détiendra 79,9 % du capital. Le pire est évité. Ce sauvetage, au lendemain du lâchage de Lehman, plonge les marchés dans la perplexité.
19 septembre 2008 : Washington met les banques sous perfusion
Le Trésor et la Réserve fédérale mettent en place un plan exceptionnel de rachat des créances douteuses des banques et des établissements financiers à hauteur de 700 milliards de dollars. Le plafond de la dette américaine s'en trouvera relevé de 10 600 à 11 300 milliards de dollars.
28 septembre: l'Islande frôle la faillite
Les banques du pays ont laissé filer leurs encours, et en cas de retrait brutal des dépôts, la banque centrale serait dans l'incapacité de faire face. Une seule issue : la nationalisation. Le pays, terrassé par la crise, se trouve en faillite potentielle. Il mendie à l'étranger un financement à court terme, son inflation s'élève à 15 % et sa monnaie a perdu 60% de sa valeur en un an. L'Islande paie là sa trop forte dépendance à la mondialisation financière. "Ce n'était plus un pays, c'était un hedge fund !", résume un financier britannique.
3 octobre 2008 : le plan Paulson tient la planète en haleine
La Chambre des représentants vote enfin la deuxième version du plan de sauvetage financier, que le Sénat avait adoptée deux jours plus tôt. La première mouture du texte, jugée trop "socialiste" et très impopulaire, avait été rejetée quatre jours plus tôt par le Congrès. Les grands principes fondateurs du texte ont survécu aux débats et aux pressions incessantes. Le plan Paulson prône le soutien des marchés financiers pour stabiliser l'économie, le remboursement des contribuables, une meilleure supervision de Wall Street et la réforme du système de rémunération des dirigeants.
8 octobre 2008 : les banques centrales frappent un grand coup
Les banques et entreprises manquent de liquidités et pour assurer un retour à la normale des marchés interbancaires quasi asséchés, les principales banques centrales, après avoir lâché des quantités colossales de liquidités sur les marchés, baissent conjointement leurs taux directeurs d'un demi-point et adoptent des mesures exceptionnelles pour normaliser le fonctionnement des marchés monétaires. Pourtant les marchés continuent de chuter, et c'est un véritable krach boursier mondial qui se dessine à la veille du G7.
10 octobre 2008 : le G7 soulage les marchés
Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés définissent un cadre global en cinq points pour résoudre la crise financière. Chacun reconnaît que la déroute de Lehman a été le déclencheur de la crise et s'accorde à dire que plus aucune faillite risquant de mettre en danger le système financier ne doit être possible. Les membres du G7 prendront "toutes les mesures nécessaires pour débloquer le crédit et les marchés monétaires et pour s'assurer que les banques et les institutions financières aient un accès large aux liquidités et aux capitaux".
12 octobre 2008 : le plan européen pour sauver les banques
Les quinze chefs d'État et de gouvernement de la zone euro et le président de la BCE, réunis à Paris adoptent un plan de sauvetage des banques. Pour qu'elles se prêtent à nouveau de l'argent entre elles, les Quinze s'engagent à garantir les prêts interbancaires jusqu'au 31 décembre 2009. Et pour éviter les faillites, ils sont prêts à entrer dans le capital des établissements menacés. Si l'on additionne le montant des recapitalisations et celui des garanties publiques, le plan de sauvetage s'élève à 1 700 milliards d'euros.
Par Catherine Mollicone
Source: www.lexpansion.com
mardi 15 septembre 2009
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