mercredi 4 mars 2015

Selon John Sawers, ex-patron du MI6, la guerre contre la Russie n'est qu'à ses débuts

John Sawers, patron du MI6 jusqu’en Novembre 2014, annonce clairement les choses, sans langue de bois ni faux semblants, avec le cynisme et la morgue qui caractérisent les dirigeants et hauts fonctionnaires britanniques. Pour lui, la Russie représente une menace pour la Grande-Bretagne. « Le danger de la Russie est imminent», dit-il, selon la chaine de télévision al-Arabiya.

Le fait que Moscou soutienne les indépendantistes de Novorussie est, selon Sawers, une preuve claire de « l’ambition de la Russie d’accroître son influence dans les Balkans au détriment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ». Notez bien qu’il dit « au détriment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ». Ni l’Allemagne, ni la France, ni même l’UE ne sont concernées dans cette histoire. Il s’agit bien de sauvegarder des intérêts extra européens, disons anglo-saxons pour faire court.

« Le gouvernement britannique est prêt à défendre ses intérêts. Il doit se préparer à une guerre par procuration tout comme ce qui se passe actuellement en Ukraine. Londres doit renforcer sa défense électronique, car la Russie essaie de développer son influence par de nouvelles méthodes sans entrer en confrontation frontale avec l’Occident », rajoute-t-il.

Il est à noter plusieurs choses dans ces déclarations faites par quelqu’un qui a dirigé le MI6 pendant 5 ans et qui n’est donc pas n’importe qui, bien plus près de la réelle gouvernance que bien des dirigeants mondiaux.

La première remarque est que Sawers ne parle jamais d’intérêts économiques. Il parle d’influence, donc d’hégémonie, là où tout le monde raisonne en termes économiques. C’est une politique constante des gouvernements britanniques au service de la Couronne, pour laquelle la très grande longévité de la reine actuelle est une bénédiction. Combien de présidents, de premiers ministres ou de chanceliers la Reine Elisabeth a-t-elle vu se succéder dans tous les pays du monde ? Elle les a vu défiler les uns après les autres en un carrousel de ce que les peuples appellent « changements » ou même «révolutions » mais qui n’est que la perpétuation de ce dont elle est la gardienne : le libéralisme triomphant. Chef de l’exécutif de plusieurs pays à travers le monde, elle détient les clés de la planète, au service des banques, ou l’inverse, à moins qu’il ne s’agisse d’un pacte gagnant-gagnant.

La deuxième remarque nous mène au cœur des guerres que subit le monde depuis des décennies. Sawers avoue, sans ambages, que la guerre que la Grande Bretagne doit mener contre la Russie se fera par procuration. C’est bien ce qui s’est passé depuis toujours, et continue de se passer sous nos yeux. Dans toutes les guerres actuelles, qu’elles soient pays contre pays ou par mercenaires interposés, on retrouve l’empreinte de ceux qu’on appelle généralement les anglo-saxons, qui ne sont en fait que les britanniques utilisant au maximum, en les mettant en avant au besoin, leurs premiers proxies qui forment le bloc dit « anglo-saxon ». Rompue à ce jeu depuis des siècles, la Grange Bretagne en est maintenant à créer des proxies de proxies, comme on le voit au Moyen-Orient. Israël lui-même est un de ses proxies.

La dernière remarque est le constat amer de John Sawers selon lequel la Russie refuse de se laisser entrainer dans une confrontation avec l’Occident, et qu’elle semble vouloir jouer le même jeu que la Grande Bretagne, ce qui est inacceptable. Puisque Moscou ne veut pas d’une guerre frontale, il faudra lui imposer une guerre asymétrique par procuration. Autant dire que ce n’est pas demain que l’Ukraine retrouvera la paix. Le tour des pays baltes, de la Pologne et des autres pays voisins ne tardera pas à venir, à moins que la Russie et ses alliés ne trouvent des solutions pour enrayer la machine.
Source : Réseau International

Est-il possible de développer un système de trading efficace ? (Seconde Partie)

Est-il possible de développer un système de trading efficace ? (Première Partie)


mardi 17 février 2015

Pourquoi Daech est-il né chez les Arabes ?

Avec un sang-froid effrayant, terrifiant, 21 hommes de l’organisation Daech ont égorgé 21 Egyptiens coptes sur la côte libyenne. Celui ou celle qui aura eu le courage de visionner la vidéo de très bonne qualité du début à la fin, aura donc vu ces hommes en décapiter d’autres, sans émotion particulière, la main ferme et le cœur bien accroché, ne ressentant aucune pitié et ne faisant montre d’aucune pitié, et d’encore moins de conscience. Cela signifie qu’ils se sont acquittés de leur tâche avec autant de conviction que de bestialité.

On retiendra cette terreur qui se lisait sur les visages des victimes, ces Egyptiens de confession copte venus en Libye pour y chercher une subsistance… Qu’un travailleur de condition si humble se retrouve sous la lame d’un boucher souhaitant adresser un message à l’Occident avec son sang, voilà une lâcheté, ô Daechien, toi qui vient pêcher en eaux troubles et t’acquitter ainsi d’une tâche sans péril en égorgeant une proie facile… une infamie que tu puisses égorger des êtres humains comme des agneaux, une abjection que tu penses aussi à filmer ton acte avec toute cette débauche de technologie, que tu immortalises ton crime pour terroriser tant de gens et que tu en fasses un clip qui fait le tour du monde…

D’où sortent-ils, ces animaux ? Où donc ont-ils été élevés ? Qu’ont-ils appris ? Qui leur a ainsi lavé le cerveau ? Qui leur a inculqué cette violence ? Qui les a convaincus que la décapitation de 21 modestes travailleurs sur une plage méditerranéenne était la bonne manière pour adresser un message politique à l’Europe ou pour se venger de la politique d’Abdelfattah al-Sissi qui a souhaité intervenir dans le chaos libyen pour y régler leur affaire aux islamistes ? Que dira ce meurtrier, demain à ses enfants, s’ils le voient occire de cette façon sordide un homme sans défense, miséreux, émigré, qui n’a que sa force de travail pour subsister ? Qui a donc émis la sentence de mort contre ces pauvres hères ? Quel est cet ouvrage théologique ou juridique qui autorise de tels crimes, qui permet d’égorger des prisonniers de guerre ? Et quelle guerre ? Les Coptes venus en Libye pour y travailler étaient-ils des combattants, des soldats ?

Autant de questions existentielles, perturbantes, douloureuses, qui s’imposent… Une fois que les hommes auront condamné ces actes odieux commis avant-hier sur la plage libyenne, la même question, lancinante, revient dans les esprits : D’où sortent ces tueurs, ces bêtes immondes ?

Pour quelle raison Daech n’est-elle pas née en Malaisie, en Inde ou en Indonésie, ces pays où il existe plus de musulmans que chez les Arabes ? Pourquoi ces nations n’ont-elles pas enfanté ces Daechiens à l’image des nôtres ? Pourquoi ces tortionnaires sont-ils originaires des terres arabes ? C’est LA question qui se pose et se posera encore et encore…

La plupart des Daechiens viennent aujourd’hui d’Irak, de Syrie, d’Arabie Saoudite, de Tunisie, du Maroc, du Yémen, d’Egypte, d’Algérie, du Koweït, de Mauritanie… et cela signifie que tous ces pays, Etats et sociétés, sont aujourd’hui sur le banc des accusés pour être le berceau de ces criminels et le terreau du terrorisme ; ces sociétés ne disposent d’aucune immunité à offrir à leurs populations contre le virus tueur.

Et donc, une fois encore, encore une fois, nous le redisons… Ce sont les autocraties, la corruption, la violation des droits de l’Homme, l’avancée du chômage et des disparités sociales, l’échec des politiques d’enseignement, la confusion entre la politique et la religion, la place qu’occupent les services et la répression dans l’administration des peuples, l’absence de diversité, de liberté, de droit à la différence… ce sont tous ces facteurs qui transforment nos sociétés et nos pays en pépinières d’extrémistes, de fondamentalistes et de terroristes…

Savez-vous que la première organisation mise sur pied par Oussama Ben Laden, à son retour d’Afghanistan au début des années 90, s’appelait l’Instance pour le Conseil, que son unique souhait était de prodiguer ses recommandations à son prince ? S’il existait un parlement en Arabie Saoudite, nul doute que ben Laden serait devenu un opposant, un simple opposant, et qu’il n’aurait jamais pensé à créer al-Qaïda, idée qui lui est venue après avoir été chassé de son pays, traqué par les services de son pays jusqu’au Soudan, puis en Afghanistan. Là, sur cette terre, Ben Laden avait entrepris de regrouper les anciens moudjahidine arabes, en compagnie du Dr Aymane ad-Dawahiri qui avait à son tour fui l’Egypte, imbu d’une pensée et d’une idéologie antioccidentales… On connaît la suite. Et donc, le remède contre Daech ne pourra se trouver que sur cette terre qui vu pousser cet arbre maudit.

Un récent sondage réalisé par le Centre arabe des recherches et études politiques et portant sur la popularité de l’organisation dite Etat islamique a montré qu’entre 12 et 14% des Arabes éprouvent de la sympathie pour ce groupe barbare et comprennent son action… Une proportion énorme et effrayante, si l’on considère la nature et la bestialité de l’organisation d’al-Baghdadi.
Par Taoufiq Bouachrine
Akhbar Alyoum

samedi 14 février 2015

Canteloup : Sarkozy revient à l'Elysée


Les télés connectées Samsung vous enregistrent-elles à votre insu ?

Contrôlées par la voix, les télés connectées de Samsung enregistrent, une fois allumées, l’ensemble de vos conversations avant de les envoyer à une tierce entreprise.

Quoi de plus simple que de parler à votre télévision pour changer de chaîne, monter le son ou enregistrer une émission ? Cependant le problème devient orwellien lorsque vous ne savez pas qui peut écouter les conversations que vous tenez dans le confort de votre salon. Selon les propres termes et conditions de la dernière TV connectée de Samsung, il se pourrait que vos conversations soient revendues à une troisième partie sans que vous ne le sachiez. «Soyez conscients que, si les mots que vous prononcez (à portée de la télévision) incluent des données sensibles ou personnelles, ces dernières seront, avec l’ensemble des autres données, enregistrées et transmises à un tiers par le biais du dispositif de reconnaissance vocale.»

Le principe est simple. La fonction de reconnaissance vocale de Samsung ne peut être utilisée que pour les commandes préétablies pour la télévision ainsi que pour des recherches. Et, lorsqu’il est allumé, une petite icône représentant un microphone s’affiche à l’écran pour signaler que le poste est à l’écoute. Mais si d’aventure vous oubliez que cette fonction est allumée et que vous tenez une conversation dans le champ d’action du micro, Samsung l’enregistrera avant de la sauvegarder sur un serveur et de partager les données avec une tierce entreprise.

Cette fameuse «tierce partie» pourrait être la compagnie Nuance, une entreprise de reconnaissance vocale fournissant sa technologie en la matière à Samsung. Contactée par le Guardian, l’entreprise coréenne explique «prendre très au sérieux la vie privée de ces consommateurs» et estime fournir «de nombreuses options pour que les clients puissent choisir de se retirer ou non de ce service». De plus, «ils peuvent facilement savoir si le système de reconnaissance vocale est en marche grâce à l’icône prévue à cet effet».

Pour Samsung, il s’agit donc d’un faux problème. Une partie de leur déclaration a pourtant de quoi dérouter. L’entreprise annonce ne vendre aucune information à une tierce partie avant de se contredire dans la phrase suivante : «Samsung does not retain voice data or sell it to third parties. If a consumer consents and uses the voice recognition feature, voice data is provided to a third party during a requested voice command search.» Soit : «Samsung ne garde ou ne vend aucune donnée vocale à une tierce partie. Si les consommateurs consentent et utilisent le système de reconnaissance vocale, les données seront fournies à une tierce partie lors du procédé impliquant une commande vocale.»

Parker Higgins, activiste d’Electronic Frontier Foundation (ONG auteur de la déclaration d’indépendance du cyberespace), relève dans un tweet l’inquiétante ressemblance entre les termes et conditions de Samsung et 1984 de George Orwell.

«Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la police de la pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir.» Le futur aurait donc seulement trente ans de retard sur le monde d’Orwell…
Hugo PASCUAL
Source : Libération Sciences