mercredi 4 mars 2015
mercredi 18 février 2015
mardi 17 février 2015
Pourquoi Daech est-il né chez les Arabes ?
Avec un sang-froid effrayant, terrifiant, 21 hommes de l’organisation Daech ont égorgé 21 Egyptiens coptes sur la côte libyenne. Celui ou celle qui aura eu le courage de visionner la vidéo de très bonne qualité du début à la fin, aura donc vu ces hommes en décapiter d’autres, sans émotion particulière, la main ferme et le cœur bien accroché, ne ressentant aucune pitié et ne faisant montre d’aucune pitié, et d’encore moins de conscience. Cela signifie qu’ils se sont acquittés de leur tâche avec autant de conviction que de bestialité.
On retiendra cette terreur qui se lisait sur les visages des victimes, ces Egyptiens de confession copte venus en Libye pour y chercher une subsistance… Qu’un travailleur de condition si humble se retrouve sous la lame d’un boucher souhaitant adresser un message à l’Occident avec son sang, voilà une lâcheté, ô Daechien, toi qui vient pêcher en eaux troubles et t’acquitter ainsi d’une tâche sans péril en égorgeant une proie facile… une infamie que tu puisses égorger des êtres humains comme des agneaux, une abjection que tu penses aussi à filmer ton acte avec toute cette débauche de technologie, que tu immortalises ton crime pour terroriser tant de gens et que tu en fasses un clip qui fait le tour du monde…
D’où sortent-ils, ces animaux ? Où donc ont-ils été élevés ? Qu’ont-ils appris ? Qui leur a ainsi lavé le cerveau ? Qui leur a inculqué cette violence ? Qui les a convaincus que la décapitation de 21 modestes travailleurs sur une plage méditerranéenne était la bonne manière pour adresser un message politique à l’Europe ou pour se venger de la politique d’Abdelfattah al-Sissi qui a souhaité intervenir dans le chaos libyen pour y régler leur affaire aux islamistes ? Que dira ce meurtrier, demain à ses enfants, s’ils le voient occire de cette façon sordide un homme sans défense, miséreux, émigré, qui n’a que sa force de travail pour subsister ? Qui a donc émis la sentence de mort contre ces pauvres hères ? Quel est cet ouvrage théologique ou juridique qui autorise de tels crimes, qui permet d’égorger des prisonniers de guerre ? Et quelle guerre ? Les Coptes venus en Libye pour y travailler étaient-ils des combattants, des soldats ?
Autant de questions existentielles, perturbantes, douloureuses, qui s’imposent… Une fois que les hommes auront condamné ces actes odieux commis avant-hier sur la plage libyenne, la même question, lancinante, revient dans les esprits : D’où sortent ces tueurs, ces bêtes immondes ?
Pour quelle raison Daech n’est-elle pas née en Malaisie, en Inde ou en Indonésie, ces pays où il existe plus de musulmans que chez les Arabes ? Pourquoi ces nations n’ont-elles pas enfanté ces Daechiens à l’image des nôtres ? Pourquoi ces tortionnaires sont-ils originaires des terres arabes ? C’est LA question qui se pose et se posera encore et encore…
La plupart des Daechiens viennent aujourd’hui d’Irak, de Syrie, d’Arabie Saoudite, de Tunisie, du Maroc, du Yémen, d’Egypte, d’Algérie, du Koweït, de Mauritanie… et cela signifie que tous ces pays, Etats et sociétés, sont aujourd’hui sur le banc des accusés pour être le berceau de ces criminels et le terreau du terrorisme ; ces sociétés ne disposent d’aucune immunité à offrir à leurs populations contre le virus tueur.
Et donc, une fois encore, encore une fois, nous le redisons… Ce sont les autocraties, la corruption, la violation des droits de l’Homme, l’avancée du chômage et des disparités sociales, l’échec des politiques d’enseignement, la confusion entre la politique et la religion, la place qu’occupent les services et la répression dans l’administration des peuples, l’absence de diversité, de liberté, de droit à la différence… ce sont tous ces facteurs qui transforment nos sociétés et nos pays en pépinières d’extrémistes, de fondamentalistes et de terroristes…
Savez-vous que la première organisation mise sur pied par Oussama Ben Laden, à son retour d’Afghanistan au début des années 90, s’appelait l’Instance pour le Conseil, que son unique souhait était de prodiguer ses recommandations à son prince ? S’il existait un parlement en Arabie Saoudite, nul doute que ben Laden serait devenu un opposant, un simple opposant, et qu’il n’aurait jamais pensé à créer al-Qaïda, idée qui lui est venue après avoir été chassé de son pays, traqué par les services de son pays jusqu’au Soudan, puis en Afghanistan. Là, sur cette terre, Ben Laden avait entrepris de regrouper les anciens moudjahidine arabes, en compagnie du Dr Aymane ad-Dawahiri qui avait à son tour fui l’Egypte, imbu d’une pensée et d’une idéologie antioccidentales… On connaît la suite. Et donc, le remède contre Daech ne pourra se trouver que sur cette terre qui vu pousser cet arbre maudit.
Un récent sondage réalisé par le Centre arabe des recherches et études politiques et portant sur la popularité de l’organisation dite Etat islamique a montré qu’entre 12 et 14% des Arabes éprouvent de la sympathie pour ce groupe barbare et comprennent son action… Une proportion énorme et effrayante, si l’on considère la nature et la bestialité de l’organisation d’al-Baghdadi.
Par Taoufiq Bouachrine
Akhbar Alyoum
On retiendra cette terreur qui se lisait sur les visages des victimes, ces Egyptiens de confession copte venus en Libye pour y chercher une subsistance… Qu’un travailleur de condition si humble se retrouve sous la lame d’un boucher souhaitant adresser un message à l’Occident avec son sang, voilà une lâcheté, ô Daechien, toi qui vient pêcher en eaux troubles et t’acquitter ainsi d’une tâche sans péril en égorgeant une proie facile… une infamie que tu puisses égorger des êtres humains comme des agneaux, une abjection que tu penses aussi à filmer ton acte avec toute cette débauche de technologie, que tu immortalises ton crime pour terroriser tant de gens et que tu en fasses un clip qui fait le tour du monde…
D’où sortent-ils, ces animaux ? Où donc ont-ils été élevés ? Qu’ont-ils appris ? Qui leur a ainsi lavé le cerveau ? Qui leur a inculqué cette violence ? Qui les a convaincus que la décapitation de 21 modestes travailleurs sur une plage méditerranéenne était la bonne manière pour adresser un message politique à l’Europe ou pour se venger de la politique d’Abdelfattah al-Sissi qui a souhaité intervenir dans le chaos libyen pour y régler leur affaire aux islamistes ? Que dira ce meurtrier, demain à ses enfants, s’ils le voient occire de cette façon sordide un homme sans défense, miséreux, émigré, qui n’a que sa force de travail pour subsister ? Qui a donc émis la sentence de mort contre ces pauvres hères ? Quel est cet ouvrage théologique ou juridique qui autorise de tels crimes, qui permet d’égorger des prisonniers de guerre ? Et quelle guerre ? Les Coptes venus en Libye pour y travailler étaient-ils des combattants, des soldats ?
Autant de questions existentielles, perturbantes, douloureuses, qui s’imposent… Une fois que les hommes auront condamné ces actes odieux commis avant-hier sur la plage libyenne, la même question, lancinante, revient dans les esprits : D’où sortent ces tueurs, ces bêtes immondes ?
Pour quelle raison Daech n’est-elle pas née en Malaisie, en Inde ou en Indonésie, ces pays où il existe plus de musulmans que chez les Arabes ? Pourquoi ces nations n’ont-elles pas enfanté ces Daechiens à l’image des nôtres ? Pourquoi ces tortionnaires sont-ils originaires des terres arabes ? C’est LA question qui se pose et se posera encore et encore…
La plupart des Daechiens viennent aujourd’hui d’Irak, de Syrie, d’Arabie Saoudite, de Tunisie, du Maroc, du Yémen, d’Egypte, d’Algérie, du Koweït, de Mauritanie… et cela signifie que tous ces pays, Etats et sociétés, sont aujourd’hui sur le banc des accusés pour être le berceau de ces criminels et le terreau du terrorisme ; ces sociétés ne disposent d’aucune immunité à offrir à leurs populations contre le virus tueur.
Et donc, une fois encore, encore une fois, nous le redisons… Ce sont les autocraties, la corruption, la violation des droits de l’Homme, l’avancée du chômage et des disparités sociales, l’échec des politiques d’enseignement, la confusion entre la politique et la religion, la place qu’occupent les services et la répression dans l’administration des peuples, l’absence de diversité, de liberté, de droit à la différence… ce sont tous ces facteurs qui transforment nos sociétés et nos pays en pépinières d’extrémistes, de fondamentalistes et de terroristes…
Savez-vous que la première organisation mise sur pied par Oussama Ben Laden, à son retour d’Afghanistan au début des années 90, s’appelait l’Instance pour le Conseil, que son unique souhait était de prodiguer ses recommandations à son prince ? S’il existait un parlement en Arabie Saoudite, nul doute que ben Laden serait devenu un opposant, un simple opposant, et qu’il n’aurait jamais pensé à créer al-Qaïda, idée qui lui est venue après avoir été chassé de son pays, traqué par les services de son pays jusqu’au Soudan, puis en Afghanistan. Là, sur cette terre, Ben Laden avait entrepris de regrouper les anciens moudjahidine arabes, en compagnie du Dr Aymane ad-Dawahiri qui avait à son tour fui l’Egypte, imbu d’une pensée et d’une idéologie antioccidentales… On connaît la suite. Et donc, le remède contre Daech ne pourra se trouver que sur cette terre qui vu pousser cet arbre maudit.
Un récent sondage réalisé par le Centre arabe des recherches et études politiques et portant sur la popularité de l’organisation dite Etat islamique a montré qu’entre 12 et 14% des Arabes éprouvent de la sympathie pour ce groupe barbare et comprennent son action… Une proportion énorme et effrayante, si l’on considère la nature et la bestialité de l’organisation d’al-Baghdadi.
Par Taoufiq Bouachrine
Akhbar Alyoum
samedi 14 février 2015
Les télés connectées Samsung vous enregistrent-elles à votre insu ?
Contrôlées par la voix, les télés connectées de Samsung enregistrent, une fois allumées, l’ensemble de vos conversations avant de les envoyer à une tierce entreprise.
Quoi de plus simple que de parler à votre télévision pour changer de chaîne, monter le son ou enregistrer une émission ? Cependant le problème devient orwellien lorsque vous ne savez pas qui peut écouter les conversations que vous tenez dans le confort de votre salon. Selon les propres termes et conditions de la dernière TV connectée de Samsung, il se pourrait que vos conversations soient revendues à une troisième partie sans que vous ne le sachiez. «Soyez conscients que, si les mots que vous prononcez (à portée de la télévision) incluent des données sensibles ou personnelles, ces dernières seront, avec l’ensemble des autres données, enregistrées et transmises à un tiers par le biais du dispositif de reconnaissance vocale.»
Le principe est simple. La fonction de reconnaissance vocale de Samsung ne peut être utilisée que pour les commandes préétablies pour la télévision ainsi que pour des recherches. Et, lorsqu’il est allumé, une petite icône représentant un microphone s’affiche à l’écran pour signaler que le poste est à l’écoute. Mais si d’aventure vous oubliez que cette fonction est allumée et que vous tenez une conversation dans le champ d’action du micro, Samsung l’enregistrera avant de la sauvegarder sur un serveur et de partager les données avec une tierce entreprise.
Cette fameuse «tierce partie» pourrait être la compagnie Nuance, une entreprise de reconnaissance vocale fournissant sa technologie en la matière à Samsung. Contactée par le Guardian, l’entreprise coréenne explique «prendre très au sérieux la vie privée de ces consommateurs» et estime fournir «de nombreuses options pour que les clients puissent choisir de se retirer ou non de ce service». De plus, «ils peuvent facilement savoir si le système de reconnaissance vocale est en marche grâce à l’icône prévue à cet effet».
Pour Samsung, il s’agit donc d’un faux problème. Une partie de leur déclaration a pourtant de quoi dérouter. L’entreprise annonce ne vendre aucune information à une tierce partie avant de se contredire dans la phrase suivante : «Samsung does not retain voice data or sell it to third parties. If a consumer consents and uses the voice recognition feature, voice data is provided to a third party during a requested voice command search.» Soit : «Samsung ne garde ou ne vend aucune donnée vocale à une tierce partie. Si les consommateurs consentent et utilisent le système de reconnaissance vocale, les données seront fournies à une tierce partie lors du procédé impliquant une commande vocale.»
Parker Higgins, activiste d’Electronic Frontier Foundation (ONG auteur de la déclaration d’indépendance du cyberespace), relève dans un tweet l’inquiétante ressemblance entre les termes et conditions de Samsung et 1984 de George Orwell.
«Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la police de la pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir.» Le futur aurait donc seulement trente ans de retard sur le monde d’Orwell…
Hugo PASCUAL
Source : Libération Sciences
Quoi de plus simple que de parler à votre télévision pour changer de chaîne, monter le son ou enregistrer une émission ? Cependant le problème devient orwellien lorsque vous ne savez pas qui peut écouter les conversations que vous tenez dans le confort de votre salon. Selon les propres termes et conditions de la dernière TV connectée de Samsung, il se pourrait que vos conversations soient revendues à une troisième partie sans que vous ne le sachiez. «Soyez conscients que, si les mots que vous prononcez (à portée de la télévision) incluent des données sensibles ou personnelles, ces dernières seront, avec l’ensemble des autres données, enregistrées et transmises à un tiers par le biais du dispositif de reconnaissance vocale.»
Le principe est simple. La fonction de reconnaissance vocale de Samsung ne peut être utilisée que pour les commandes préétablies pour la télévision ainsi que pour des recherches. Et, lorsqu’il est allumé, une petite icône représentant un microphone s’affiche à l’écran pour signaler que le poste est à l’écoute. Mais si d’aventure vous oubliez que cette fonction est allumée et que vous tenez une conversation dans le champ d’action du micro, Samsung l’enregistrera avant de la sauvegarder sur un serveur et de partager les données avec une tierce entreprise.
Cette fameuse «tierce partie» pourrait être la compagnie Nuance, une entreprise de reconnaissance vocale fournissant sa technologie en la matière à Samsung. Contactée par le Guardian, l’entreprise coréenne explique «prendre très au sérieux la vie privée de ces consommateurs» et estime fournir «de nombreuses options pour que les clients puissent choisir de se retirer ou non de ce service». De plus, «ils peuvent facilement savoir si le système de reconnaissance vocale est en marche grâce à l’icône prévue à cet effet».
Pour Samsung, il s’agit donc d’un faux problème. Une partie de leur déclaration a pourtant de quoi dérouter. L’entreprise annonce ne vendre aucune information à une tierce partie avant de se contredire dans la phrase suivante : «Samsung does not retain voice data or sell it to third parties. If a consumer consents and uses the voice recognition feature, voice data is provided to a third party during a requested voice command search.» Soit : «Samsung ne garde ou ne vend aucune donnée vocale à une tierce partie. Si les consommateurs consentent et utilisent le système de reconnaissance vocale, les données seront fournies à une tierce partie lors du procédé impliquant une commande vocale.»
Parker Higgins, activiste d’Electronic Frontier Foundation (ONG auteur de la déclaration d’indépendance du cyberespace), relève dans un tweet l’inquiétante ressemblance entre les termes et conditions de Samsung et 1984 de George Orwell.
«Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la police de la pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir.» Le futur aurait donc seulement trente ans de retard sur le monde d’Orwell…
Hugo PASCUAL
Source : Libération Sciences
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