mercredi 28 janvier 2015
mardi 20 janvier 2015
Les Musulmans de France pris entre deux feux
Les Musulmans de France sont pris entre deux feux, deux extrêmes. D’un côté, nous avons l’extrême droite ; un parti qui oscille entre 25 et 30 % des électeurs. Elle est principalement incarnée par le Front National, dirigé par Marine le Pen, et des groupuscules ultras, notamment ceux que l’on dénomme les Identitaires (ce qui ne veut rien dire en soi si ce n’est celui d’évoquer une identité blanche). Ce parti recueille des mécontents, des laissés pour compte, des anciens de l’Algérie française, des frustrés, des aigris, des racistes, des xénophobes, des antisémites, bref tous ceux qui ont, déjà à la base, des problèmes avec eux-mêmes (Zemmour, Finkielkraut, Tesson…) et qui déversent cette haine de soi sur les autres, via les médias. On se souvient de tous ces débats limites sur le voile islamique, l’identité nationale, la compatibilité de l’islam ou non avec les lois de la République, les bienfaits du colonialisme, l’esclavagisme, etc.
De l’autre, il y a les extrémistes, les radicaux, les fondamentalistes et fanatiques religieux. Ici, nous avons une récupération, au nom d’un islam radical et dévoyé, des personnes déracinées, se sentant abandonnées, jetées aux oubliettes par une société française sélective, qui pratique le tri catégorique, laisse derrière elle celles et ceux qu’elle décrète non intégrés parce que ne voulant pas, selon elle, s’intégrer. La récupération de ces mal-aimés par des religieux radicaux devient alors un jeu d’enfant. La République ayant laissé des vides considérables au sein du territoire national, les prêcheurs de haine et vendeurs de paradis les occupent alors sans difficulté. Si vous ajoutez à cela l’argent facile venant notamment des monarchies du pétrole, la boucle est bouclée. L’Irak et la Syrie sont au bout de la rue.
Les Musulmans pacifiques, intégrés à la société française, jouant pleinement leur rôle politique, social et économique, deviennent les victimes directes de ces deux extrêmes, ne sachant plus trop ou se situer et par rapport à quoi. Les massacres commis au siège de Charlie Hebdo ont été d’une violence et d’une brutalité incroyables, choquant et marquant les esprits. Immédiatement, et dès le lendemain, des regards accusateurs, des mots blessants, des dérapages ont indiqué le degré de l’islamophobie en France. Des femmes voilées ont été agressées, un homme a été poignardé de 17 coups de couteau, des lieux de culte ont été attaqués et profanés. Et sans un extraordinaire sang-froid de François Hollande appelant au calme, à l’apaisement, à une lucidité, une unité nationale afin de ne pas tomber dans le piège des tueurs, nous aurions pu sombrer dans des conflits graves. Toutefois, certaines et certains extrémistes de la politique française n’ont pu s’empêcher de cracher leur venin. Ils se reconnaîtront facilement.
Nous devons tous travailler à endiguer ces montées de l’extrémisme religieux et politique, chacun à notre niveau. Mais je crois que nous avons, nous qui sommes de confession musulmane, une responsabilité particulière dans la société. Celle d’éduquer nos enfants sur les vraies valeurs de l’islam — je ne doute pas que la majorité le fait — et les informer des folies vers lesquelles des fous fanatiques aimeraient les conduire. Il nous faut leur apporter des réponses claires à leurs questions en insistant sur le fait qu’il ne faut pas tout mélanger : Proche-Orient, Jihad, monde arabe, racisme, exclusion, etc. Que l’Etat prenne aussi ses responsabilités en matière d’enseignement de l’Histoire, de religion, de laïcité, et du Monde dans toute sa diversité. Un enfant exclu est un échec pour toute la société, car c’est elle qui devra plus tard en subir les conséquences.
Touhami Moualek
De l’autre, il y a les extrémistes, les radicaux, les fondamentalistes et fanatiques religieux. Ici, nous avons une récupération, au nom d’un islam radical et dévoyé, des personnes déracinées, se sentant abandonnées, jetées aux oubliettes par une société française sélective, qui pratique le tri catégorique, laisse derrière elle celles et ceux qu’elle décrète non intégrés parce que ne voulant pas, selon elle, s’intégrer. La récupération de ces mal-aimés par des religieux radicaux devient alors un jeu d’enfant. La République ayant laissé des vides considérables au sein du territoire national, les prêcheurs de haine et vendeurs de paradis les occupent alors sans difficulté. Si vous ajoutez à cela l’argent facile venant notamment des monarchies du pétrole, la boucle est bouclée. L’Irak et la Syrie sont au bout de la rue.
Les Musulmans pacifiques, intégrés à la société française, jouant pleinement leur rôle politique, social et économique, deviennent les victimes directes de ces deux extrêmes, ne sachant plus trop ou se situer et par rapport à quoi. Les massacres commis au siège de Charlie Hebdo ont été d’une violence et d’une brutalité incroyables, choquant et marquant les esprits. Immédiatement, et dès le lendemain, des regards accusateurs, des mots blessants, des dérapages ont indiqué le degré de l’islamophobie en France. Des femmes voilées ont été agressées, un homme a été poignardé de 17 coups de couteau, des lieux de culte ont été attaqués et profanés. Et sans un extraordinaire sang-froid de François Hollande appelant au calme, à l’apaisement, à une lucidité, une unité nationale afin de ne pas tomber dans le piège des tueurs, nous aurions pu sombrer dans des conflits graves. Toutefois, certaines et certains extrémistes de la politique française n’ont pu s’empêcher de cracher leur venin. Ils se reconnaîtront facilement.
Nous devons tous travailler à endiguer ces montées de l’extrémisme religieux et politique, chacun à notre niveau. Mais je crois que nous avons, nous qui sommes de confession musulmane, une responsabilité particulière dans la société. Celle d’éduquer nos enfants sur les vraies valeurs de l’islam — je ne doute pas que la majorité le fait — et les informer des folies vers lesquelles des fous fanatiques aimeraient les conduire. Il nous faut leur apporter des réponses claires à leurs questions en insistant sur le fait qu’il ne faut pas tout mélanger : Proche-Orient, Jihad, monde arabe, racisme, exclusion, etc. Que l’Etat prenne aussi ses responsabilités en matière d’enseignement de l’Histoire, de religion, de laïcité, et du Monde dans toute sa diversité. Un enfant exclu est un échec pour toute la société, car c’est elle qui devra plus tard en subir les conséquences.
Touhami Moualek
La Banque Mondiale prévoit une légère hausse de la croissance dans la région MENA
Le rapport de la Banque Mondiale ( BM ) portant sur les perspectives économiques internationales, prévoit une légère hausse de la croissance économique dans la région Moyen Orient Afrique du nord ( MENA ), passant de 1,2% en 2014 à 3,5% en 2017.
Ces prévisions tablent sur une croissance mondiale de 3% pour 2015 contre 2,6% en 2014. En 2016, cette croissance atteindra 3,3% pour s’établir à 3,2% en 2017.
La croissance des pays en développement enregistrera, également, une hausse, passant de 4,4% en 2014 à 4,8% en 2015, 5,3% et 4,5% respectivement pour 2016 et 2017.
La croissance de la zone euro sera, selon le rapport, faible et devra enregistrer 1,1% en 2015, contre 0,8% en 2014, pour atteindre 1,6% en 2016 et 2017.
Il a, en outre, fait ressortir qu’après des années de perturbations, l’économie de la région MENA tend vers la stabilité, et ce, malgré une croissance fragile.
Pour la croissance des pays importateurs de pétrole, tel que la Tunisie, elle a été généralement stable pendant l’année 2014, tandis que l’activité économique dans les pays exportateurs de pétrole a été marquée par une certaine relance après 2013.
La même source a démontré que la baisse des prix de pétrole sur le marché international offrira l’opportunité, aux pays importateurs de pétrole, d’annuler les subventions consacrées à l’énergie.
D’autre part, il a été constaté que la région MENA confrontera des risques majeurs, vu l’instabilité politique et la fluctuation des prix de pétrole, ainsi que les défis de la sécurité.
Même les prévisions de croissance tablent encore sur des dangers, en raison de plusieurs facteurs, à savoir la faiblesse des échanges commerciaux mondiaux et les éventuels changements que devront connaître les marchés financiers, avec la hausse des taux d’intérêt des économies développées dans le monde. Il s’agit également des équilibres des pays producteurs de pétrole causés par la baisse des prix, et la conjoncture amère dans la zone euro et au Japon.
Par Imen Zine
- See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/15/mena-bm-hausse-croissance/#sthash.BWFF3FOX.dpuf
Ces prévisions tablent sur une croissance mondiale de 3% pour 2015 contre 2,6% en 2014. En 2016, cette croissance atteindra 3,3% pour s’établir à 3,2% en 2017.
La croissance des pays en développement enregistrera, également, une hausse, passant de 4,4% en 2014 à 4,8% en 2015, 5,3% et 4,5% respectivement pour 2016 et 2017.
La croissance de la zone euro sera, selon le rapport, faible et devra enregistrer 1,1% en 2015, contre 0,8% en 2014, pour atteindre 1,6% en 2016 et 2017.
Il a, en outre, fait ressortir qu’après des années de perturbations, l’économie de la région MENA tend vers la stabilité, et ce, malgré une croissance fragile.
Pour la croissance des pays importateurs de pétrole, tel que la Tunisie, elle a été généralement stable pendant l’année 2014, tandis que l’activité économique dans les pays exportateurs de pétrole a été marquée par une certaine relance après 2013.
La même source a démontré que la baisse des prix de pétrole sur le marché international offrira l’opportunité, aux pays importateurs de pétrole, d’annuler les subventions consacrées à l’énergie.
D’autre part, il a été constaté que la région MENA confrontera des risques majeurs, vu l’instabilité politique et la fluctuation des prix de pétrole, ainsi que les défis de la sécurité.
Même les prévisions de croissance tablent encore sur des dangers, en raison de plusieurs facteurs, à savoir la faiblesse des échanges commerciaux mondiaux et les éventuels changements que devront connaître les marchés financiers, avec la hausse des taux d’intérêt des économies développées dans le monde. Il s’agit également des équilibres des pays producteurs de pétrole causés par la baisse des prix, et la conjoncture amère dans la zone euro et au Japon.
Par Imen Zine
- See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/15/mena-bm-hausse-croissance/#sthash.BWFF3FOX.dpuf
Après la Jordanie, Nebras Power va investir dans cinq parcs éoliens au Maroc
Après la Jordanie, Nebras Power, société qatarie active dans les secteurs de l’énergie et des eaux, va investir dans cinq parcs éoliens au Maroc.
Pour ce faire, la société a mis en place un plan technique et prépare un plan financier, et ce, en partenariat avec la compagnie énergétique française EDF.
A noter que la société a signé, en 2014, un contrat d’investissement de 100 millions de dollars, en collaboration avec une société nippone, pour la construction en Jordanie d’une centrale électrique solaire de 52,5 Mégawatts.
- See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/19/maroc-nebras-power-va-investir-dans-cinq-parcs-eoliens/#sthash.XKpkhoqd.dpuf
Pour ce faire, la société a mis en place un plan technique et prépare un plan financier, et ce, en partenariat avec la compagnie énergétique française EDF.
A noter que la société a signé, en 2014, un contrat d’investissement de 100 millions de dollars, en collaboration avec une société nippone, pour la construction en Jordanie d’une centrale électrique solaire de 52,5 Mégawatts.
- See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/19/maroc-nebras-power-va-investir-dans-cinq-parcs-eoliens/#sthash.XKpkhoqd.dpuf
Les Tunisiens ont désormais le droit de détennir des cartes bancaires internationales
La Commission nationale, regroupant le ministère de l’Economie et des Finances, le ministère des Technologies de l’information et de la communication et la Banque centrale de Tunisie (BCT), ainsi que les associations professionnelles du secteur bancaire, vient de donner son accord pour délivrer des cartes bancaires internationales.
Ces cartes seront en service après la définition des bénéficiaires et la fixation du plafond des montants autorisés et des sites commerciaux électroniques internationaux.
Par Imen Zine
See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/17/tunisie-autorisation-de-detenir-des-cartes-bancaires-internationales/#sthash.uNjc73Nw.dpuf
Ces cartes seront en service après la définition des bénéficiaires et la fixation du plafond des montants autorisés et des sites commerciaux électroniques internationaux.
Par Imen Zine
See more at: http://www.leconomistemaghrebin.com/2015/01/17/tunisie-autorisation-de-detenir-des-cartes-bancaires-internationales/#sthash.uNjc73Nw.dpuf
Martin Luther King: Le rêve continue, le travail aussi ...
Ce fut un discours que le monde ne peut oublier. Le 28 août 1963, environ 250 000 personnes se rassemblèrent devant le monument à la mémoire du président Lincoln, à Washington, où elles écoutèrent Martin Luther King prononcer un discours qui allait résister à l’épreuve du temps.
Dans ce texte aujourd’hui connu sous le titre « Je fais un rêve », King prêta une voix passionnée aux revendications du mouvement des droits civiques aux États-Unis — égalité des droits pour tous les citoyens, quelle que soit la couleur de leur peau.
Certains historiens soutiennent que ce discours, prononcé lors de l’une des plus grandes manifestations pour les droits civiques de l’histoire des États-Unis, est l’un des rares moments qui ont changé une nation – et ouvert la voie à une transformation des lois et de la vie aux États-Unis.
Feu Dorothy Height, présidente honoraire du National Council of Negro Women (NCNW) se souvient, en 2005 : « C'était une journée très paisible. Un océan de visages blancs et noirs inondait le Mall. » Assise sur le podium derrière Martin Luther King, Dorothy Height comptait parmi les organisateurs de la marche. Elle ajoute : « Je pense que ce moment fut décisif non seulement pour l'histoire des droits civiques aux États-Unis, mais aussi pour l'histoire de notre pays. Il entraîna une détermination renouvelée à avancer sur la voie de l’égalité, de la liberté et de l’amélioration des possibilités d’emploi pour les personnes de couleur. »
Aux yeux de la présidente du NCNW, « la véritable importance de la marche et du discours fut de faire changer les mentalités. Après la marche, une indignation justifiée face à la discrimination raciale se généralisa. Ce fut le début d'une époque remplie de promesses et d'accomplissements. On le sentait. »
Moins d’un an après la marche, le président Lyndon Johnson signait la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) de 1964, qui mettait fin à la ségrégation dans les lieux publics, tels que les hôtels et restaurants, ainsi qu’à toute discrimination en matière d'emploi. L'année suivante, la loi sur le droit de vote (Voting Rights Act) était adoptée qui conférait aux Afro-Américains le pouvoir d’exercer librement leur droit de s’exprimer dans les urnes.
En 1968, la loi sur l'égalité de l'accès au logement (Fair Housing Act) visait à éradiquer toute discrimination lors de l'achat ou de la location d’une maison ou d’un appartement. Elle fut assortie à de nouvelles politiques, telle la discrimination positive qui cherchait à corriger les séquelles de la discrimination.
D’aucuns jugèrent précipités ces changements juridiques radicaux, et les collectivités durent se mettre tant bien que mal au diapason. Selon un sondage effectué par Newsweek en 1963, 74 % des Blancs pensaient que l'intégration raciale progressait « trop vite », opinion qui paraît choquante de nos jours, car les mentalités sont très différentes. En 2000, un sondage du New York Times révélait que 93 % des Blancs affirmaient être prêts à voter pour un candidat noir qualifié aux élections présidentielles. Plus de 60 % d'entre eux acceptaient les mariages interraciaux. Et 80 % des sondés estimaient que la couleur de peau de leurs voisins leur importait peu.
Le rêve qu’exposa Martin Luther King le jour de la marche à Washington fait désormais partie de la culture politique dominante aux États-Unis. L’anniversaire de la naissance du pasteur noir est aujourd’hui une fête nationale pendant laquelle les Américains rendent hommage à ses idéaux et à sa mémoire. Un monument dans la capitale de la nation, près de ceux érigés en l’honneur d’Abraham Lincoln, de Thomas Jefferson et de Franklin Delano Roosevelt, commémore son héritage.
Le rêve d’égalité raciale de Martin Luther King et son combat pour la justice a transcendé les frontières américaines. Taxant le racisme de mal mondial, Martin Luther King alla par monts et par vaux dans le monde pour proclamer sa vision d'une « communauté bien-aimée ». Il se vit décerner le prix Nobel de la paix en 1964.
Dans son livre de 1967, Where Do We Go From Here : Chaos or Community ? (Et maintenant, le chaos ou la communauté ?), Martin Luther King réitéra sa profession de foi : « Parmi les impératifs moraux de notre temps, nous devons lutter dans le monde entier avec une détermination inébranlable pour balayer les derniers vestiges du racisme… Ce n'est pas un phénomène propre aux États-Unis. Son étreinte vicieuse ne connaît pas de frontières. »
Même le jour de son discours « Je fais un rêve », alors qu'il s'adressait tout particulièrement aux Américains, Martin Luther King était conscient de l'incidence de la marche et de son message dans le reste du monde. Il déclara : « Pendant que les télévisions diffusaient l'image de ce rassemblement extraordinaire au-delà des frontières et des océans, quiconque croyait en la faculté des hommes à s’améliorer connut un moment d'inspiration et de confiance en l'avenir de l'humanité. »
Dorothy Height souligna la portée universelle des événements du 28 août 1963. « Où que j’aille depuis 40 ans, je suis frappée de voir tout ce que les gens savent sur le mouvement des droits civiques et sur Martin Luther King, parfois dans les moindres détails. Le monde avait les yeux rivés sur nous ce jour-là. La marche toucha le monde entier et l'Amérique. »
Read more: http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/pamphlet/2013/07/20130730279685.html#ixzz3POBvVy00
Dans ce texte aujourd’hui connu sous le titre « Je fais un rêve », King prêta une voix passionnée aux revendications du mouvement des droits civiques aux États-Unis — égalité des droits pour tous les citoyens, quelle que soit la couleur de leur peau.
Certains historiens soutiennent que ce discours, prononcé lors de l’une des plus grandes manifestations pour les droits civiques de l’histoire des États-Unis, est l’un des rares moments qui ont changé une nation – et ouvert la voie à une transformation des lois et de la vie aux États-Unis.
Feu Dorothy Height, présidente honoraire du National Council of Negro Women (NCNW) se souvient, en 2005 : « C'était une journée très paisible. Un océan de visages blancs et noirs inondait le Mall. » Assise sur le podium derrière Martin Luther King, Dorothy Height comptait parmi les organisateurs de la marche. Elle ajoute : « Je pense que ce moment fut décisif non seulement pour l'histoire des droits civiques aux États-Unis, mais aussi pour l'histoire de notre pays. Il entraîna une détermination renouvelée à avancer sur la voie de l’égalité, de la liberté et de l’amélioration des possibilités d’emploi pour les personnes de couleur. »
Aux yeux de la présidente du NCNW, « la véritable importance de la marche et du discours fut de faire changer les mentalités. Après la marche, une indignation justifiée face à la discrimination raciale se généralisa. Ce fut le début d'une époque remplie de promesses et d'accomplissements. On le sentait. »
Moins d’un an après la marche, le président Lyndon Johnson signait la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) de 1964, qui mettait fin à la ségrégation dans les lieux publics, tels que les hôtels et restaurants, ainsi qu’à toute discrimination en matière d'emploi. L'année suivante, la loi sur le droit de vote (Voting Rights Act) était adoptée qui conférait aux Afro-Américains le pouvoir d’exercer librement leur droit de s’exprimer dans les urnes.
En 1968, la loi sur l'égalité de l'accès au logement (Fair Housing Act) visait à éradiquer toute discrimination lors de l'achat ou de la location d’une maison ou d’un appartement. Elle fut assortie à de nouvelles politiques, telle la discrimination positive qui cherchait à corriger les séquelles de la discrimination.
D’aucuns jugèrent précipités ces changements juridiques radicaux, et les collectivités durent se mettre tant bien que mal au diapason. Selon un sondage effectué par Newsweek en 1963, 74 % des Blancs pensaient que l'intégration raciale progressait « trop vite », opinion qui paraît choquante de nos jours, car les mentalités sont très différentes. En 2000, un sondage du New York Times révélait que 93 % des Blancs affirmaient être prêts à voter pour un candidat noir qualifié aux élections présidentielles. Plus de 60 % d'entre eux acceptaient les mariages interraciaux. Et 80 % des sondés estimaient que la couleur de peau de leurs voisins leur importait peu.
Le rêve qu’exposa Martin Luther King le jour de la marche à Washington fait désormais partie de la culture politique dominante aux États-Unis. L’anniversaire de la naissance du pasteur noir est aujourd’hui une fête nationale pendant laquelle les Américains rendent hommage à ses idéaux et à sa mémoire. Un monument dans la capitale de la nation, près de ceux érigés en l’honneur d’Abraham Lincoln, de Thomas Jefferson et de Franklin Delano Roosevelt, commémore son héritage.
Le rêve d’égalité raciale de Martin Luther King et son combat pour la justice a transcendé les frontières américaines. Taxant le racisme de mal mondial, Martin Luther King alla par monts et par vaux dans le monde pour proclamer sa vision d'une « communauté bien-aimée ». Il se vit décerner le prix Nobel de la paix en 1964.
Dans son livre de 1967, Where Do We Go From Here : Chaos or Community ? (Et maintenant, le chaos ou la communauté ?), Martin Luther King réitéra sa profession de foi : « Parmi les impératifs moraux de notre temps, nous devons lutter dans le monde entier avec une détermination inébranlable pour balayer les derniers vestiges du racisme… Ce n'est pas un phénomène propre aux États-Unis. Son étreinte vicieuse ne connaît pas de frontières. »
Même le jour de son discours « Je fais un rêve », alors qu'il s'adressait tout particulièrement aux Américains, Martin Luther King était conscient de l'incidence de la marche et de son message dans le reste du monde. Il déclara : « Pendant que les télévisions diffusaient l'image de ce rassemblement extraordinaire au-delà des frontières et des océans, quiconque croyait en la faculté des hommes à s’améliorer connut un moment d'inspiration et de confiance en l'avenir de l'humanité. »
Dorothy Height souligna la portée universelle des événements du 28 août 1963. « Où que j’aille depuis 40 ans, je suis frappée de voir tout ce que les gens savent sur le mouvement des droits civiques et sur Martin Luther King, parfois dans les moindres détails. Le monde avait les yeux rivés sur nous ce jour-là. La marche toucha le monde entier et l'Amérique. »
Read more: http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/pamphlet/2013/07/20130730279685.html#ixzz3POBvVy00
Inscription à :
Commentaires (Atom)