lundi 11 avril 2011

Dans un nouveau rapport, le CIHRS met au jour les racines des troubles dans le monde arabe

Tandis que les changements continuent de balayer le Moyen-Orient, que les citoyens veulent la démocratie et des garanties pour leurs droits fondamentaux de la personne, on doit se demander : comment en est-on arrivé là ? L’Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) recherche la réponse à cette question dans « Roots of Unrest » (Les racines des soulèvements), son troisième rapport annuel sur le monde arabe.
« Roots of Unrest » constate quelques similarités frappantes entre les pays qui sont actuellement le théâtre de révolutions populaires. Entre autres similarités : la détérioration à grande échelle des droits de la personne, même dans des pays censément « stables », et l’absence de volonté politique d’améliorer la situation des droits de la personne; des lois souvent utilisées pour discipliner et harceler les opposants, notamment les lois d’urgence et sur le contre-terrorisme; l’impunité généralisée, souvent perpétuée par les autorités; enfin, la censure des médias, surtout sur les questions liées à la famille royale ou à l’islam.
Pays par pays, « Roots of Unrest » décrit en détail « l’accumulation journalière des souffrances et des doléances des populations, qui les ont conduites au point de rupture dans leur face à face avec leurs régimes, autant ceux qui sont déjà tombés que ceux qui attendent leur tour ».
Source: Communiqué de l'IEX

jeudi 7 avril 2011

La coopération internationale est essentielle à la reprise économique mondiale

Washington - La grande leçon à tirer de la récente crise financière mondiale, c'est que « la coopération internationale est indispensable à la stabilité », affirme Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
« Les grands enjeux actuels exigent tous une solution concertée », a-t-il déclaré le 4 avril dans un discours à l'université George Washington, à Washington. « La mondialisation doit être perçue comme une entreprise commune. »
De fait, a-t-il ajouté, l'économie mondiale est trop interdépendante pour permettre aux simples intérêts nationaux de prévaloir en période de crise économique. Dès lors, il est dans l'intérêt des pays de miser sur celui « de la planète ».
Les règles de base de politique monétaire et budgétaire qui faisaient naguère l'objet d'un consensus n'ont plus cours. « Tout cet échafaudage s'est effondré sur le passage de la crise », a constaté le directeur général du FMI.
Ce consensus « relève désormais du passé » et il incombe maintenant aux pays « de reconstruire les fondements de la stabilité et de faire en sorte qu'ils résistent à l'épreuve du temps et que la prochaine phase de la mondialisation apporte ses bienfaits à toute l'humanité ».
M. Strauss-Kahn a prôné la création d'une taxe sur les activités financières, l'amélioration de la réglementation financière et un contrôle plus efficace de ce secteur.
L'activité économique mondiale continue à se redresser, a-t-il poursuivi, mais « la reprise est déséquilibrée, au plan international comme au plan national », de sorte que la situation économique mondiale reste fragile et inégale.
La persistance d'un taux élevé de chômage et la présence d'importantes inégalités risquent de « saper la cohésion sociale et la stabilité politique », ce qui peut avoir des répercussions sur la stabilité macroéconomique, a indiqué le haut responsable. Ce dernier a exhorté les pays à se concentrer sur l'inclusion sociale et à corriger les inégalités tandis qu'ils s'emploient à reconstruire leur économie nationale.
« Il nous faut un nouveau type de mondialisation, une mondialisation plus juste, une mondialisation à visage plus humain. Les fruits de la croissance doivent être largement partagés, et non accaparés par quelques privilégiés », a insisté M. Strauss-Kahn.
Dans le monde qu'il envisage, les organisations multilatérales revêtiront une importance croissante dans cette nouvelle phase de la mondialisation. Sous son égide, le FMI a d'ailleurs pris des mesures en conséquence.
Le FMI a non seulement a joué un rôle essentiel durant la crise, a dit M. Strauss-Kahn, mais il s'efforce désormais « de mieux saisir les relations d'interdépendance complexes qui caractérisent l'économie mondiale ».
Il faut en effet que cette institution soit davantage en mesure de prévenir les crises au lieu de se borner à les gérer, a-t-il ajouté.
À cette fin, le FMI a opéré beaucoup de changements. Il a notamment mis en place un nouvel exercice d'alerte avancée afin de mieux prévoir les difficultés financières ; il publie de nouveaux rapports qui examinent « en quoi les politiques nationales de cinq grandes économies systémiques agissent sur le reste du monde » ; et il offre un meilleur suivi des flux de capitaux mondiaux.
De surcroît, M. Strauss-Kahn a indiqué que le FMI œuvrait avec le G-20 de façon à « faire de la coopération un moteur de croissance » et à « renforcer le dispositif mondial de protection financière pour épargner aux pays des revers de fortune soudains ».
Le directeur général estime que le FMI doit renouer avec sa mission originelle, « celle de promouvoir la coopération et de combattre les causes économiques de la guerre ».
Lorsque le FMI et la Banque mondiale tiendront leurs réunions de printemps du 15 au 17 avril à Washington, les défis économiques mondiaux et les solutions à y apporter seront à l'ordre du jour.
Par MacKenzie C. Babb
Rédactrice
(Les articles du site «IIP Digital» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)

D'une origine modeste au pouvoir absolu : Mouammar Kadhafi

Washington - Le gouvernement libyen était corrompu, son chef insensible au peuple. Les insurgés de Benghazi étaient des inconnus, jeunes et idéalistes.
Nous ne sommes pas en 2011, mais en 1969, et le meneur du coup d'État, c'était Mouammar Kadhafi.
Les historiens qui se sont penchés sur le cas de l'homme fort de la Libye depuis cette date le décrivent comme une personnalité impressionnante mais aussi contradictoire, remarquable par la façon dont il a réussi à parvenir au pouvoir et à s'y maintenir pendant plus de 41 ans.
« Il sera un cas d'étude pour de nombreux futurs dictateurs. Ils regarderont son historique et se demanderont 'Comment a-t-il réussi à le faire' ?, a dit M. Mansour El-Kikhia, un professeur d'origine libyenne au campus San Antonio de l'université du Texas et auteur du livre Libya's Qaddafi : The Politics of Contradiction (La Libye de Kadhafi : la politique de la contradiction).
Fils sérieux et dévot de nomades du désert de Syrte, Kadhafi était, de l'avis de tous, un jeune homme intelligent et idéaliste, inspiré par le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser qui avait contribué au renversement de la monarchie en 1952 en Égypte. Kadhafi avait dix ans à l'époque. Quatre ans plus tard, Nasser devenait président, prêchant le nationalisme arabe et l'opposition aux empires étrangers.
« Khadafi représentait plus que tout une perspective de la mentalité arabe des années 1950, qui était initialement celle de Nasser », a expliqué M. El-Kikhia. « Le colonel Kadhafi avait retenu les discours du dirigeant égyptien (...) et les discours en question duraient des heures. Alors quand vous commencez à apprendre par cœur les discours de Nasser, ça montre non seulement un engagement à l'égard d'une idéologie et d'une personne mais aussi d'une façon de vivre et de penser. Malheureusement, Nasser est mort avant de pouvoir apprivoiser Kadhafi, si vous me permettez l'expression. Et un enfant qui n'est pas apprivoisé est, dans un sens, un enfant qui n'est pas éduqué. »
Kadhafi n'était qu'un sous-lieutenant inconnu quand les Officiers de la libre union, le groupe auquel il appartenait, renversèrent la monarchie libyenne en septembre 1969 mais il œuvrait en faveur de cet objectif depuis des années, en tant qu'adolescent et étudiant activiste puis, de manière moins visible, en tant qu'étudiant universitaire, ensuite à l'académie militaire et comme officier d'armée. Son nouveau gouvernement devait s'acquitter des promesses faites aux Libyens : ses dirigeants menaient des vies simples au lieu de tirer profit de la corruption ; ils négociaient de meilleurs prix pour le pétrole national ; ils utilisaient les revenus pour améliorer la vie de la population ; et ils mettaient fin à la présence de bases militaires britanniques et américaines à l'expiration de leurs baux.
« Au début, il faisait les choses qui se devaient (...) en sa qualité de héros national », a dit M. Mohamed El-Khawas, auteur de Qadaffi : His Ideology in Theory and Practice (Kadhafi : son idéologie en théorie et en pratique).

Tout comme Nasser avait établi la voie que suivrait Kadhafi, celui-ci a tenté de fournir à d'autres un plan pour leur gouvernement et leur développement économique qui serait une alternative à la démocratie occidentale et au communisme soviétique, à savoir, une approche à la démocratie directe et au socialisme qui était inspirée de l'islam et qu'il a décrite dans son Livre vert, la baptisant Troisième théorie universelle. Selon le colonel Kadhafi, le peuple libyen doit s'autogouverner par le biais de congrès populaires locaux et municipaux dans ses villes et ses lieux de travail, et au niveau national, par celui du Congrès populaire général. Mais MM. El-Kikhia et El-Khawas ont tous deux souligné que Kadhafi, bien que sincère dans son idéologie, devait rapidement commencer à donner la priorité au pouvoir.
« L'idéologie, que vous le vouliez ou non, vous lie les mains, a indiqué M. El-Kikhia. Et c'est pourquoi il s'en était débarrassée. Même dans son propre Livre vert, il ne la suit plus - il ne l'avait jamais suivie, surtout après 1979, quand il avait rejeté les comités populaires. Oublions l'idéologie : elle avait disparue. »
M. El-Khawas a dit qu'il avait fini par douter de la sincérité de Kadhafi quant à son désir de se conformer à ses propres théories. « Je pense qu'il jouait un jeu », a expliqué le professeur d'origine égyptienne qui enseigne à l'université du District de Columbia. « Quand il a créé son système, il y avait un vide au niveau de la direction du pays ; alors il s'en est emparé et il n'y avait personne pour lui demander des comptes et lui dire 'oui, faites ceci ; non, vous ne pouvez pas faire cela'. Alors, il était devenu plus qu'un gouvernement autocratique : il était devenu autoritaire. »

Kadhafi a aussi misé sur la richesse pétrolière de la Libye pour soutenir des mouvements de libération à travers le monde dans l'espoir qu'ils adopteraient ses principes de gouvernement et solliciteraient ses qualités de chef - « moyennant un programme d'aide à l'étranger non négligeable », a dit M. El-Khawas. Personne n'a mordu à l'hameçon, mais au nombre de ceux qu'il a appuyés figurent le dictateur libyen Charles Taylor, aujourd'hui accusé de crimes contre l'humanité, et Foday Sankoh, du Front révolutionnaire uni dont les atrocités commises en Sierra Leone sont notoires.
Dans la Libye de Kadhafi, la vraie structure du pouvoir procède non pas d'élections, mais de comités révolutionnaires nommés. « C'est la politique de la potence. Ils pendent les gens. Ils font ce qu'ils veulent. Ils s'installent chez les gens comme chez eux, s'insurge M. El-Kikhia. Ils fixent les règles et les règlements en fonction des pensées qu'ils imputent à Kadhafi. Ils ne rendent de compte à personne d'autre que lui. Ils sont libres. Ceci dit, Kadhafi leur a dit : 'Si je coule, vous coulez avec moi parce que c'est vous qui faites le sale boulot.' »
Kadhafi se faisait passer pour un homme du peuple. Dans ses déplacements officiels à l'étranger, il emmenait deux chèvres pour avoir du lait à boire et une tente sous laquelle dormir. Mais il n'a pas été à la hauteur de ses aspirations sur la scène internationale : les tentatives visant à unir la Libye à d'autres pays arabes se sont soldées par un échec, à l'image de sa vision d'une Afrique unie dans laquelle il serait « le roi des rois ».
Une féroce répression en Libye, l'assassinat de Libyens en exil qui le dénonçaient et divers attentats, dont l'explosion du vol 103 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Écosse), ont fait de Kadhafi un paria en Occident. La Grande-Bretagne a rompu ses relations avec lui en 1984 à la suite d'une fusillade depuis l'ambassade de Libye à Londres qui avait tué une policière britannique et blessé dix manifestants.
La Libye a redoré quelque peu son blason dans la communauté internationale en prenant un certain nombre de mesures. Elle a notamment remis les deux suspects de l'attentat de Lockerbie entre les mains de la justice écossaise, dédommagé la famille des victimes, renoncé aux armes de destruction massive et coopéré dans la lutte contre le terrorisme. Selon MM. El-Kikhia et El-Khawas, c'est Saïf, le fils de Kadhafi et son successeur présumé, qui aurait pris l'initiative de ces mesures.
Pour M. El-Khawas, la réaction de Kadhafi au soulèvement populaire en Libye montre qu'il délire. « Je crois, dit-il, qu'il a perdu la tête... Il agit de manière irrationnelle, en fait, parce qu'il est incroyable de tuer des civils en disant que si vous ne m'aimez pas, vous méritez de mourir. »
De son côté, M. El-Kikhia est convaincu que Kadhafi est corrompu jusqu'à la moelle après quarante années au pouvoir. « Ce type n'a aucun scrupule à encercler la ville de Benghazi et à la faire sauter - littéralement sauter. Il n'a pas de dieu qui puisse lui dire non. Pas de conscience qui puisse lui dire non. Pas une seule personne qui puisse lui dire non. »
Par Jeff Baron
Rédacteur
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jeudi 31 mars 2011

La communauté internationale doit accentuer la pression sur Kadhafi

Washington - En sus des opérations militaires qu'elle mène en Libye en vue de sauver des vies, la communauté internationale doit fournir une aide humanitaire, accentuer la pression sur le régime Kadhafi, l'isoler et épauler les Libyens pour qu'ils parviennent à opérer un changement politique, déclare la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton.
« Réunis à Londres, nous voici maintenant à un tournant », a-t-elle déclaré le 29 mars lors d'une conférence internationale sur la Libye organisée par le premier ministre britannique, M. David Cameron.
« Nous avons empêché un massacre de se produire, établi une zone d'exclusion aérienne, stoppé une armée qui avançait, rajouté des partenaires à cette coalition et transféré à l'OTAN le commandement des opérations militaires », s'est félicitée la secrétaire d'État.
Aux diplomates de plus d'une quarantaine de pays et aux représentants de l'opposition libyenne réunis à Londres, elle a réitéré que la force militaire à elle seule ne viendrait pas à bout de Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans sans pratiquement la moindre restriction. Elle a donc demandé à la communauté internationale d'accentuer la pression sur le régime Kadhafi et d'approfondir son isolement.
« Cela signifie notamment qu'il faut un front uni pour dire à Kadhafi qu'il doit s'en aller, pour transmettre un message ferme en matière de responsabilisation, et pour souligner le choix auquel son entourage doit faire face », a-t-elle ajouté.
Les diplomates sont convenus de former un groupe de contact sur la Libye qui se réunira régulièrement pour coordonner les moyens de réagir à la crise internationale. La première réunion aura lieu au Qatar, a annoncé le ministre britannique des affaires étrangères, M. William Hague, à l'issue de la conférence.

Tout en notant que la communauté internationale ne doit pas tenter d'imposer sa volonté au peuple libyen, Mme Clinton a affirmé que le monde devait le soutenir tandis qu'il détermine son destin politique.
À l'occasion de la conférence de Londres qui a duré une journée, la haute responsable s'est entretenue au passage avec Mahmoud Jibril, un représentant du Conseil national de transition, en lutte contre le régime Kadhafi, afin de discuter des prochaines étapes du développement de l'opposition. La veille de la conférence, le président Obama s'était adressé au peuple américain lors d'une allocution télévisée pour expliquer les raisons de la participation des États-Unis à la coalition internationale, qui se compose de pays européens et arabes. Cette dernière, a-t-il dit, a lancé des missiles et mené des frappes aériennes contre l'armée de terre et l'armée de l'air de la Libye parce qu'elles attaquaient des civils libyens hostiles au régime Kadhafi.
S'exprimant depuis la National Defense University, sise à Washington, le président a déclaré qu'il n'était pas dans l'intérêt des États-Unis de laisser le peuple libyen se faire massacrer par Kadhafi parce que les conséquences d'un tel massacre, s'il avait eu lieu, auraient retenti à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord et « sali la conscience du monde ».

La coalition internationale, qui regroupe un grand nombre de membres de l'OTAN ainsi que le Qatar et les Émirats arabes unis, n'a effectué des frappes militaires qu'après avoir été autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU à établir une zone d'exclusion aérienne et à imposer un embargo sur les armes. Par la résolution 1973, adoptée le 17 mars par 10 voix pour, 0 voix contre et 5 abstentions, le Conseil de sécurité a en effet autorisé toutes les mesures nécessaires pour empêcher le dirigeant libyen d'utiliser ses forces militaires contre son propre peuple. Cette résolution exige notamment un cessez-le-feu immédiat ainsi que la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.
Elle avait été précédée d'un vote de la Ligue arabe, le 12 mars, qui prônait l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye pour protéger des vies humaines.
Par Merle David Kellerhals Jr.
Rédacteur
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

Les Hispaniques forment le plus gros groupe minoritaire des États-Unis

Washington - Les Hispaniques aux États-Unis forment le plus large groupe minoritaire du pays, selon les chiffres du recensement qui viennent d'être rendus publics. L'enjeu de cette collecte monumentale de données démographiques est de taille car les résultats peuvent notamment modifier le nombre de députés que chaque État peut avoir à la Chambre des représentants. Cette enquête a lieu tous les dix ans, comme l'exige la Constitution des États-Unis.

Le Bureau du recensement a recueilli ces données les plus récentes en 2010. Tous les foyers du pays ont reçu au courrier un questionnaire à remplir et à renvoyer par la poste. Des agents recenseurs se sont présentés au domicile des habitants qui n'ont pas remis leur questionnaire dans les délais impartis. De ce dernier recensement, il ressort que les États-Unis comptent 308,7 millions d'habitants et que 16 % d'entre eux sont hispaniques.
Au cours des dix dernières années, la population hispanique a progressé de 43 % et atteint 50,5 millions d'habitants en 2010, soit plus de 15 millions de plus qu'en 2000. Cet accroissement au sein de ce groupe ethnique représente à lui seul plus de la moitié de l'augmentation totale du nombre d'habitants aux États-Unis. La population blanche non hispanique continue de former le plus large groupe démographique du pays : elle représente 64 % de la population, soit 196,8 millions d'habitants. Avec 38,9 millions d'habitants, soit 13 % de la population totale, les Afro-Américains occupent la troisième place, devant les Asiatiques. Ces derniers se chiffrent désormais à 14,7 millions, ce qui correspond à 5 % du total.
Mme Susana Martinez est la première Américaine d'origines hispaniques à devenir gouverneure. Elle fut élue gouverneure du Nouveau-Mexique en 2010.« Nous arrivons à un nouveau pic en ce qui concerne le nombre de résidents nés en dehors des États-Unis », fait observer le directeur du Bureau du recensement, M. Robert Groves, dans un blogue. « La part des habitants nés à l'étranger n'a jamais été aussi importante depuis les années 1920. »

Qu'est-ce que le recensement ?
Le recensement est une clé de voûte de la démocratie dans la mesure où il dégage des données à partir desquelles les 435 sièges de la Chambre des représentants sont répartis entre tous les États du pays. Sur la base des derniers chiffres officiels, huit États vont ainsi avoir droit à un plus grand nombre de députés qu'auparavant parce que leur population a augmenté. En revanche, dix autres dont la population a diminué vont perdre des sièges à la Chambre lors des prochaines élections.
Depuis l'annonce initiale des résultats de l'enquête en décembre 2010, le Bureau du recensement communique des groupes de données aux États. L'assemblée législative de chaque État les examine afin de déterminer le découpage des circonscriptions électorales des députés en tenant compte de la taille de la population dans chacune d'entre elles. Cette démarche peut susciter des débats particulièrement âpres parce que les partis politiques et les groupes d'intérêt cherchent tous à créer des circonscriptions qui leur seront favorables.
Par Charlene Porter
Rédactrice
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

samedi 26 mars 2011

Bahreïn: Les forces de sécurité recourent à des raids de terreur de nuit pour étouffer la dissidence

Le chef du Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), Nabeel Rajab, a été détenu brièvement et tabassé par les forces de sécurité le 20 mars, quelques jours après que les forces de sécurité de Bahreïn eurent tué au moins quatre manifestants et arrêté des personnalités de l’opposition. L’arrestation semble s’inscrire dans le cadre d’une offensive plus vaste du gouvernement dans laquelle interviennent des descentes de terreur effectuées à l’aube aux domiciles de ceux et celles qui sont perçus comme des partisans des manifestants pro-démocratie, selon ce qu’indiquent le BCHR, qui est membre de l’IFEX, Human Rights Watch et d’autres groupes membres de l’IFEX. Rajab dit être le seul défenseur des droits de la personne à Bahreïn à ne pas être détenu ou à ne pas vivre dans la clandestinité.
Ces arrestations suivent un modèle : des dizaines d’officiers armés des forces de sécurité surgissent au milieu de la nuit, enfoncent la porte et terrorisent les familles, y compris les jeunes enfants. « À 1 h 30 du matin, un groupe d’environ 25 hommes masqués en civil est entré dans la maison pendant que nous dormions et ils se sont mis à courir d’une chambre à l’autre, tandis que 20 autres, revêtus de l’uniforme des forces de sécurité, attendaient à l’extérieur », dit Rajab. Ils sont repartis en emportant plusieurs boîtes de données.
Rajab dit avoir eu les yeux bandés, on s’être fait passer les menottes et avoir été déposé sur la banquette arrière d’une voiture. « Ils m’ont battu, ils ont menacé de me violer et m’ont donné des coups de pied lorsque j’ai refusé de dire que j’aimais le premier ministre », a-t-il dit à Reuters. La voiture dans laquelle il se trouvait a roulé pendant plus d’une heure avant de se rendre chez un enquêteur qui l’a interrogé pendant cinq minutes.
Un raid similaire s’est déroulé à la résidence d’un autre employé du BCHR, Sayid Yousif al-Muhafdah, la même nuit, mais il n’était pas chez lui, rapporte Human Rights Watch. Au moment de partir, les agents de sécurité ont prévenu sa famille de « dire à Sayid Yousif de se présenter au poste de police sinon ils allaient revenir chaque nuit ». Comme d’autres défenseurs des droits de la personne, il reste dans la clandestinité.

Rien que le mois dernier, Bahreïn a fait quelques concessions majeures aux manifestants, comme la libération de centaines de prisonniers politiques et la possibilité de lancer aux citoyens des appels à protester librement. Mais comme le mouvement démocratique ne montrait aucun signe de se calmer, Bahreïn a fait volte face et décrété l’état d’urgence le 15 mars, et a même enrôlé des contingents militaires d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour aider à contenir l’effervescence politique dans le royaume.
Le BCHR a émis des déclarations la semaine dernière accusant les forces armées de Bahreïn et de leurs alliés saoudiens et émiratis de commettre des « massacres ». Rajab donne des entrevues aux médias d’informations internationaux au sujet de la violence utilisée par le gouvernement pour disperser les manifestants et des tueries aveugles commises par les forces armées.
D’après Human Rights Watch, on a confirmé la mort de quatre manifestants et de trois policiers pendant les troubles des 15 et 16 mars, et l’arrestation depuis une semaine de plus de 10 autres personnes. Parmi les personnes arrêtées on compte des dirigeants de l’opposition qui avaient demandé le renversement de la monarchie et des médecins qui s’étaient plaints du recours à une force excessive contre les manifestants. Certains membres du plus important parti chiite d’opposition de Bahreïn, le Wefaq, ont déclaré le 20 mars qu’ils croyaient que plus de 100 personnes ont été arrêtées.
« Le gouvernement les prive de leur liberté d’une manière totalement arbitraire, apparemment à cause de leur rôle dirigeant dans des manifestations non violentes pour exiger la démocratie », dit Human Rights Watch. « À l’heure actuelle, les avocats et les familles des personnes arrêtées ne savent même pas qui les détient ni où elles sont détenues. »
Abdeljalil Alsingace, blogueur et chef du bureau des droits de la personne du Mouvement Haq pour la Liberté et la démocratie (Haq Movement for Liberty and Democracy), un groupe pro-démocratie et de défense des libertés civiles, a été ramassé le 16 mars, selon ce que rapporte le Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee, WiPC), qui presse les gens d’envoyer des lettres pour exiger sa remise en liberté.
Un membre de la famille Alsingace a confié au Secrétariat de l’IFEX qu’Alsingace avait à toutes fins utiles été enlevé : on l’a tiré du lit en pleine nuit sans être vêtu convenablement, sans ses verres ni un moyen de déplacement, parce qu’il a besoin de béquilles ou d’un fauteuil roulant. Ses filles se sont réveillées pour constater que plusieurs armes à feu étaient pointées dans leur direction; elles ont craint que leur père ne fût abattu sous leurs yeux.
Alsingace a été arrêté en août dernier dans une rafle de dissidents suspects. Il a été accusé, en même temps que 22 autres personnes, de financer et de diriger « un réseau terroriste ». Une des allégations consistait en contacts présumés avec des groupes étrangers, dont des membres de l’IFEX. Cette fois-ci, il a fallu deux mois à la famille pour découvrir où il était détenu. Le mois dernier, au beau milieu de leur procès, le Roi Hamad bin Isa al-Khalifah les a libérés.

D’après Human Rights Watch, l’Agence officielle de nouvelles de Bahreïn a déclaré que les Forces de Défense de Bahreïn ont arrêté cette fois « plusieurs dirigeants du réseau séditieux qui avaient réclamé la chute du régime et qui entretenaient des contacts avec des services de renseignement de pays étrangers ». Certains reportages télévisés non confirmés indiquent qu’ils auraient été emmenés en Arabie saoudite.
Depuis le 17 mars, un grand nombre de militants de l’opposition politique, de journalistes et de défenseurs locaux des droits ont été arrêtés chez eux ou sont entrés dans la clandestinité pour éviter d’être arrêtés ou harcelés, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Plusieurs d’entre eux cherchent à quitter le pays à la suite de menaces proférées contre eux sur Facebook, Twitter et d’autres sites de médias sociaux. Certains sont portés disparus, et on ne sait s’ils se cachent ou s’ils sont détenus. C’est le cas notamment de la journaliste Lamees Dhaif, qui « a exprimé récemment son opposition aux politiques du gouvernement », dit le BCHR.
Lorsqu’il a appris la nouvelle des arrestations, le blogueur réputé Ali Abdulemam, connu sous le sobriquet de « parrain blogueur » pour avoir créé à Bahreïn le premier forum en ligne, libre et non censuré, consacré au débat politique et social, a quitté son domicile quelques minutes avant que la police n’y procède à une descente et s’est caché, selon ce que rapportent des sources de Index on Censorship et Reporters sans frontières (RSF). La BBC dit que sa femme, qui s’est montrée très incisive pendant ses mois passés en détention, refuse aujourd’hui de donner des entrevues par crainte de représailles.
« Bahreïn revient rapidement à l’État policier des années 1990 », dit Human Rights Watch. « Les autorités devraient cesser d’arrêter les militants des droits et les médecins qui dénoncent les violations, et devraient libérer tous ceux qui sont détenus indûment.»
Source: Communiqué de l'IFEX

Audiodiffusion : le chercheur Jay Gulledge sur les questions relatives à l'eau

Narrateur :
L'eau est une ressource cruciale et indispensable à une société en bonne santé. D'ici la fin de la décennie, près de la moitié de la population mondiale se trouvera dans une situation contraignante au niveau des ressources en eau, c'est-à-dire qu'il n'y en aura pas assez pour répondre à ses besoins. Les problèmes relatifs à l'eau existent partout sur la planète. Dans l'ouest et le sud-ouest des États-Unis, par exemple, les pénuries d'eau ne feront que s'aggraver au cours de la prochaine décennie. Mais la situation est plus critique dans la majorité du monde en développement, notamment en Afrique, au Proche-Orient, en Asie du Sud et dans le nord de la Chine. Selon la plupart des analystes, l'eau influencera l'avenir beaucoup plus qu'on ne le croit.
Aux États-Unis, la question mondiale de l'eau occupe un rang primordial dans les préoccupations des experts de politique étrangère et des parlementaires. La Loi Paul Simon sur l'eau pour les pauvres fait de l'accès à de l'eau salubre et à l'assainissement dans les pays en développement un objectif précis des programmes d'aide à l'étranger des États-Unis.
L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le département d'État, le ministère de la défense, la Société du compte du millénaire et l'Agence pour la protection de l'environnement sont tous profondément impliqués dans la mise en œuvre de ladite stratégie. Parmi les initiatives entreprises pour parvenir à cet objectif : les investissements dans l'infrastructure, la protection de la santé publique et la coopération scientifique et technologique.
Les questions relatives à l'eau ne sont pas seulement une priorité de la politique étrangère américaine. Aux États-Unis, l'usage et la conservation des ressources aquatiques est un élément principal de l'ordre du jour des décideurs aux niveaux local et national. Pour en savoir davantage sur les défis auxquels se heurtent les États-Unis dans ce domaine, nous nous sommes entretenus avec M. Jay Gulledge, chercheur principal pour la science et les effets des changements climatiques dans le monde au centre Pew.

Jay Gulledge :
Les États-Unis connaissent réellement un niveau historique de sécheresse, et je crois que la plupart des gens n'en sont pas encore conscients, bien que le pays se trouve dans cette situation depuis quelques décennies. Dans les années 1930, nous avions la situation baptisée Dust Bowl en raison des grandes superficies en proie à la sécheresse, et dont beaucoup ont entendu parler. Aujourd'hui, nous avons le même niveau de grave sécheresse comparable à celle de l'époque. Alors il y a beaucoup de problèmes relatifs à l'eau mais la sécheresse, à mon avis, est la plus importante, et elle l'est du fait des changements climatiques qui l'étendent de plus en plus sur la moitié occidentale du pays.

Narrateur :
Les défis que doivent relever les responsables des États-Unis sont différents selon la région et son histoire. M. Gulledge nous explique :

Jay Gulledge :
L'agriculture utilise environ 85 % des ressources en eau disponibles en général en Californie. D'un point de vue scientifique, nous savons maintenant que lorsque les lois ont été adoptées, il s'agissait d'une période particulièrement pluvieuse dans le sud-ouest des États-Unis. Les scientifiques ont depuis étudié l'histoire climatologique de la région en revenant quelques milliers d'années en arrière, et ont déterminé qu'elle avait été très, très sèche pour la plupart du temps. Comme elle l'est de nos jours, et même pire. Alors, il se fait que nous avons peuplé l'ouest des États-Unis à une époque particulièrement riche en ressources aquatiques. Et nos lois, donc, se sont fondées sur une disponibilité d'eau qui ne correspond plus à la réalité et y correspondra de moins en moins dans l'avenir. Le fait est que nous essayons de soutenir une population trop nombreuse avec trop peu d'eau. Par rapport aux autres régions du pays, prenons l'exemple de la Vallée de l'Ohio. Il y pleut beaucoup, on y trouve un grand fleuve et la possibilité de pénuries d'eau dans l'avenir n'est peut-être pas une question qui vient à l'esprit des habitants. Mais je pense qu'en raison des changements climatiques, même des régions de ce genre vont connaître en fait des variations dans la disponibilité des ressources en eau. Dans certains cas, on aura plus d'eau qu'on n'en a besoin à cause de tempêtes de pluies plus sévères. Quant à l'ouest, la sécheresse est en train de le brûler. Cela va se produire plus tard aussi à l'est bien que pour le moment il se dirige vers une période plus pluvieuse. C'est pourquoi la population de tout le pays devra s'attendre à passer d'un extrême à l'autre.

Narrateur :
Une gestion saine des ressources en eau peut promouvoir la croissance économique, assurer un approvisionnement durable en produits alimentaires et préserver les écosystèmes qui font vivre la plupart des habitants du monde. L'eau peut aussi être le secteur qui servira à promouvoir une entente et une coopération meilleures aux niveaux local, national et régional.
De nombreuses possibilités pour des progrès continus existent encore. La gestion stable et équitable des ressources aquatiques exigent des responsables en la matière, des décideurs politiques, des scientifiques, des consommateurs et d'autres acteurs de convenir des priorités relatives à l'eau. Toutes les parties prenantes ont un rôle constructif à jouer pour réaliser la durabilité.
Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/