Washington - Des activistes arabo-américains affirment être prêts - si on leur en fait la demande - à contribuer à renforcer la démocratie dans leur pays d'origineLes militants ont déclaré être captivés par les manifestations politiques qui déferlent dans le monde arabe. Forts de leur longue expérience en matière de présentation de candidats et de sensibilisation des électeurs à leurs droits et responsabilités, ils se déclarent prêts à partager leur expérience avec les nouveaux mouvements démocratiques.
« Nous sommes convaincus, en tant qu'Américains d'origine arabe - certains aux États-Unis depuis plusieurs générations et d'autres des immigrés récents - que nous avons des liens merveilleux avec notre pays d'origine, et c'est pour cette raison que je crois que nous pouvons jouer un rôle très important d'intermédiaires, lorsque ce sera nécessaire », a déclaré Maya Berry, directrice administrative de l'Arab American Institute. L'organisme se consacre à l'essor politique et civique des Américains d'origine arabe.
Établi il y a plus de 25 ans, l'institut se concentre sur les campagnes électorales et les élections, ainsi que sur des recherches sur des thèmes d'importance pour la communauté arabo-américaine. Liés aux pays arabes par leur héritage culturel, les membres de l'institut informent les décideurs américains sur la région et se réunissent avec des Arabes soucieux d'améliorer la société civile en visite aux États-Unis.
« Nous leur avons donné des exemples sur comment nous organisons nos programmes, en commençant par des efforts aussi fondamentaux que l'inscription électorale, l'importance de voter et la sensibilisation des électeurs... ce que nous faisons au cours d'une année non électorale, comparé à ce que faisons pendant une année d'élection présidentielle. Nous avons eu ces entretiens avec des collègues dans la région », a déclaré Mme Berry.
« Yalla Vote », une initiative visant à organiser des campagnes d'inscription électorale et des réunions communautaires concernant les candidats et les questions à l'ordre du jour pendant le cycle électoral, a souvent capté l'intérêt des délégations en visite.
« Lorsque nos amis du monde arabe viennent ici et voient ça, leur réaction est très positive, et ils disent que c'est parfait et tout à fait logique », a déclaré Mme Berry. « Je crois qu'il est utile de voir le niveau auquel les organisations civiques sont directement impliquées dans les élections. »
Basim Elkarra, président du groupe arabo-américain du parti démocrate de Californie, s'efforce d'encourager une plus grande participation des Américains d'origine arabe dans le jeu des partis au niveau communautaire et de l'État. Cette initiative demande du temps et un effort de la part des volontaires du parti démocrate.
« Nous nous déplaçons à travers l'État et nous identifions des différents candidats pour participer aux élections en tant que délégués du parti en leur enseignant le processus », a déclaré M. Elkarra. « Cette initiative, à son tour, incite la communauté en question et nous constatons une augmentation de la participation civique à mesure que davantage de dirigeants de communautés différentes à travers l'État prennent part au processus.
L'éducation de l'électorat consiste à sensibiliser la communauté sur les plateformes des candidats et sur la législation. En Californie par exemple, les électeurs doivent comprendre le système des « propositions », c'est-à-dire des projets de loi soumis à l'approbation du public par scrutin direct, s'ils aspirent à influencer le gouvernement.
« Dans la politique locale ou au niveau de l'État, c'est toujours comme ça - il y a des propositions qui touchent la vie de tout et chacun, mais ils ne savent tout simplement pas comment voter », a dit M. Elkarra. « Certaines personnes n'ont pas le temps. D'autres sont tout simplement mal informées et elles veulent pouvoir s'adresser à une source de confiance au sujet de la candidature et de la proposition qu'elles doivent endosser. »
Sherine El-Abd, présidente de la Fédération des femmes républicaines de l'État de New Jersey et membre du conseil d'administration de l'Arab American Institute, a déclaré que c'est la participation des citoyens qui donne naissance à des démocraties dynamiques. Elle compare des citoyens actifs à des parents qui s'intéressent à l'avenir de leurs enfants. « Être une bonne mère, être un bon père veut dire que vous participez à la vie de votre enfant », a déclaré Mme El-Abd. [Pour moi] la façon dont je conçois un gouvernement, et en particulier une démocratie, c'est que si vous n'y participez pas vous êtes en partie responsable des insuffisances du système. »
Mme El-Abd, qui a servi pendant cinq ans en tant que commissaire du New Jersey pour les droits civils, a conseillé aux personnes qui s'intéressent à la politique de commencer au niveau de la communauté et de grimper l'échelle petit à petit.
« Ils devraient tenter d'être membre d'un comité au niveau du comté » après leur adhésion à un parti politique. « Vous allez aux réunions municipales, vous allez aux réunions du conseil et vous allez aux réunions des parents d'élèves », a-t-elle déclaré. Vous commencez au niveau le plus local et ensuite vous progressez au sein du système parce que vous arrivez à bien comprendre comment cela fonctionne. Vous renforcez vos compétences ou votre plateforme ou les deux et ensuite vous allez de l'avant. »
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)
lundi 21 mars 2011
Yémen: Les témoins étrangers sont retirés de la circulation; les reporters et les activistes locaux sont attaqués et enlevés
Les autorités yéménites ont arrêté et déporté au moins six journalistes étrangers après la couverture d’attaques menées par le gouvernement qui ont fait sept morts chez les manifestants de Sana'a pendant le week-end. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et l’Institut international de la presse (IIP) craignent que ces déportations plantent le décor en vue d’une répression accrue des journalistes locaux et d’une violence encore plus grande contre les manifestants. Et tandis que des milliers de personnes continuent à défiler dans les rues pour exiger le départ immédiat du Président Ali Abdullah Saleh, des tireurs embusqués visent les manifestants sans armes pendant que les forces de sécurité arrêtent les blessés dans les hôpitaux, selon ce que rapporte Human Rights Watch.
Le 14 mars, les forces de sécurité ont fait irruption dans un appartement de Sana’a que partagent quatre journalistes internationaux qui vivent depuis des années au Yémen et qui couvraient la violence dirigée contre les manifestants. Les deux Britanniques sont Oliver Holmes, qui travaille pour le « Wall Street Journal » et le « Time », et Portia Walker, qui travaille pour le « Washington Post ». Les Américains sont Haley Sweetland Edwards, qui écrit dans le « Los Angeles Times », et Joshua Maricich, photographe.
Leur expulsion constitue un signe très clair que la répression des manifestants ira s’intensifiant dans la mesure où il n’y aura pas de témoins, dit Edwards.
Le reporter américain Patrick Symmes et le photographe italien Marco Di Lauro, en mission pour le magazine de voyage et d’aventure « Outside », basé aux États-Unis, ont aussi été déportés, même s’ils ont affirmé n’avoir pas couvert les manifestations. Ils sont arrivés à Sana’a après avoir passé plusieurs jours à couvrir l’île yéménite de Socotra.
Par ailleurs, des partisans du gouvernement continuent d’intimider les journalistes locaux, rapportent RSF, le CPJ, l’IIP et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ainsi que d’autres groupes membres de l’IFEX. Le 12 mars, une vingtaine environ de partisans du gouvernement sont arrivés au siège du Syndicat des journalistes du Yémen (JYS), groupe de Sana’a affilié à la FIJ, et ont menacé de l’incendier.
Les journalistes yéménites sont harcelés, tabassés, détenus ou enlevés lorsqu’ils couvrent les affrontements, indique RSF. En février, des journalistes locaux qui travaillaient pour Al-Jazira ont été empêchés par les autorités de couvrir un sit-in et se sont fait dire de quitter le pays; et un cameraman local, qui travaillait pour la station de télévision Sahil, de l’opposition, a été tabassé. Abdel Salam Jaber, rédacteur en chef du journal « Al-Qadiya », a été enlevé par les forces de sécurité le 12 mars et détenu pendant deux jours.
La violence s’est accrue d’un cran lorsque des gangs armés se sont livrés à des attaques contre les manifestants antigouvernementaux tandis que les officiels alimentent un climat d’impunité. Le 6 mars, les partisans du gouvernement ont attaqué les manifestants à coups de pierres, de bâtons et de bouteilles de verre dans la ville de Ibb, dans le centre-sud du pays, selon ce qu’ont indiqué à Human Rights Watch des témoins et les journalistes locaux. Des dizaines de personnes ont été blessées. Le 3 mars, à al-Baida’, dans le centre du Yémen, des groupes importants d’hommes armés ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants qui exigeaient la démission du Président Saleh, blessant au moins cinq personnes. Certains leaders communautaires affirment que des officiels locaux ont recruté les attaquants.
Ces dernières semaines, les forces de sécurité ont abattu au moins 10 manifestants antigouvernementaux lors de manifestations essentiellement non violentes qui se sont déroulées dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, et à Sana’a - et en ont blessé plus de 200 autres, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Le 4 mars, l’armée yéménite a tiré sur des milliers de manifestants pacifiques près de la ville de Harf Sufyan. Lors d’une attaque organisée avant l’aube le 12 mars près de l’Université de Sana’a, les forces de sécurité ont tué quatre personnes et en ont blessé des centaines d’autres lorsqu’elles ont tiré sur les manifestants des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc, pour ensuite ouvrir le feu à balles réelles. La veille, le Président Saleh avait promis que les forces de sécurité ne recourraient pas à la violence contre les manifestants.
Dans un nouveau rapport, « Days of Bloodshed in Aden » (Journées sanglantes à Aden), Human Rights Watch décrit comment des unités paramilitaires, l’armée, une agence de renseignement notoire pour ses violations des droits de la personne et la police régulière ont été déployées en février pour contrôler les manifestants. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et de l’eau chaude pour disperser les foules, tirant des balles de caoutchouc et des balles réelles, pourchassant les manifestants et tirant sur eux tandis qu’ils fuyaient. Des tireurs embusqués tiraient sur les gens à partir du toit des maisons situées à proximité des lieux des manifestations.
L’armée a empêché des médecins et des ambulances de se rendre auprès des blessés et a tiré sur les gens qui tentaient de venir en aide aux victimes, dit le rapport. (Les journalistes ont été empêchés d’entrer dans les hôpitaux, disent les reportages.)
Human Rights Watch rapporte en outre la disparition forcée à Aden d’au moins huit dirigeants de l’opposition et activistes du sud. Certains dissidents ont été arrêtés chez eux, tandis que d’autres ont été ramassés à l’hôpital par des éléments masqués des forces de sécurité. Selon les militants locaux, des dizaines de manifestants sont détenus à l’heure actuelle.
Source: Communiqué de l'IFEX
Le 14 mars, les forces de sécurité ont fait irruption dans un appartement de Sana’a que partagent quatre journalistes internationaux qui vivent depuis des années au Yémen et qui couvraient la violence dirigée contre les manifestants. Les deux Britanniques sont Oliver Holmes, qui travaille pour le « Wall Street Journal » et le « Time », et Portia Walker, qui travaille pour le « Washington Post ». Les Américains sont Haley Sweetland Edwards, qui écrit dans le « Los Angeles Times », et Joshua Maricich, photographe.
Leur expulsion constitue un signe très clair que la répression des manifestants ira s’intensifiant dans la mesure où il n’y aura pas de témoins, dit Edwards.
Le reporter américain Patrick Symmes et le photographe italien Marco Di Lauro, en mission pour le magazine de voyage et d’aventure « Outside », basé aux États-Unis, ont aussi été déportés, même s’ils ont affirmé n’avoir pas couvert les manifestations. Ils sont arrivés à Sana’a après avoir passé plusieurs jours à couvrir l’île yéménite de Socotra.
Par ailleurs, des partisans du gouvernement continuent d’intimider les journalistes locaux, rapportent RSF, le CPJ, l’IIP et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ainsi que d’autres groupes membres de l’IFEX. Le 12 mars, une vingtaine environ de partisans du gouvernement sont arrivés au siège du Syndicat des journalistes du Yémen (JYS), groupe de Sana’a affilié à la FIJ, et ont menacé de l’incendier.
Les journalistes yéménites sont harcelés, tabassés, détenus ou enlevés lorsqu’ils couvrent les affrontements, indique RSF. En février, des journalistes locaux qui travaillaient pour Al-Jazira ont été empêchés par les autorités de couvrir un sit-in et se sont fait dire de quitter le pays; et un cameraman local, qui travaillait pour la station de télévision Sahil, de l’opposition, a été tabassé. Abdel Salam Jaber, rédacteur en chef du journal « Al-Qadiya », a été enlevé par les forces de sécurité le 12 mars et détenu pendant deux jours.
La violence s’est accrue d’un cran lorsque des gangs armés se sont livrés à des attaques contre les manifestants antigouvernementaux tandis que les officiels alimentent un climat d’impunité. Le 6 mars, les partisans du gouvernement ont attaqué les manifestants à coups de pierres, de bâtons et de bouteilles de verre dans la ville de Ibb, dans le centre-sud du pays, selon ce qu’ont indiqué à Human Rights Watch des témoins et les journalistes locaux. Des dizaines de personnes ont été blessées. Le 3 mars, à al-Baida’, dans le centre du Yémen, des groupes importants d’hommes armés ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants qui exigeaient la démission du Président Saleh, blessant au moins cinq personnes. Certains leaders communautaires affirment que des officiels locaux ont recruté les attaquants.
Ces dernières semaines, les forces de sécurité ont abattu au moins 10 manifestants antigouvernementaux lors de manifestations essentiellement non violentes qui se sont déroulées dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, et à Sana’a - et en ont blessé plus de 200 autres, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Le 4 mars, l’armée yéménite a tiré sur des milliers de manifestants pacifiques près de la ville de Harf Sufyan. Lors d’une attaque organisée avant l’aube le 12 mars près de l’Université de Sana’a, les forces de sécurité ont tué quatre personnes et en ont blessé des centaines d’autres lorsqu’elles ont tiré sur les manifestants des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc, pour ensuite ouvrir le feu à balles réelles. La veille, le Président Saleh avait promis que les forces de sécurité ne recourraient pas à la violence contre les manifestants.
Dans un nouveau rapport, « Days of Bloodshed in Aden » (Journées sanglantes à Aden), Human Rights Watch décrit comment des unités paramilitaires, l’armée, une agence de renseignement notoire pour ses violations des droits de la personne et la police régulière ont été déployées en février pour contrôler les manifestants. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et de l’eau chaude pour disperser les foules, tirant des balles de caoutchouc et des balles réelles, pourchassant les manifestants et tirant sur eux tandis qu’ils fuyaient. Des tireurs embusqués tiraient sur les gens à partir du toit des maisons situées à proximité des lieux des manifestations.
L’armée a empêché des médecins et des ambulances de se rendre auprès des blessés et a tiré sur les gens qui tentaient de venir en aide aux victimes, dit le rapport. (Les journalistes ont été empêchés d’entrer dans les hôpitaux, disent les reportages.)
Human Rights Watch rapporte en outre la disparition forcée à Aden d’au moins huit dirigeants de l’opposition et activistes du sud. Certains dissidents ont été arrêtés chez eux, tandis que d’autres ont été ramassés à l’hôpital par des éléments masqués des forces de sécurité. Selon les militants locaux, des dizaines de manifestants sont détenus à l’heure actuelle.
Source: Communiqué de l'IFEX
Un journaliste d’Al-Jazira est tué; plusieurs journalistes sont détenus, tabassés et portés disparus
Après avoir invité les journalistes étrangers en Libye, les forces favorables à Muammar Kadhafi font tous les efforts pour imposer un black-out de l’information en confinant les journalistes à leurs hôtels et en agressant et en détenant ceux qui tentent de couvrir la nouvelle sur les manifestations d’hostilité au régime et sur la violence contre les civils. Et tandis que les forces loyales à Kadhafi combattent les insurgés, les attaques meurtrières contre les journalistes se multiplient, indiquent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et d’autres groupes membres de l’IFEX. Un journaliste d’Al-Jazira a été tué le 12 mars dans une embuscade tendue aux limites de Benghazi, tandis que trois journalistes de la BBC ont été détenus pendant 21 heures et torturés.
La popularité d’Al-Jazira dans la région et sa couverture inlassable et héroïque des événements en Libye en ont fait une cible du régime. Un cameraman de la chaîne de télévision par satellite basée au Qatar, Ali Hassan al-Jaber, venait de couvrir une manifestation de l’opposition et s’apprêtait à rentrer à Benghazi lorsque lui et son équipe ont été attaqués par des hommes armés. Al Jaber a succombé à l’hôpital. Un autre journaliste a été blessé. Des milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Benghazi, scandant des slogans en faveur d’Al-Jazira et portant des drapeaux du Qatar, indique le CPJ. Les émissions d’Al-Jazira et d’Al-Hurra sont brouillées.
De plus, au moins trois journalistes ont disparu depuis leur contribution à Al-Jazira en février dans la couverture de la situation en Libye. Le CPJ rapporte que quatre journalistes du « New York Times » sont portés disparus depuis jeudi, et au moins six autres journalistes sont portés disparus depuis cette semaine.
Le correspondant du « Guardian » de Londres, Ghaith Abdul-Ahad, a été détenu la semaine dernière par le ministère libyen des Affaires étrangères après avoir rapporté de durs combats près de la ville côtière de Zawiya. Il a été relâché.
Le journaliste Andrei Netto, qui collabore au journal brésilien « O Estado de S. Paolo », a été incarcéré pendant huit jours dans la ville de Sabrata; il a été passé à tabac et gardé les yeux bandés. Relâché le 10 mars, on lui a dit de quitter la Libye dès le lendemain.
Par ailleurs, trois journalistes de la BBC ont été remis en liberté le 8 mars après avoir été détenus et agressés brutalement pendant 21 heures. Deux des journalistes ont été frappés à coups de pied, à coups de poing et à coups de genou. Ils ont subi tous trois des simulacres d’exécution. Pendant leur détention, les journalistes ont rencontré des détenus libyens qui avaient été sauvagement battus. Un journaliste britannique de la BBC, qui n’a pas été tabassé, a dit avoir entendu des cris de douleur du deuxième étage de l’endroit où il était détenu.
Les journalistes étrangers qui tentaient de couvrir les manifestants qui se rassemblaient dans une mosquée de Tripoli ont été épinglés le 11 mars par des officiels et renvoyés à leur hôtel. Les journalistes sont constamment surveillés et souvent détenus pendant des heures par les forces de sécurité et par l’armée. Le 8 mars, des assaillants ont lancé une grenade à l’intérieur de l’Hôtel Ouzo, dans la ville de Benghazi, que contrôlent les rebelles. L’hôtel est la principale résidence des journalistes; la grenade n’a heureusement pas fait de morts ni de blessés.
« À mesure qu’il devient plus difficile de couvrir la situation dans le pays, ce qui arrive aux civils libyens ordinaires est censuré avec de plus en plus d’efficacité. Et, jusqu’à un certain point, par notre présence même, en étant inefficaces, nous devenons complices de cette censure », écrit Peter Beaumont, reporter du « Guardian » à Tripoli.
Nous avons assisté à une terrifiante escalade d’arrestations et de disparitions de Libyens à Tripoli; des forces de sécurité lourdement armées sont déployées dans toute la ville, rapporte Human Rights Watch. « Les forces de sécurité ont arrêté un grand nombre de manifestants antigouvernementaux, des gens soupçonnés d’avoir une position critique à l’égard du gouvernement et des personnes qui auraient transmis des informations aux médias internationaux et aux organisations de défense des droits de la personne. Certains détenus ont semble-t-il été soumis à la torture. » Dans cette vague de répression de la dissidence, les forces de sécurité ont souvent ouvert le feu sur des manifestants non violents à Tripoli, tuant et blessant un nombre indéterminé de personnes. De plus, les manifestants qui sont blessés sont pourchassés dans les hôpitaux et arrêtés.
Source: Communiqué de l'IFEX
La popularité d’Al-Jazira dans la région et sa couverture inlassable et héroïque des événements en Libye en ont fait une cible du régime. Un cameraman de la chaîne de télévision par satellite basée au Qatar, Ali Hassan al-Jaber, venait de couvrir une manifestation de l’opposition et s’apprêtait à rentrer à Benghazi lorsque lui et son équipe ont été attaqués par des hommes armés. Al Jaber a succombé à l’hôpital. Un autre journaliste a été blessé. Des milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Benghazi, scandant des slogans en faveur d’Al-Jazira et portant des drapeaux du Qatar, indique le CPJ. Les émissions d’Al-Jazira et d’Al-Hurra sont brouillées.
De plus, au moins trois journalistes ont disparu depuis leur contribution à Al-Jazira en février dans la couverture de la situation en Libye. Le CPJ rapporte que quatre journalistes du « New York Times » sont portés disparus depuis jeudi, et au moins six autres journalistes sont portés disparus depuis cette semaine.
Le correspondant du « Guardian » de Londres, Ghaith Abdul-Ahad, a été détenu la semaine dernière par le ministère libyen des Affaires étrangères après avoir rapporté de durs combats près de la ville côtière de Zawiya. Il a été relâché.
Le journaliste Andrei Netto, qui collabore au journal brésilien « O Estado de S. Paolo », a été incarcéré pendant huit jours dans la ville de Sabrata; il a été passé à tabac et gardé les yeux bandés. Relâché le 10 mars, on lui a dit de quitter la Libye dès le lendemain.
Par ailleurs, trois journalistes de la BBC ont été remis en liberté le 8 mars après avoir été détenus et agressés brutalement pendant 21 heures. Deux des journalistes ont été frappés à coups de pied, à coups de poing et à coups de genou. Ils ont subi tous trois des simulacres d’exécution. Pendant leur détention, les journalistes ont rencontré des détenus libyens qui avaient été sauvagement battus. Un journaliste britannique de la BBC, qui n’a pas été tabassé, a dit avoir entendu des cris de douleur du deuxième étage de l’endroit où il était détenu.
Les journalistes étrangers qui tentaient de couvrir les manifestants qui se rassemblaient dans une mosquée de Tripoli ont été épinglés le 11 mars par des officiels et renvoyés à leur hôtel. Les journalistes sont constamment surveillés et souvent détenus pendant des heures par les forces de sécurité et par l’armée. Le 8 mars, des assaillants ont lancé une grenade à l’intérieur de l’Hôtel Ouzo, dans la ville de Benghazi, que contrôlent les rebelles. L’hôtel est la principale résidence des journalistes; la grenade n’a heureusement pas fait de morts ni de blessés.
« À mesure qu’il devient plus difficile de couvrir la situation dans le pays, ce qui arrive aux civils libyens ordinaires est censuré avec de plus en plus d’efficacité. Et, jusqu’à un certain point, par notre présence même, en étant inefficaces, nous devenons complices de cette censure », écrit Peter Beaumont, reporter du « Guardian » à Tripoli.
Nous avons assisté à une terrifiante escalade d’arrestations et de disparitions de Libyens à Tripoli; des forces de sécurité lourdement armées sont déployées dans toute la ville, rapporte Human Rights Watch. « Les forces de sécurité ont arrêté un grand nombre de manifestants antigouvernementaux, des gens soupçonnés d’avoir une position critique à l’égard du gouvernement et des personnes qui auraient transmis des informations aux médias internationaux et aux organisations de défense des droits de la personne. Certains détenus ont semble-t-il été soumis à la torture. » Dans cette vague de répression de la dissidence, les forces de sécurité ont souvent ouvert le feu sur des manifestants non violents à Tripoli, tuant et blessant un nombre indéterminé de personnes. De plus, les manifestants qui sont blessés sont pourchassés dans les hôpitaux et arrêtés.
Source: Communiqué de l'IFEX
jeudi 24 février 2011
Hillary Clinton: les Etats-Unis demandent que les droits de l'homme soient protégés au Proche-Orient
La secrétaire d'État, Hillary Clinton, dit que les États-Unis ne souhaitent pas voir la violence et les troubles civils se poursuivre à Bahreïn, en Libye et au Yémen, mais veulent au contraire que les droits de l'homme soient protégés et les réformes politiques entreprises.
« Ce n'est pas un périple facile, quel que soit le peuple qui cherche à le réaliser », a déclaré le 20 février Clinton lors d'un entretien accordé au programme This Week de la chaîne de télévision ABC News. « En général, les Américains sont en faveur des droits de l'homme, de la liberté [et] de la démocratie. »
Les États-Unis continueront à promouvoir l'avancement des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie, a-t-elle indiqué.
« Nous essayons d'appliquer les mêmes normes à tout le monde, mais nous ne pouvons pas dicter l'issue. Nous ne pouvons pas dire aux pays ce qu'ils ont à faire, a souligné Clinton. Nous n'avions aucun contrôle sur ce qui s'est passé en Égypte, comme vous savez. Nous avons exprimé notre opinion sur les développements et nous œuvrons de concert avec nos homologues égyptiens afin que leur transition soit pacifique, significative et transparente et qu'elle mène à des résultats. »
Clinton a ajouté que les États-Unis continueraient à travailler de pair avec ceux qui aspirent au changement politique du fait que les Américains sont convaincus que les démocraties représentent une force de stabilité plus grande dans le monde.
« À l'égard de Bahreïn, alors qu'il se dirige vers des réformes plus importantes - ce que nous l'avions toujours encouragé et exhorté à faire et avions recommandé - nous continuerons à appuyer les mesures à cette fin et nous ferons entendre notre voix quand nous verrons que les autorités violent les droits de l'homme ou font usage de violence inappropriée », a dit Clinton.
Le président Obama a condamné la violence à Bahreïn et a téléphoné le 18 février au roi Hamad bin Isa Al Khalifa pour discuter de la situation actuelle dans cet État du Golfe, a indiqué le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney. Le Bahreïn est le quartier général de la Cinquième Flotte de la marine américaine.
« Le président a réitéré qu'il condamnait la violence contre des manifestants pacifiques, et a exhorté le gouvernement bahreïnien, dans les termes les plus forts, à faire preuve de retenue et à tenir responsables de leurs actes ceux qui ont fait usage de force », a déclaré Carney aux journalistes qui voyageaient avec le président vers la côte ouest des États-Unis.
Suite à l'entretien d'Obama avec le roi de Bahreïn, le conseiller à la sécurité nationale, Tom Donilon, a téléphoné le 19 février en début de journée, au prince héritier du pays, Salam bin Hamad Al Khalifa, a indiqué la Maison-Blanche.
« Nous offrons nos condoléances à la famille et aux amis de ceux qui ont été tués lors des manifestations », a dit le président Obama dans une déclaration diffusée le 18 février par la Maison-Blanche. « Où qu'ils se trouvent, les peuples ont certains droits qui sont universels, notamment celui de se réunir pacifiquement. »
L'amiral Mike Mullen, le chef d'état-major interarmées des États-Unis, se rend en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Djibouti et au Koweït pour une tournée d'une semaine visant à faire preuve de l'appui stratégique des États-Unis à leurs alliés, a indiqué à la presse son porte-parole, le capitaine John Kirby.
« Bien que ce voyage ait été prévu bien avant les récents troubles dans la région, le chef d'état-major sera intéressé d'obtenir le point de vue des dirigeants de la région sur les mouvements de protestations », a-t-il ajouté.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)
« Ce n'est pas un périple facile, quel que soit le peuple qui cherche à le réaliser », a déclaré le 20 février Clinton lors d'un entretien accordé au programme This Week de la chaîne de télévision ABC News. « En général, les Américains sont en faveur des droits de l'homme, de la liberté [et] de la démocratie. »
Les États-Unis continueront à promouvoir l'avancement des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie, a-t-elle indiqué.
« Nous essayons d'appliquer les mêmes normes à tout le monde, mais nous ne pouvons pas dicter l'issue. Nous ne pouvons pas dire aux pays ce qu'ils ont à faire, a souligné Clinton. Nous n'avions aucun contrôle sur ce qui s'est passé en Égypte, comme vous savez. Nous avons exprimé notre opinion sur les développements et nous œuvrons de concert avec nos homologues égyptiens afin que leur transition soit pacifique, significative et transparente et qu'elle mène à des résultats. »
Clinton a ajouté que les États-Unis continueraient à travailler de pair avec ceux qui aspirent au changement politique du fait que les Américains sont convaincus que les démocraties représentent une force de stabilité plus grande dans le monde.
« À l'égard de Bahreïn, alors qu'il se dirige vers des réformes plus importantes - ce que nous l'avions toujours encouragé et exhorté à faire et avions recommandé - nous continuerons à appuyer les mesures à cette fin et nous ferons entendre notre voix quand nous verrons que les autorités violent les droits de l'homme ou font usage de violence inappropriée », a dit Clinton.
Le président Obama a condamné la violence à Bahreïn et a téléphoné le 18 février au roi Hamad bin Isa Al Khalifa pour discuter de la situation actuelle dans cet État du Golfe, a indiqué le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney. Le Bahreïn est le quartier général de la Cinquième Flotte de la marine américaine.
« Le président a réitéré qu'il condamnait la violence contre des manifestants pacifiques, et a exhorté le gouvernement bahreïnien, dans les termes les plus forts, à faire preuve de retenue et à tenir responsables de leurs actes ceux qui ont fait usage de force », a déclaré Carney aux journalistes qui voyageaient avec le président vers la côte ouest des États-Unis.
Suite à l'entretien d'Obama avec le roi de Bahreïn, le conseiller à la sécurité nationale, Tom Donilon, a téléphoné le 19 février en début de journée, au prince héritier du pays, Salam bin Hamad Al Khalifa, a indiqué la Maison-Blanche.
« Nous offrons nos condoléances à la famille et aux amis de ceux qui ont été tués lors des manifestations », a dit le président Obama dans une déclaration diffusée le 18 février par la Maison-Blanche. « Où qu'ils se trouvent, les peuples ont certains droits qui sont universels, notamment celui de se réunir pacifiquement. »
L'amiral Mike Mullen, le chef d'état-major interarmées des États-Unis, se rend en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Djibouti et au Koweït pour une tournée d'une semaine visant à faire preuve de l'appui stratégique des États-Unis à leurs alliés, a indiqué à la presse son porte-parole, le capitaine John Kirby.
« Bien que ce voyage ait été prévu bien avant les récents troubles dans la région, le chef d'état-major sera intéressé d'obtenir le point de vue des dirigeants de la région sur les mouvements de protestations », a-t-il ajouté.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)
vendredi 18 février 2011
Le CPJ accuse l’ONU de faillir à sa tâche de protéger les journalistes
Tandis que se poursuivent les attaques contre les journalistes pris dans les troubles qui s’étendent au Moyen-Orient, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) indique que les Nations Unies et d’autres organisations mondiales et régionales responsables de défendre la liberté de la presse échouent en grande partie dans leur tâche consistant à les protéger. Elles ne défendent pas non plus les autres journalistes qui sont tués, menacés et harcelés en toute impunité partout dans le monde, dit le CPJ dans son rapport annuel, intitulé « Attacks on the Press » (Les attaques contre la presse).
Le CPJ constate que les Nations Unies, l’Organisation des États américains et la Ligue arabe figurent parmi les groupes qui ne défendent pas la libre expression avec persistance, surtout contre la répression gouvernementale. « Alors que le droit international garantit le droit à la libre expression, les journalistes ne peuvent compter sur une défense robuste de ces droits », dit le directeur général du CPJ, Joel Simon.
« Le fait de ne pas adopter une position cohérente laisse entendre une volonté de se prononcer publiquement en faveur de la liberté de la presse davantage fondée sur des considérations politiques que sur une solide détermination », a déclaré Simon lors de la publication du rapport au siège de l’ONU. « Comme le montrent clairement les événements en Égypte, l’enjeu est énorme. »
Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a été mentionné pour son incapacité à féliciter le dissident chinois Liu Xiaobo pour son prix Nobel de la paix de 2010.
Dans un autre exemple, le CPJ attire l’attention sur le fait que les organisations de défense du journalisme et des droits de la personne ont été forcées de lancer une campagne internationale pour que l’UNESCO cesse de présenter un prix qui rend hommage au Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, de la Guinée équatoriale, l’un des pires violateurs de la liberté de la presse en Afrique.
D’après le document « Attacks on the Press », au moins 44 journalistes ont été tués à travers le monde en 2010 précisément à cause de leur travail. Le Pakistan a recensé huit de ces 44 assassinats, ce qui en a fait l’an dernier le pays le plus dangereux pour la presse.
Le CPJ dit en outre que le nombre des journalistes incarcérés est plus élevé qu’il n’a jamais été en 14 ans, avec 145 reporters, rédacteurs et photojournalistes derrière les barreaux en 2010. La Chine et l’Iran sont à égalité en tête quant au nombre des journalistes emprisonnés, soit 34 chacun.
« Les attaques contre la presse » contient des analyses portant sur plus de 50 pays et aussi des analyses régionales sur les violations de la liberté de la presse en 2010. Cette édition inclut également une présentation spéciale sur la nature invisible des attaques en ligne visant à limiter les journalistes, comme la surveillance en ligne et les logiciels malicieux.
Source: Communiqué de l'IFEX
Le CPJ constate que les Nations Unies, l’Organisation des États américains et la Ligue arabe figurent parmi les groupes qui ne défendent pas la libre expression avec persistance, surtout contre la répression gouvernementale. « Alors que le droit international garantit le droit à la libre expression, les journalistes ne peuvent compter sur une défense robuste de ces droits », dit le directeur général du CPJ, Joel Simon.
« Le fait de ne pas adopter une position cohérente laisse entendre une volonté de se prononcer publiquement en faveur de la liberté de la presse davantage fondée sur des considérations politiques que sur une solide détermination », a déclaré Simon lors de la publication du rapport au siège de l’ONU. « Comme le montrent clairement les événements en Égypte, l’enjeu est énorme. »
Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a été mentionné pour son incapacité à féliciter le dissident chinois Liu Xiaobo pour son prix Nobel de la paix de 2010.
Dans un autre exemple, le CPJ attire l’attention sur le fait que les organisations de défense du journalisme et des droits de la personne ont été forcées de lancer une campagne internationale pour que l’UNESCO cesse de présenter un prix qui rend hommage au Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, de la Guinée équatoriale, l’un des pires violateurs de la liberté de la presse en Afrique.
D’après le document « Attacks on the Press », au moins 44 journalistes ont été tués à travers le monde en 2010 précisément à cause de leur travail. Le Pakistan a recensé huit de ces 44 assassinats, ce qui en a fait l’an dernier le pays le plus dangereux pour la presse.
Le CPJ dit en outre que le nombre des journalistes incarcérés est plus élevé qu’il n’a jamais été en 14 ans, avec 145 reporters, rédacteurs et photojournalistes derrière les barreaux en 2010. La Chine et l’Iran sont à égalité en tête quant au nombre des journalistes emprisonnés, soit 34 chacun.
« Les attaques contre la presse » contient des analyses portant sur plus de 50 pays et aussi des analyses régionales sur les violations de la liberté de la presse en 2010. Cette édition inclut également une présentation spéciale sur la nature invisible des attaques en ligne visant à limiter les journalistes, comme la surveillance en ligne et les logiciels malicieux.
Source: Communiqué de l'IFEX
Journalistes et protestataires non violents violemment réprimés
Le renversement du Président Hosni Moubarak d’Égypte a revigoré les protestations à travers le monde arabe, ce qui a entraîné des heurts entre les forces de sécurité et les manifestants en Algérie, à Bahreïn, en Iran et au Yémen, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Human Rights Watch et les membres de l’IFEX dans la région.
Répondant aux appels en faveur d’un « Jour de colère » le 14 février, les forces de sécurité de Bahreïn ont lancé des gaz lacrymogènes, tiré des balles de caoutchouc et des balles réelles dans un certain nombre de villages pour disperser les manifestants qui marchaient contre la mainmise exercée sur le pouvoir par la famille Al-Khalifa, dénonçant la discrimination qui serait pratiquée à l’encontre de la population du pays à majorité chiite, ainsi que contre la détention continue de prisonniers politiques, rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights. BCHR) et Human Rights Watch. Le BCHR et la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahrain Youth Society for Human Rights, BYSHR) ont documenté deux décès et plus de vingt blessés à la suite des attaques de la police antiémeute.
Source: Communiqué de l'IFEX
Répondant aux appels en faveur d’un « Jour de colère » le 14 février, les forces de sécurité de Bahreïn ont lancé des gaz lacrymogènes, tiré des balles de caoutchouc et des balles réelles dans un certain nombre de villages pour disperser les manifestants qui marchaient contre la mainmise exercée sur le pouvoir par la famille Al-Khalifa, dénonçant la discrimination qui serait pratiquée à l’encontre de la population du pays à majorité chiite, ainsi que contre la détention continue de prisonniers politiques, rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights. BCHR) et Human Rights Watch. Le BCHR et la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahrain Youth Society for Human Rights, BYSHR) ont documenté deux décès et plus de vingt blessés à la suite des attaques de la police antiémeute.
Source: Communiqué de l'IFEX
mardi 15 février 2011
La plupart des gouvernements des pays arabe répriment les manifestations de solidarité avec l’Égypte
Les forces de sécurité étouffent dans la violence les manifestations qui éclatent à travers le monde arabe, qu’elles soient inspirées par le soulèvement en Égypte ou organisées en signe de solidarité avec celui-ci, selon ce que rapportent Human Rights Watch et les membres de l’IFEX de la région.
« Les images des soulèvement en Tunisie et en Égypte fascinent le peuple arabe mais terrifient leurs dirigeants », dit Human Rights Watch. « Ceux-ci ont répondu par leur combinaison habituelle de répression et d’intimidation afin d’étouffer dans l’oeuf toute velléité d’expression démocratique plus étendue. »
À Ramallah, l’Autorité palestinienne a eu recours à la violence contre des manifestants paisibles lors d’un rassemblement de solidarité tenu le 2 février. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que la police et des éléments des « forces spéciales » - identifiables à leur uniforme - ont frappé les manifestants à coups de poing et à coups de pied et les ont détenus, ainsi qu’au moins deux journalistes et un assistant de recherche de Human Rights Watch.
Le 30 janvier, des agents de sécurité de l’Autorité palestinienne ont dispersé une manifestation de solidarité qui se déroulait devant l’ambassade d’Égypte à Ramallah, après avoir convoqué à plusieurs reprises un des organisateurs pour interrogatoire et lui avoir ordonné d’annuler la tenue de l’événement dont il avait affiché l’avis sur Facebook.
Les autorités du Hamas dans la Bande de Gaza ont dispersé un sit-in de solidarité le 31 janvier, arrêtant six femmes - quelques-unes d’entre elles journalistes et blogueuses - et ont menacé d’arrêter 20 autres personnes qui avaient répondu à un appel à manifester lancé sur Facebook, rapportent Human Rights Watch, le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Palestinian Center for Development and Media Freedoms, MADA) et SKeyes Center for Media and Cultural Freedom (Samir Kassir Eyes). Selon le MADA, quelques-uns des détenus se sont plaints d’avoir été insultés, passés à tabac et soumis à des fouilles corporelles.
Des militants syriens tiennent chaque jour depuis le 29 janvier des manifestations de solidarité avec les manifestants égyptiens, et aussi pour dénoncer la corruption et le coût élevé des communications par téléphonie cellulaire, indique Human Rights Watch. L’un des principaux organisateurs a déclaré à Human Rights Watch que les services de sécurité syriens étaient présents à chacun des rassemblements, qu’ils filmaient les participants et vérifiaient leurs papiers d’identité.
Lors d’une vigile tenue le 2 février pour les manifestants égyptiens dans la vieille ville de Damas, un groupe de 20 personnes en civil a passé à tabac et dispersé 15 manifestants. La police tout près a négligé d’intervenir, a fait savoir un organisateur à Human Rights Watch. Un haut responsable de la sécurité a insulté et frappé Suheir Atassi, qui compte parmi les principaux organisateurs, et l’a accusée d’être un « bacille » et un agent d’Israël.
« Le Président Bashar al-Assad (de Syrie) semble avoir suivi l’exemple de son homologue égyptien », dit Human Rights Watch. Ses services de sécurité ne se contentent plus d’interdire les manifestations; ils semblent encourager des fiers-à-bras à attaquer les manifestants non violents. »
Les autorités soudanaises ont fait usage d’une force excessive lors de manifestations en grande partie non violentes les 30 et 31 janvier et 2 février à Khartoum et dans d’autres villes du nord du pays, manifestations qui demandaient la fin du règne du Parti national du Congrès (PNC) et des augmentations de prix imposées par le gouvernement, indique Human Rights Watch.
Des témoins à Khartoum et à Omdurman ont rapporté que des policiers armés de l’antiémeute et des éléments de la sécurité nationale ont dispersé des groupes de manifestants au moyen de tuyaux, de bâtons et de gaz lacrymogènes, blessant plusieurs personnes et en empêchant d’autres de se joindre aux manifestants. La majorité des personnes arrêtées ont été relâchées dans les heures qui ont suivi, mais plus d’une vingtaine d’entre elles sont toujours portées disparues et on croit qu’elles sont détenues par les forces de sécurité nationales.
Les autorités soudanaises ont également censuré les journaux qui couvrent les manifestations. Le 2 février, des agents de sécurité ont arrêté plus d’une dizaine d’employés du journal communiste « Al Maidan », ainsi que des militants étudiants et des membres de partis d’opposition.
Dans le sud du Yémen, où les forces de sécurité ont réprimé dans la violence d’importantes manifestations contre le gouvernement central et pour la sécession; la police et l’armée ont tiré à balles en caoutchouc et à balles réelles le 3 février pour disperser les manifestants. Six personnes ont été blessées et 28 autres arrêtées, dont un journaliste, Abd al-Hafith Mu’jib, selon ce que rapporte Human Rights Watch.
La sécurité d’État des E.A.U. a procédé le 4 février à l’arrestation de Hassan Muhammad al-Hammadi, membre actif du bureau de l’Association des enseignants, chez lui dans l’émirat de Sharjah, rapporte Human Rights Watch. Al-Hammadi avait exprimé publiquement sa solidarité avec les manifestants égyptiens plus tôt le jour même dans un sermon à la mosquée.
Par ailleurs, à Bahreïn, le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) rapporte que le gouvernement a pris des mesures pour bloquer les nouvelles sur la situation à Bahreïn même, qui doit connaître son propre « Jour de colère » le 14 février. « Dans un geste qui illustre l’état de confusion, d’appréhension et d’expectative qui règne, les autorités bahreïnies ont bloqué un groupe en ligne sur Facebook, qui appelle les gens à sortir manifester et à protester contre les politiques du gouvernement », dit le BCHR.
Les dirigeants de l’opposition en Iran ont convoqué pour le 14 février à Téhéran un rassemblement de solidarité avec l’Égypte et la Tunisie, mais le ministère de l’Intérieur du pays n’en a pas encore délivré le permis, indique la Campagne internationale en faveur des droits de la personne en Iran.
Human Rights Watch rapporte que ces mesures répressives constituent un exemple des interdits ordinaires de rassemblement dans la région. « Au lieu de tirer les leçons du Caire et de Tunis, les dirigeants arabes gardent la tête dans le sable, et insistent pour étouffer même les rassemblement les plus anodins », a fait observer Human Rights Watch.
Source: communiqué de l'IFEX
« Les images des soulèvement en Tunisie et en Égypte fascinent le peuple arabe mais terrifient leurs dirigeants », dit Human Rights Watch. « Ceux-ci ont répondu par leur combinaison habituelle de répression et d’intimidation afin d’étouffer dans l’oeuf toute velléité d’expression démocratique plus étendue. »
À Ramallah, l’Autorité palestinienne a eu recours à la violence contre des manifestants paisibles lors d’un rassemblement de solidarité tenu le 2 février. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que la police et des éléments des « forces spéciales » - identifiables à leur uniforme - ont frappé les manifestants à coups de poing et à coups de pied et les ont détenus, ainsi qu’au moins deux journalistes et un assistant de recherche de Human Rights Watch.
Le 30 janvier, des agents de sécurité de l’Autorité palestinienne ont dispersé une manifestation de solidarité qui se déroulait devant l’ambassade d’Égypte à Ramallah, après avoir convoqué à plusieurs reprises un des organisateurs pour interrogatoire et lui avoir ordonné d’annuler la tenue de l’événement dont il avait affiché l’avis sur Facebook.
Les autorités du Hamas dans la Bande de Gaza ont dispersé un sit-in de solidarité le 31 janvier, arrêtant six femmes - quelques-unes d’entre elles journalistes et blogueuses - et ont menacé d’arrêter 20 autres personnes qui avaient répondu à un appel à manifester lancé sur Facebook, rapportent Human Rights Watch, le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Palestinian Center for Development and Media Freedoms, MADA) et SKeyes Center for Media and Cultural Freedom (Samir Kassir Eyes). Selon le MADA, quelques-uns des détenus se sont plaints d’avoir été insultés, passés à tabac et soumis à des fouilles corporelles.
Des militants syriens tiennent chaque jour depuis le 29 janvier des manifestations de solidarité avec les manifestants égyptiens, et aussi pour dénoncer la corruption et le coût élevé des communications par téléphonie cellulaire, indique Human Rights Watch. L’un des principaux organisateurs a déclaré à Human Rights Watch que les services de sécurité syriens étaient présents à chacun des rassemblements, qu’ils filmaient les participants et vérifiaient leurs papiers d’identité.
Lors d’une vigile tenue le 2 février pour les manifestants égyptiens dans la vieille ville de Damas, un groupe de 20 personnes en civil a passé à tabac et dispersé 15 manifestants. La police tout près a négligé d’intervenir, a fait savoir un organisateur à Human Rights Watch. Un haut responsable de la sécurité a insulté et frappé Suheir Atassi, qui compte parmi les principaux organisateurs, et l’a accusée d’être un « bacille » et un agent d’Israël.
« Le Président Bashar al-Assad (de Syrie) semble avoir suivi l’exemple de son homologue égyptien », dit Human Rights Watch. Ses services de sécurité ne se contentent plus d’interdire les manifestations; ils semblent encourager des fiers-à-bras à attaquer les manifestants non violents. »
Les autorités soudanaises ont fait usage d’une force excessive lors de manifestations en grande partie non violentes les 30 et 31 janvier et 2 février à Khartoum et dans d’autres villes du nord du pays, manifestations qui demandaient la fin du règne du Parti national du Congrès (PNC) et des augmentations de prix imposées par le gouvernement, indique Human Rights Watch.
Des témoins à Khartoum et à Omdurman ont rapporté que des policiers armés de l’antiémeute et des éléments de la sécurité nationale ont dispersé des groupes de manifestants au moyen de tuyaux, de bâtons et de gaz lacrymogènes, blessant plusieurs personnes et en empêchant d’autres de se joindre aux manifestants. La majorité des personnes arrêtées ont été relâchées dans les heures qui ont suivi, mais plus d’une vingtaine d’entre elles sont toujours portées disparues et on croit qu’elles sont détenues par les forces de sécurité nationales.
Les autorités soudanaises ont également censuré les journaux qui couvrent les manifestations. Le 2 février, des agents de sécurité ont arrêté plus d’une dizaine d’employés du journal communiste « Al Maidan », ainsi que des militants étudiants et des membres de partis d’opposition.
Dans le sud du Yémen, où les forces de sécurité ont réprimé dans la violence d’importantes manifestations contre le gouvernement central et pour la sécession; la police et l’armée ont tiré à balles en caoutchouc et à balles réelles le 3 février pour disperser les manifestants. Six personnes ont été blessées et 28 autres arrêtées, dont un journaliste, Abd al-Hafith Mu’jib, selon ce que rapporte Human Rights Watch.
La sécurité d’État des E.A.U. a procédé le 4 février à l’arrestation de Hassan Muhammad al-Hammadi, membre actif du bureau de l’Association des enseignants, chez lui dans l’émirat de Sharjah, rapporte Human Rights Watch. Al-Hammadi avait exprimé publiquement sa solidarité avec les manifestants égyptiens plus tôt le jour même dans un sermon à la mosquée.
Par ailleurs, à Bahreïn, le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) rapporte que le gouvernement a pris des mesures pour bloquer les nouvelles sur la situation à Bahreïn même, qui doit connaître son propre « Jour de colère » le 14 février. « Dans un geste qui illustre l’état de confusion, d’appréhension et d’expectative qui règne, les autorités bahreïnies ont bloqué un groupe en ligne sur Facebook, qui appelle les gens à sortir manifester et à protester contre les politiques du gouvernement », dit le BCHR.
Les dirigeants de l’opposition en Iran ont convoqué pour le 14 février à Téhéran un rassemblement de solidarité avec l’Égypte et la Tunisie, mais le ministère de l’Intérieur du pays n’en a pas encore délivré le permis, indique la Campagne internationale en faveur des droits de la personne en Iran.
Human Rights Watch rapporte que ces mesures répressives constituent un exemple des interdits ordinaires de rassemblement dans la région. « Au lieu de tirer les leçons du Caire et de Tunis, les dirigeants arabes gardent la tête dans le sable, et insistent pour étouffer même les rassemblement les plus anodins », a fait observer Human Rights Watch.
Source: communiqué de l'IFEX
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