mardi 27 juillet 2010

Japon: Google devient Yahoo

Le groupe de services en ligne Yahoo! Japan a annoncé mardi 27 juillet qu'il allait adopter le moteur de recherche de l'américain Google dont la technologie va ainsi contrôler l'essentiel de la recherche sur internet au Japon. Yahoo Japan! est actuellement le portail le plus utilisé par les internautes nippons pour effectuer leurs requêtes en ligne.
"Google va fournir son moteur de recherche à Yahoo! Japan", a expliqué lors d'une conférence de presse Masahiro Inoue, PDG du portail japonais, propriété à 40% du troisième opérateur de télécommunications nippon, Softbank, et à 35% du groupe américain Yahoo!.
Lorsqu'un internaute lancera une requête sur Yahoo Japan!, le moteur de recherche utilisera la technologie du géant américain Google. Le tandem contrôlera l'essentiel de la recherche sur la toile au Japon, quelque 57% des requêtes (bien 57%, ndlr) passant aujourd'hui par Yahoo! Japan et 31% par Google, alors que le géant du logiciel américain Microsoft se contente d'un peu moins de 3%.
"Nous ne pensons pas qu'il y ait un problème de monopole", a toutefois jugé M. Inoue, soulignant que la présentation et les services liés seront complètement différents sur les deux sites. Yahoo! Japan est une société distincte de Yahoo! et n'est pas directement concernée par le partenariat dans la recherche sur internet conclu l'an passé entre Yahoo! et Microsoft, visant justement à renforcer la concurrence face à Google qui domine les deux tiers du marché mondial.
En vertu de cet accord entre les deux groupes américains, les moteurs de recherche des sites Yahoo! de nombreux pays, dont les Etats-Unis, utiliseront la technologie de Microsoft, baptisée "Bing", d'ici à la fin de l'année. Yahoo Japan!, qui sera une exception, employait pour sa part jusqu'à présent le moteur de recherche spécifique du portail Yahoo!.
"Dans le cas du Japon, nous avons réfléchi à diverses options et en avons conclu que Google représentait la meilleure solution pour la croissance de Yahoo Japan!", a poursuivi M. Inoue, ajoutant avoir reçu le feu vert du cofondateur de Yahoo!, Jerry Yang, qui est également membre du Conseil d'administration de Yahoo Japan!.
Source: www.lexpansion.com

Le Comité de Bâle reconsidère son projet de réglementation prudentielle

Les régulateurs sont parvenus lundi à un accord sur l'augmentation des exigences en matière de fonds propres, de liquidités, d'endettement et de provisions des banques. La réforme intègre toutefois des aménagements importants par rapport aux versions initiales.
Les banquiers centraux et régulateurs qui supervisent le Comité de Bâle sont parvenus à un accord sur un nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, selon un communiqué publié lundi, qui intègre des aménagements importants par rapport aux versions précédentes.
Le Comité de Bâle est chargé de l'élaboration des nouvelles normes prudentielles du secteur bancaire au niveau international. Il est à l'origine des règles dites Bâle I (1988) et Bâle II (2006) qui ont été adoptées par la plupart des grandes banques internationales, à l'exception des banques américaines pour le second volet.
Après la crise financière de 2008, il a mis en chantier une réforme réglementaire, officieusement baptisée Bâle III, dont le canevas doit être soumis au G20 de Séoul en novembre, et validé par les dirigeants des grands pays développés et émergents. La réforme porte notamment sur l'augmentation des exigences en matière de fonds propres, de liquidités, d'endettement et de provisions, afin de permettre aux banques de mieux traverser une nouvelle crise d'ampleur.

Une bonne nouvelle pour les banques mutualistes
Le document publié lundi fait état de plusieurs aménagements importants par rapport aux premières propositions faites fin 2009, qui avaient suscité de fortes réserves au sein du secteur bancaire.
Concrètement, régulateurs et banquiers centraux ont notamment accepté de prendre en compte, dans une certaine mesure, les participations des banques dans d'autres établissements financiers, ce qui n'était pas prévu initialement. Une évolution favorable aux banques mutualistes, françaises tout particulièrement, dont le modèle repose sur des participations croisées entre maison mère et caisses régionales.
Autre changement qui ménage particulièrement les établissements français, la possibilité de prendre en compte, pour partie, les capitaux propres des filiales d'assurance dans le calcul des fonds propres des banques. Le modèle très hexagonal de bancassurance devrait ainsi être préservé.
"Les accords conclus aujourd'hui constituent une réalisation historique dans l'optique de renforcer la solidité du secteur bancaire", a commenté le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, cité dans le communiqué. "Nous mettrons en place des mesures de transition pour faire en sorte que le secteur bancaire soit à même de soutenir la reprise économique", a-t-il ajouté.

Un ratio de levier
Parmi les nouvelles dispositions réglementaires, le Comité prévoit également d'intégrer un ratio dit de levier, mesuré par les fonds propres rapportés aux engagements de la banque. Lors d'une période de transition, de 2013 à 2017, ce ratio devrait être fixé à 3% au minimum, mais sans caractère contraignant pour les banques. A compter de 2018 un ratio de levier à respecter obligatoirement sera défini, prévoit le Comité.
Le nouveau document publié lundi intègre également des assouplissements en matière de liquidité. Si le Comité entend conserver le principe de deux ratios de liquidité obligatoires (à court et long terme), il accepte d'en modifier le calcul pour limiter les coûts qu'induiront leur introduction pour les banques.
Les nouvelles règles dites de Bâle III doivent entrer en vigueur début 2012. Même si les Etats-Unis ont officiellement indiqué qu'ils entendaient se plier à ce nouveau cadre prudentiel, beaucoup s'interrogent sur le calendrier d'adhésion des Américains. "Nous ne sommes pas certains qu'ils appliqueront les règles dans les mêmes termes que les banques européennes", a ainsi déclaré le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro.
Source: www.lexpansion.com

jeudi 22 juillet 2010

Promulgation par Barack Obama de la réforme de Wall Street

Le président américain Barack Obama a promulgué mercredi la plus vaste réforme de régulation du système financier américain depuis les années 1930, dont la mise en application pourrait toutefois prendre des mois, voire des années. "Les Américains n'auront plus jamais à payer pour les erreurs de Wall Street", a lancé le président dans un discours peu avant la promulgation du texte au centre de conférence Ronald Reagan à Washington, un clin d'oeil aux républicains qui n'ont majoritairement pas soutenu la réforme, et à l'ancien président réformateur. "Ces réformes représentent les plus fortes protections du consommateur de l'histoire", a également jugé M. Obama. "Ces protections seront appliquées par un nouveau régulateur ayant une seule mission: faire attention aux gens, non aux grandes banques, aux organismes de prêt, aux investisseurs", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas seulement bon pour les consommateurs, c'est bon pour l'économie".
Mais ce projet de loi hors normes mettra du temps à entrer en application. Les régulateurs chargés de superviser le système financier américain doivent encore écrire de nombreuses réglementations, souvent complexes, pour permettre aux nouvelles mesures d'entrer en vigueur.
Selon des analystes de l'agence de notation Moody's, les règles à définir devraient notamment prévoir une chambre de compensation centrale, plus de transparence, des exigences plus élevées en termes de marges et de capitaux, voire des plateformes boursières pour les produits dérivés.
Pour M. Obama le texte adopté au Congrès la semaine dernière, avec un ultime vote au Sénat qui a clos des mois de discussions, va mettre fin aux "affaires louches" à l'origine de la crise qui avait culminé à l'automne 2008. Le texte, de plus de 2.300 pages prévoit notamment, comme l'a souligné M. Obama, la création d'un organisme de protection des consommateurs de produits financiers au sein de la banque centrale (Fed). Il empêche le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.
Les opposants à la réforme -- certains représentants de l'industrie financière et les adversaires républicains de M. Obama -- estiment que la nouvelle loi va faire payer l'ensemble du secteur pour les péchés de quelques-uns. John Boehner, le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, a déjà appelé à son abrogation.

Sur le plan international, la régulation financière rencontre aussi des résistances. Les efforts du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) pour renforcer la régulation sont menacés par certains de ses membres qui "succombent aux arguments du secteur", estime mercredi dans le Financial Times Sheila Bair présidente de la FDIC, l'un des régulateurs américains. La réforme de Wall Street est le deuxième texte majeur de ce type adopté au Congrès sous l'administration Obama, après la loi visant à étendre la couverture maladie en mars.
Toutefois, M. Obama n'a pas encore touché les dividendes politiques de son action à moins de quatre mois des élections législatives de mi-mandat. Dans le tout dernier sondage de l'université de Quinnipiac publié mercredi, 44% des personnes interrogées sont satisfaites du travail du président, contre 48% qui ne l'approuvent pas. En revanche, Moody's a réagi mercredi dans un communiqué en saluant la promulgation de la loi qui selon elle, va apporter de "la transparence et de la responsabilisation" dans le secteur de la notation financière.
Source: www.lexpansion.com

lundi 19 juillet 2010

Interpellations inquiétantes de trois journalistes du « Nouveau Courrier » en Côte d’Ivoire

Le 13 juilet 2010 sur ordre de Raymond Tchimou Fehou, procureur de la République du tribunal de première instance, trois journalistes du Nouveau Courrier d’Abidjan, Saint Claver Oula, rédacteur en chef, Stéphane Guédé, directeur de publication et Théophile Kouamouo, directeur de rédaction, ont été interpellés par la police criminelle.

Les faits reprochés aux journalistes
Le procureur reproche aux 3 journalistes du quotidien « Le Nouveau Courrier » d’avoir publiés les conclusions de son enquête sur les détournements dans la filière café-cacao. Le document, classé secret d’Etat, avait été remis quelques semaines plus tôt au président Laurent Gbagbo.
Théophile Kouamouo, un Français d’origine camerounaise et résident de Côte d’Ivoire, est le rédacteur en chef du Nouveau Courrier, un nouveau quotidien ivoirien lancé en mai 2010; il à publié sur le Journal « Le Nouveau Courrier » l’article Filière café-cacao : la «bombe» du Nouveau Courrier.
Mardi 13 juillet, le procureur a convoqué le directeur de rédaction Théophile Kouamouo à ses bureaux pour le contraindre à révéler ses sources. Ce denier a refusé. Le procureur a alors ordonné son interpellation par la police criminelle qui l’a placé en garde à vue après l’avoir entendu. Les locaux du journal ont ensuite été perquisitionnés.

Journalisme et liberté d’expression
Reporters Sans Frontières rappelle que la protection des sources est un principe fondamental de la pratique du journalisme et exige la libération des journalistes. Il est tout à fait compréhensible que ces 3 journalistes tiennent à ne pas révéler leurs sources, sinon qu’en serait il du métier de journaliste!
Source: Agence Relations Presse
communiques-presse.com

Les Etats-Unis interdisent au journaliste colombien Hollman Morris l'entrée sur son territoire

L’éminent journaliste colombien Hollman Morris s’est vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis en raison de la disposition du Patriot Act sur les « activités terroristes », rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Centre américain du PEN International, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et les Journalistes canadiens pour la liberté d’expression (CJFE). Les membres de l’IFEX pressent les États-Unis de lever l’interdit de voyager.
Morris figurait parmi les douze journalistes internationaux retenus pour profiter d’une Bourse Nieman à l’Université Harvard pendant l’année universitaire 2010 2011. Mais, le 16 juin, il a été informé par l’ambassade des États-Unis à Bogotá qu’il avait été trouvé inadmissible à un visa, de façon permanente.
« Les lois antiterroristes constituent une menace pour la démocratie si elles peuvent mener à des représailles perverses et troublantes contre de véritables défenseurs des droits de la personne comme Hollman Morris », dit la FIJ.
Producteur de l’émission hebdomadaire d’enquête « Contravía » pour le réseau de télévision « Canal Uno », Morris est connu pour sa couverture en profondeur du conflit civil en Colombie, qui dure depuis cinq décennies, et pour être un critique acerbe du Président Alvaro Uribe Vélez. Il est écarté du revers de la main par Uribe, les officiels de haut rang et le Président-élu Juan Manuel Santos parce qu’il est perçu comme partisan des terroristes en raison de sa couverture des acteurs armés illégaux dans le conflit civil.
En mars 2009, le Bureau du Procureur général de la Colombie a récupéré des dossiers montrant que Morris avait été la cible d’une campagne menée par le Service secret de Colombie (DAS) afin de discréditer son travail en établissant un lien entre lui et la guérilla des FARC. D’après les documents, les stratégies employées contre Morris comprenaient une surveillance intense, l’espionnage, l’intimidation et des tentatives pour persuader le gouvernement des États-Unis de rejeter ses demandes de visa.
Source: communiqué de l'IFEX

Cuba: Malgré neufs dissidents libérés, de nombreux autres sont toujours en prison

Le gouvernement du Président Raúl Castro a consenti à libérer 52 des 75 journalistes, écrivains, activistes, bibliothécaires et membres de partis politiques d’opposition emprisonnés en 2003 à la suite d’une vague de répression majeure menée contre la dissidence, connue sous le nom de Printemps Noir. Huit journalistes, qui ont passé plus de sept ans en prison à cause de leurs reportages indépendants, et un autre dissident sont arrivés en Espagne les 13 et 14 juillet dans la première vague de prisonniers politiques libérés. Les membres de l’IFEX sont préoccupés par le fait qu’ils sont libérés à la condition de quitter Cuba.
Après des négociations entre l’Église catholique de Cuba, le gouvernement cubain et le ministère espagnol des Affaires étrangères, 20 prisonniers politiques ont été désignés pour être libérés immédiatement. Les libérations subséquentes doivent intervenir dans les trois à quatre prochains mois. D’après le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC), les États-Unis et le Chili ont offert de recevoir des dissidents. Vingt des 52 détenus ont accepté de se rendre en Espagne jusqu’à maintenant.
« Nous invitons le gouvernement cubain à fournir aux familles en détresse de ceux qui sont toujours incarcérés des renseignements détaillés et pertinents sur leur libération promise. Les autorités cubaines doivent agir avec célérité et libérer tous les journalistes qui sont toujours en prison », indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
L’exil en Espagne ne « constitue pas une solution compatissante et satisfaisante », dit Reporters sans frontières (RSF). Les remises en liberté devraient inclure le droit des opposants politiques de vivre dans leur propre pays et de défendre leurs opinions sans crainte d’emprisonnement. Pour Freedom House, c’est là un moyen pour le gouvernement d’effacer physiquement l’opposition du pays. Le régime « continue de restreindre la liberté sous toutes ses formes, que ce soit d’expression, de la presse, d’association ou d’assemblée », dit la Société interaméricaine de la presse (SIP).
Cuba est l’un des pires geôliers de journalistes du monde - seuls l’Iran et la Chine font pis. En 2003, après des procès sommaires menés à huis clos, les journalistes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 28 ans de prison pour crimes contre l’État. Les journalistes avaient travaillé pour des agences de nouvelles indépendantes et transmis des reportages outremer, au téléphone et par fax, à des médias d’informations et à des sites web.
En plus d’être parfois soumis à la torture, les prisonniers subissent de mauvaises conditions de détention - aucune ventilation, éclairage faible, alimentation déficiente. Ils souffrent de maladies telles que dépression, hypertension artérielle, troubles gastro-intestinaux chroniques et pneumonie.
Le Centre américain du PEN International salue la libération du journaliste Normando Hernández González, hospitalisé à de nombreuses reprises au cours des sept dernières années. Il avait été condamné à 25 ans de prison.
L’annonce de la libération des prisonniers est survenue pendant une grève de la faim de quatre mois menée par le journaliste Guillermo Fariñas, qui exigeait la remise en liberté de 26 prisonniers politiques atteints de graves troubles de santé. Fariñas a entrepris sa grève de la faim le 24 février, soit le lendemain du décès d’un prisonnier politique, Orlando Zapata Tamayo, qui a succombé après une grève de la faim de 85 jours. Fariñas a interrompu sa grève de la faim après avoir appris la décision de la remise en liberté des prisonniers.
Depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir de son frère Fidel en juillet 2006, Raúl Castro a incarcéré un grand nombre de prisonniers politiques, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Un groupe cubain de défense des droits de la personne a documenté 167 cas actuels de prisonniers politiques. Human Rights Watch estime que le nombre est beaucoup plus élevé.
« Tant que vont persister les lois draconiennes de Cuba et les procès bidons, dit Human Rights Watch, le régime continuera de repeupler ses prisons de nouvelles générations de Cubains innocents qui osent exercer leurs droits fondamentaux. »
Source: communiqué de l'IFEX

Crise des subprimes: Trois ans après

Triste anniversaire. Les subprimes ont trois ans, et les Etats-Unis viennent seulement d'adopter une réforme de la régulation financière, qui plus est en demie teinte. L'Europe n'en est même pas encore là. L'occasion de se rafraîchir la mémoire sur les trois grandes crises économiques qui ont sévi depuis l'été 2007.

Qu'est-ce que la crise des subprimes ?
Grâce aux taux très bas pratiqués par la Fed, les ménages américains ont abusé des crédits pendant toute la décennie 2000, pour acheter leurs logements. Des crédits hypothécaires, c'est à dire garantis par la valeur du bien, dans un marché qui ne cesse de grimper, doivent permettre à tous d'accéder à la propriété. Y compris les plus défavorisés, les plus à risques, les clients dit "subprime", pour qui les prêteurs concoctent des formules de prêts apparemment très attractives... mais in fine plus coûteuses. Toutes reposent sur des taux variables : si les taux de la Fed baissent, les remboursements coûtent moins cher. Mais si les taux de la Fed augmentent, c'est le contraire. Et c'est là que les choses se compliquent.

Le détonateur : le retournement du marché immobilier américain
Tant que les prix de l'immobilier progressaient, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette hausse servait même à garantir des prêt à la consommation. Mais, dès le printemps 2007, la hausse des taux de la Fed provoque un retournement du marché immobilier. Dès lors, c'est le cercle infernal. Lorsque l'emprunteur ne peut plus rembourser, sa défaillance ne peut plus être compensée par la vente du bien hypothéqué, puisque la valeur de ce dernier baisse. Résultat, les ménages américains sont de plus en plus nombreux à être incapables de rembourser leurs prêts.

Le diffuseur : la titrisation
En soi, cela ne représentait pas des sommes pharamineuses. Malgré tout, seule une petite partie des ménages américains étaient dans une situation délicate. Mais pendant toute cette période, un système financier ultra-complexe s'était mis en place. C'est ce qu'on a appelé la titrisation. Pendant des années, les banques et les hedge funds se sont amusées à découper les crédits immobiliers en tranches et à les incorporer à d'autres produits financiers complexes, dotés d'une rentabilité supposée imbattable. Ces produits ont été vendus un peu partout et se sont largement diffusés sur la planète finances, mais quand leurs détenteurs se sont aperçus qu'ils étaient pourris, cela a entraîné un mouvement de panique. Tout le monde a voulu vendre, mais il n'y avait pas d'acheteur. Résultat, une perte de confiance, un assèchement brutal de la liquidité et le gel du marché interbancaire, poussé au paroxysme dans les semaines qui suivent la chute de Lehman Brothers.

Le maillon faible : le système bancaire
La crise des subprimes a révélé la faiblesse du système bancaire. En effet, ces opérations de titrisation ont été réalisées dans la plus parfaite opacité, sans que personne ne sache à quel niveau il était exposé ou non au risque subprime. Aujourd'hui encore, certaines banques continuent de déprécier des dizaines de millions d'euros sur ces actifs pourris.

Qu'est-ce que la crise grecque ?
Les difficultés de la Grèce ne datent pas de la crise des subprimes. Le pays a creusé ses déficits pendant des années. Tout allait bien tant que la croissance était élevée et permettait de les financer. Mais avec la crise économique qui a commencé en 2008, tout s'est retourné. La Grèce présentait par ailleurs d'autres faiblesses, parmi lesquelles un fort taux de fraude fiscale et une importante économie souterraine.

Le détonateur : les mensonges sur le déficit
En octobre 2009, le nouveau Premier ministre, Georges Papandréou, révèle que le gouvernement précédent a caché la gravité de la situation des finances publiques. La dette du pays est à 115% du PIB, et le déficit supérieur à 10%. La surprise est importante pour les marchés qui considéraient jusqu'alors la dette publique grecque comme particulièrement sûre. Pour preuve jusqu'en 2007, la Grèce se finançait aux même taux que l'Allemagne. Ça change très vite... Les agences baissent la notation de la dette publique grecque, c'est à dire qu'ils estiment que la Grèce est de moins en moins capable de rembourser. En quelques semaines, un véritable vent de panique s'installe sur les marchés. "Cette crainte s'est diffusée d'autant plus vite que les marchés se sont souvenus qu'un Etat pouvait bel et bien faire faillite", explique Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE.

Le diffuseur: les CD
Depuis la faillite de Lehman Brothers en effet, plus rien aux yeux des investisseurs ne semble impossible. Certains, à l'image de quelques hedge funds ou grandes banques américaines, ont donc décidé de profiter de la situation en spéculant sur l'hypothèse d'un défaut de la dette grecque. Pour ce faire, ils ont acheté des CDS sur la Grèce, ces fameux contrats qui permettent de se protéger d'un éventuel défaut de paiement. La hausse de la demande sur les CDS a fait progresser leur prix, et cette hausse des prix a été interprétée comme une indication objective du risque de défaut de la grèce. Résultat, pour prêter à la Grèce, les marchés se sont mis à exiger des taux d'intérêt de plus en plus élevés, supérieurs à 10%. Intenable.
La crise de la dette grecque n'a a priori pas de lien avec celle des subprime. "Avec des déficits de cette ampleur, la Grèce comme d'autres pays européens couraient de toutes façons au désastre", analyse Henry Sterdyniak. Il n'empêche, la crise des subprime a eu un effet d'accélérateur. Les Etats ont été contraints de multiplier les plans de sauvetage et les mesures de relance pour ne pas laisser s'effondrer une économie meurtrie par les subprimes. Pour cela, ils ont été contraints d'emprunter pour prendre directement à leur charge les dettes du secteur bancaire. Et la dette privée s'est muée en dette publique, au moment même où la croissance était en berne. Résultat, leurs déficits ont progressé. Celui de la Grèce, le plus mauvais élève, a plus que doublé en deux ans, avec un énorme impact sur la dette.

Le maillon faible : le système bancaire, encore
Comme les subprime, la crise grecque n'aurait pas dû être un drame à l'échelle mondiale. "L'économie de la Grèce correspond à celle de quatre ou cinq départements français à peine", rappelle ainsi l'économiste Jean-Hervé Lorenzi. En réalité, c'est encore l'instabilité du système financier qui a permis à cette crise de se propager. "Dans la crise grecque en effet, personne n'a été capable de mesurer l'ampleur réelle de la situation. Personne n'a su arrêter la spirale, et les pouvoirs publics n'ont pas su réagir à une situation plus psychologique que réelle. Pire, les outils de clairvoyance du système, comme les agences de notation, ont ajouté à la panique. Et il a fallu très rapidement venir au secours du système financier". De fait, s'il était impossible de laisser la Grèce faire faillite, c'est par crainte d'un effet domino sur d'autres Etats. Or si les banques européennes pouvaient sans doute se relever de la faillite de la Grèce, on entrait dans l'inconnu en cas de défaut de paiement de l'Espagne ou du Portugal, par exemple. Une fois encore, il a donc fallu sauver les banques... celles-là mêmes qui ont activement participé à l'explosion de la crise.

Qu'est-ce que la crise de l'euro ?
La crise de l'euro est en germe depuis longtemps. Les Etats de la zone euro ont en effet accepté d'abandonner la souveraineté monétaire, et donc la possibilité de dévaluer, mais pas de perdre la main sur l'autre instrument du policy mix, la politique budgétaire. Il y a autant de politiques budgétaires que de pays membres. Elles sont censées être coordonnées par le pacte de stabilité, mais beaucoup de pays ne l'ont pas respecté, sans se faire sanctionner. Ils sont donc nombreux à se retrouver dans une situation délicate, où ils n'ont plus aucune marge de manoeuvre pour relancer leur croissance.

Le détonateur : la crainte de la contagion
C'est le cas de la Grèce évidemment, mais aussi de l'Espagne et du Portugal. Les agences de notation ont abaissé les notes de ces Etats, obligeant ces derniers à mettre en oeuvre des plans de rigueur pour redresser leurs finances publiques. Une austérité qui s'est propagée dans toute l'Europe, même parmi les pays les plus sûr comme l'Allemagne ou la France. Avec à la clé le risque d'un impact négatif sur la croissance, et la peur d'un long hiver économique au bout duquel la zone euro éclaterait forcément. Dans ce scénario en effet, évoqué par certains économistes comme Joseph Stiglitz ou encore Nouriel Roubini, certains pays seraient tentés de sortir de l'euro pour pouvoir dévaluer, et rendre leurs exportations plus compétitives afin de relancer leur croissance. Un pari risqué, qui a pesé sur la valeur de l'euro, en chute libre, ce qui témoigne d'un manque de confiance.

Les diffuseurs : les CDS
Comme lors de la crise grecque, ce sont les CDS sur les pays les plus fragiles de la zone euro qui ont largement contribué à déstabiliser la monnaie unique. Selon une anecdote qui a fait le tour de la presse financière internationale, le 8 février, les plus gros "hedge funds" américains se seraient réunis à New York, pour un dîner dans un hôtel de Manhattan, à l'invitation d'un courtier. Pendant ce repas festif, ils auraient décidé de se liguer pour faire chuter l'euro et le ramener au niveau du dollar.

Quels sont les liens avec la crise grecque ?
C'est la peur de contagion de la crise grecque à l'ensemble de la zone qui a fini par semer le doute sur la pérennité de l'euro. L'annonce du plan de sauvetage de la Grèce n'a pas calmé les marché et la peur d'un retour du risque systémique a pointé le bout de son nez. "Tous les signes étaient réunis, expliquait récemment l'économiste Michel Aglietta à L'Expansion : la hausse des taux obligataires, la chute des indices boursiers et les difficultés de financement sur le marché interbancaire". Il a fallu que les Etats s'engagent à venir en aide aux autres pays susceptibles de tomber. Ils ont concocté un giga plan de secours pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros, basé sur un surcroît d'endettement des pays les plus sains pour secourir les plus atteints.

Le maillon faible : les institutions de l'Europe
Pour de nombreux économistes, la crise de l'euro est arrivée parce que l'incohérence des institutions a éclaté au grand jour. "Le principal enseignement de la crise grecque, c'est que la zone euro est une construction artificielle et périssable, estime Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS. Les Européens le savaient déjà, mais désormais le monde entier en est conscient". Pour que la zone euro survive, les pays qui la composent doivent désormais s'atteler à une construction institutionnelle qui permette de mieux coordonner la politique économique et de se mettre ainsi à l'abri des mouvements erratiques des marchés. Un nouveau pas dans l'intégration, qui ne va pas de soi.
Source: www.lexpansion.com