jeudi 1 juillet 2010

Turquie-Israël: La rencontre secrète

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, et le ministre israélien du Commerce, Benjamin Ben Eliezer, se sont rencontrés en secret à Bruxelles. Les deux pays tentent de surmonter la crise provoquée par l’offensive israélienne « Plomb durci » début 2009 et aggravée le 31 mai dernier par l'abordage sanglant du bateau turc en route pour Gaza que l'armée israélienne avait arraisonné pour l’empêcher de braver son blocus du territoire palestinien contrôlé par le Hamas islamiste.
En confirmant cette rencontre, la Turquie et Israël renouent de fait le fil diplomatique, même si le tête-à-tête de Bruxelles n’a pas été le fait de deux diplomates, puisque c’est le ministre israélien du Commerce, Benjamin Ben Eliezer qui s’est entretenu avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Cela a d’ailleurs soulevé l’ire du chef de la diplomatie israélienne en titre, Avigdor Lieberman, dénonçant la main de Washington en lançant qu’il avait « découvert que le ministre de la Défense et d’autres responsables de haut rang étaient derrière tout ça et que toute l’affaire avait été orchestrée avec les Etats-Unis ».

L’ultranationaliste Lieberman tenu à l’écart
Visiblement, la rencontre n’était pas fortuite mais très fortement souhaitée par les deux parties. En témoigne notamment la mise à l’écart de l’ultranationaliste Lieberman au profit du travailliste Ben Eliezer. Le ministre du Commerce israélien avait pour sa part publiquement déploré la détérioration des relations d’Israël avec la Turquie. Il s’est même prononcé en faveur d’une enquête internationale – sujet tabou s’il en est pour l’armée israélienne – sur les événements du 31 mai. Bref, un terrain d’entente existait déjà entre les deux hommes. Restait pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à donner son blanc-seing.
Davutoglu et Ben Eliezer ont donc été délibérément choisis et même s’il était officiellement convenu qu’ils réserveraient à leur chef de gouvernement respectif la primeur du contenu de leur rencontre, la révélation urbi et orbi de ce premier petit pas à constitué en soi une seconde avancée, la preuve aussi de son succès, Benjamin Ben Eliezer se devant bien sûr de prendre acte des doléances turques. Ankara attend toujours en effet des excuses formelles de la part d'Israël, mais aussi un dédommagement pour les familles des victimes turques dont les détails de l'autopsie indiquent que 7 sur 9 ont été mitraillées à la tête.

Réexaminer la marge diplomatique régionale
Ankara demande aussi la libération des trois navires battant pavillon turc qui ont été arraisonnés pendant l'opération israélienne. Mais du point de vue turc, l'enjeu principal reste le blocus de Gaza, et c'est sur ce terrain miné de la paix régionale que la victoire diplomatique turque serait complète. C’est la question du blocus qu’a du reste reposé la flottille humanitaire internationale en tentant de forcer l’embargo israélien en mai dernier et en payant le prix du sang. Depuis, Israël a dû revoir ses interdits à l’encontre de Gaza au regard du regain d’indignation internationale soulevé par son action militaire au large de Gaza.
En attendant que Turquie et Israël reprennent leurs relations à la hauteur de leurs accords militaires de 1996, ces deux alliés de Washington vont sans nul doute réexaminer la marge diplomatique dans laquelle ils souhaitent s’inscrire. Pour la Turquie, c’est très important. Sur les autres dossiers régionaux aussi cruciaux que le nucléaire iranien, l’Irak ou la Syrie, Ankara considère la paix et la stabilité régionale comme des conditions tout aussi existentielles de sa propre prospérité. A chaque fois que l’occasion s’est présentée, la Turquie a en outre rappelé sa stature de puissance régionale ainsi qu’une certaine bonne volonté de médiateur. Malgré les 9 morts turcs du 31 mai.
Source: www.rfi.fr

Etats Unis: La réforme de Wall Street approuvée par la Chambre des Représentants

La Chambre des représentants a approuvé mercredi la version finale de la plus vaste réforme du système de régulation financière aux Etats-Unis depuis les années 1930, laissant au Sénat le soin de boucler ensuite le processus.
Le président Barack Obama avait réaffirmé mercredi lors d'un discours à Racine (Wisconsin, nord) que le projet de loi allait "empêcher une crise" telle que celle de 2007-2009. "Le vote d'aujourd'hui est une victoire pour tous les Américains qui ont été touchés par l'imprudence et l'irresponsabilité ayant conduit à la perte de millions d'emplois", s'est félicité M. Obama dans un communiqué publié après le vote.
"La fête est finie" pour Wall Street, avait commenté la présidente de la Chambre Nancy Pelosi avant l'adoption du texte par 237 voix contre 192.
Le projet de loi d'environ 2.000 pages prévoit la création d'un organisme de protection du consommateur financier au sein de la banque centrale (Fed) et il empêche le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.

Le Sénat votera en juillet
Le Sénat, qui doit encore approuver le texte final avant que celui-ci ne puisse être envoyé à la Maison Blanche pour promulgation, votera après les congés parlementaires, soit dans la semaine du 12 juillet. "Avec (le vote) du Sénat, nous pourrons nous consacrer à mettre en place ces protections", a déclaré le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner après l'adoption du projet de loi par la Chambre.
Ce vote intervient au lendemain d'un ultime compromis au Congrès. Mardi soir, des élus réunis au sein d'une "conférence" bicamérale ont voté le retrait d'un projet de prélèvement auprès des banques -- pour financer la réforme -- d'un fonds de 19 milliards de dollars, afin d'obtenir les voix de républicains modérés. En effet, côté Sénat, les démocrates n'étaient pas en mesure avant ces modifications de réunir les 60 voix sur 100 nécessaires à l'adoption du projet, après le décès lundi du sénateur Robert Byrd à 92 ans.
Parmi les mesures phare du texte, figure une disposition pour un meilleur contrôle de l'immense marché des produits dérivés échangés de gré à gré, dont la valeur nominale est estimée à environ 600.000 milliards de dollars. Ces outils spéculatifs ont été au coeur de la dernière crise financière aux Etats-Unis.
Par ailleurs, le texte contient une mesure surnommée la "règle de Volcker", du nom du conseiller économique de M. Obama, Paul Volcker, dont l'idée est de détourner les banques commerciales de la "tentation" de prendre des risques pour qu'elles se concentrent sur leurs activités de prêt. Mais les banques commerciales pourront continuer à commercialiser certains produits d'investissement.

Le coût du projet de loi est estimé à 22 milliards de dollars.
Tout au long du débat qui a duré plusieurs mois, l'opposition républicaine a souvent critiqué le texte. Certains points de la réforme vont "empêcher les petites et les grandes entreprises de créer des emplois", selon le responsable républicain de la commission Financière de la Chambre, Spencer Bachus.
Le chef de la minorité républicaine John Boehner a été épinglé cette semaine par les démocrates pour avoir déclaré que la réforme revenait à "tuer une fourmi avec une arme nucléaire". "Les huit millions d'Américains qui ont perdu leurs emplois, je pense que c'était une fourmi géante qui les a écrasés", a rétorqué mercredi le chef de la majorité démocrate à la Chambre, Steny Hoyer.
La Chambre avait adopté sa propre version du projet de loi en décembre et le Sénat en mai. Le vote de mercredi sur le texte final commun aux deux chambres est le fruit de longues heures de négociations entre les élus du Congrès.
Source: www.lexpansion.com

mercredi 30 juin 2010

Des PC portables Sony victimes de surchauffe

Le géant de l'électronique japonais Sony a demandé mercredi aux possesseurs de certains de ses ordinateurs portables "Vaio" de télécharger un programme pour corriger un problème de surchauffe, concernant environ 535.000 PC dans le monde.
Selon les informations divulguées par Sony, le système logiciel qui gère la régulation de la température est défectueux et peut provoquer une surchauffe de l'appareil, au point de le déformer. Ce vice peut être corrigé par la mise à jour d'un programme interne (BIOS) que les utilisateurs devront télécharger. Les clients peu à l'aise avec l'informatique pourront aussi faire effectuer cette manipulation chez les revendeurs Sony, a précisé le groupe.
Quelque 535.000 PC de type "Vaio séries F et C" sont concernés dans le monde, dont 52.000 au Japon, selon Sony. Le groupe reconnaît avoir été informé de 39 cas de surchauffe anormale et déformation à l'étranger. En revanche, aucun utilisateur n'a été blessé.
Source: www.lexpansion.com

Etats Unis: Le Congrès renonce au projet de taxe bancaire

Les élus du Congrès américain chargés de négocier la réforme de Wall Street ont supprimé mardi un projet de prélèvement bancaire de 19 milliards de dollars, dans l'espoir de réunir un consensus autour de la réforme de la régulation financière. Les élus des deux chambres réunis au sein d'une "conférence" ont voté mardi soir après une ultime séance de négociation en faveur du retrait de la proposition.
Côté Sénat, la majorité démocrate ne semblait pas en mesure mardi, avant ces modifications, de réunir les 60 voix sur 100 nécessaires à l'adoption du projet de loi, le décès lundi du sénateur Robert Byrd leur ayant fait perdre une voix. Au moins un sénateur démocrate, Russ Feingold, a déclaré qu'il ne voterait pas pour le texte.
Le républicain Brown avait écrit mardi au sénateur Chris Dodd et au représentant Barney Frank, les deux principaux auteurs du texte, pour exprimer sa "forte opposition" au fonds de 19 milliards. "Si la version finale de ce projet de loi contient ces taxes élevées, je ne le soutiendrai pas", avait-il prévenu dans la lettre.
Pour remplacer ce fonds de 19 milliards qui devait financer le projet de loi -- la plus vaste réforme du système financier américain depuis la crise des années 1930 -- les élus ont prévu de mettre fin au plan de relance du secteur financier approuvé en 2008 par le Congrès (TARP). Aucun nouveau financement à partir des fonds du TARP ne sera autorisé. Cette mesure libérerait un fonds de 11 milliards de dollars.
En outre, ils ont décidé d'augmenter le montant que les grandes banques doivent payer à l'agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires, la FDIC, pour assurer leurs dépôts.
Les membres de la chambre ont approuvé les changements par 20 voix contre 11 et ceux du Sénat par 7 voix contre 5.
Les deux chambres doivent maintenant adopter séparément le texte définitif. La Chambre devrait se prononcer en premier. Le nouveau compromis pourrait permettre au texte d'être adopté avant les vacances parlementaires du 4 juillet (semaine commençant le 5 juillet), conformément aux souhaits du président Barack Obama.
www.lexpansion.com

Les banques de la zone euro devront rembourser 442 milliards d'euros à la BCE

442 milliards d'euros... C'est la somme que 1121 banques du Vieux Continent devront rembourser jeudi à la BCE. Objectif, sortir de la facilité de financement exceptionnelle à 1% que l'institution francfortoise leur a accordée un an plus tôt. L'échéance est connue depuis longtemps et pourtant, à l'avant-veille de la date fatidique, la tension montait sur l'ensemble des place européennes. Mardi, toutes les valeurs bancaires ont plongé en Bourse. Les espagnoles bien sûr, qui peinent de plus en plus à se financer sur le marché interbancaire, ont chuté de l'ordre de 4%. Quant au taux Euribor à 3 mois, considéré comme le principal baromètre du marché interbancaire en euro, il est remonté 0,761% contre 0,754 la veille, à un plus haut depuis 9 mois et demi.
Depuis des semaines, les banques et les autorités monétaires se préparent à absorber ce choc de liquidités. Les établissements financiers ont multiplié les dépôts auprès de la BCE et disposeraient de quelque 380 milliards d'excédent de liquidité. De quoi en principe assurer leurs arrières. Alors comment expliquer cette panique? Quels sont les risques associés à la fin de cette opération de refinancement ? Ils sont de plusieurs ordres mais doivent être relativisés. La fin de ce dispositif ne signifie que les banques ne pourront plus se financer auprès de la BCE. En réalité, elles pourront tout autant le faire mais sur un laps de temps plus court, c'est à dire qu'au lieu de devoir rembourser sur un an, comme le prévoyait le dispositif du 1er juillet 2009, elles devront rembourser leurs emprunts au bout de 3 mois seulement. En décembre dernier la BCE a en effet rappelé qu'elle continuerait à fournir massivement de la liquidité, au moins jusqu'à l'été 2010. Mercredi et jeudi, elle a prévu d'ouvrir deux guichets de refinancement, l'un à 6 jours pour adoucir l'arrivée à l'échéance de son prêt géant, l'autre à 3 mois pour permettre aux banques de rembourser leur dette et de conserver de la liquidité.
"En soi, la fin de ce plan de refinancement n'a rien de très inquiétant. Cela signifie surtout que les banques devront revenir devant la BCE plus souvent", explique Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Capital Market. C'est surtout à terme que ces opérations plus courtes de refinancement pourraient peser sur l'économie. "Avec ces nouvelles conditions de refinancement, la gestion de l'actif-passif sera encore moins confortable", explique Benoit de Broissia, analyste chez KBL Richelieu. Avec des ressources plus courtes les banques pourraient être obligées de revoir à la baisse leurs octrois de crédits, ce qui aurait un impact direct sur la croissance. Par ailleurs, une fois passée la date butoir du 1 er juillet, le surplus de liquidités dans le système financier devrait se résorber. Cette normalisation progressive conduirait alors à une hausse des taux interbancaires, qui n'irait pas pour plaire aux banques et à leurs résultats.

Que peut faire la BCE ?
Que peut faire la BCE face à cette inquiétude généralisée ? L'Espagne, qui accumule les doutes sur la solidité de son système bancaire, la presse de réagir. La ministre de l'économie ibérique, Mme Sadalgo, a ainsi lancé un appel du pied à l'institution européenne, espérant que jeudi "la BCE sera consciente des nécessités de notre système financier". Les banques espagnoles auraient même demandé à la BCE, selon le Financial Times, de reconduire son opération de refinancement à un an. Mais cette dernière l'a exclu a plusieurs reprises. Pour la BCE, la priorité est en effet de sortir progressivement de ces mesures exceptionnelles. "La BCE souhaite rendre les banques plus vertueuses. La liquidité sur le long terme a un coût, la banque centrale, qui intervient en dernier ressort, veut maintenant réapprendre aux banques à solliciter en premier les marchés plutôt qu'à se tourner vers elle systématiquement", explique Benoit de Broissia.
Bonne nouvelle ce mercredi, la BCE n'a prêté "que" 131,9 milliards d'euros aux banques, un montant historique pour une opération à 3 mois, mais nettement inférieur aux 210 milliards d'euros attendus en moyenne par les analystes. Preuve que le marché interbancaire est un peu moins grippé que prévu. "Les banques ont pu emprunter autant qu'elle voulaient, il n'y aura donc pas de choc de liquidités" jeudi, a déclarait Rainer Sartoris, économiste chez HSBC Trinkaus. A la suite de cette annonce, les Bourses ont rebondi et l'euro a repris un peu de ses couleurs.
Mais le doute n'est pas complètement dissipé, loin de là...La question de la stabilité de certaines banques de la zone euro continue de perturber les marchés. "La demande pour l'opération (de mercredi) indique quelles banques ont un réel problème de liquidités et un accès difficile au marché. Les investisseurs vont spéculer sur le fait que la plus grande partie viennent d'Espagne et du Portugal", juge Luca Cazzulani, d'Unicredit. Ces dernières ne sont certainement pas sorties d'affaire...
Source: www.lexpansion.com

dimanche 27 juin 2010

La Tunisie poursuit sa guerre contre la liberté d'expression par l'adoption d'une nouvelle loi

Le gouvernement tunisien intensifie ses attaques contre les voix dissidentes au moyen d’un projet de loi qui servira à réduire au silence les journalistes critiques. Le Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’Échange international de la liberté d’expression (IFEX-TMG), une coalition de 20 groupes membres de l’IFEX, condamne l’adoption par la Chambre des députés de Tunisie, le 15 juin, d’une loi conçue pour éliminer l’agitation politique et sociale. Un certain nombre d’autres membres de l’IFEX ont également protesté contre cette nouvelle loi.
La nouvelle loi modifie l’Article 61a du code pénal, qui prévoit actuellement des peines de cinq à douze ans de prison contre quiconque entre en contact avec des « agents d’une puissance étrangère dans le but de miner la situation militaire ou diplomatique de la Tunisie ». L’amendement dispose que tout citoyen tunisien qui établit des « contacts avec des agents d’une puissance étrangère ou avec une organisation étrangère » afin de nuire aux « intérêts vitaux de la Tunisie » et à sa « sécurité économique » sera puni, selon ce qu’a rapporté mardi l’agence officielle de nouvelles TAP. Le libellé ambigu de la loi identifie le lobbying à du partage de renseignement avec l’ennemi.
Cette loi répressive semble avoir été rédigé en réaction aux appels lancés à l’Union européenne (UE) par les défenseurs tunisiens des droits de la personne pour qu’on rattache la promotion de la Tunisie au « statut avancé » auprès de l’UE à l’amélioration de son bilan désastreux au chapitre des droits de la personne, dit le TMG. Le projet de loi a été approuvé en vitesse par le parlement au moment où le gouvernement visait les bruyants défenseurs des droits de la personne, qui venaient de rencontrer des responsables de l’Union européenne, en leur opposant une campagne de dénigrement dans les médias contrôlés par l’État.
D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la modification est inconstitutionnelle, parce qu’elle viole la liberté d’expression telle qu’elle est garantie par la constitution tunisienne.
Dans une déclaration commune, les membres du TMG de l’IFEX ont indiqué que toute restriction apportée à la liberté d’expression ne doit pas être formulée de manière vague et devrait être proportionnée au but légitime qui est visé, soit la protection de la sécurité nationale.
« Le pouvoir législatif est un outil qui sert les intérêts du Président et réduit au silence ses critiques », a dit l’ancien juge Mokhtar Yahyaoui au TMG. Yahyaoui est constamment harcelé depuis qu’il a fait parvenir en 2001 une lettre au Président Ben Ali pour le prier de protéger l’indépendance de la magistrature.
Dans une autre action conjointe, Reporters sans frontières (RSF) et Human Rights Watch se sont joints à d’autres groupes de défense des droits pour protester contre le recours à la loi qui vise à « criminaliser la défense des droits de la personne ».
Source: communiqué de l'IFEX

L'étude du CPJ de l'année 2010 sur les journalistes en exil

Au moins 85 journalistes ont fui leur domicile au cours de la dernière année à cause des attentats, des menaces et d’une possible incarcération, les taux des départs pour l’exil étant particulièrement élevés en Iran, en Somalie et en Éthiopie, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son étude annuelle, rendue publique le 20 juin, pour marquer la Journée mondiale des réfugiés. Depuis 2001, plus de 500 journalistes ont fui leurs foyers, et 454 d’entre eux vivent en exil à l’heure actuelle. Mais la vie en exil est précaire et n’est que le commencement d’une nouvelle série de combats.
En Éthiopie, les forces de sécurité du gouvernement, déterminées à réduire au silence les critiques avant les élections de mai 2010, se sont livrées à des manoeuvres d’intimidation contre les journalistes au journal « Addis Neger », et les ont menacés de porter contre eux des accusations criminelles. Le journal a fermé ses portes et ses journalistes ont quitté le pays. « Ce n’est pas un incident isolé qui m’a poussé à quitter l’Éthiopie - ce sont de nombreux incidents étalés sur plusieurs mois », dit son rédacteur en chef Mesfin Negash. « Nous avions espéré que le harcèlement et l’intimidation cesseraient, mais cela n’a jamais été le cas parce que le gouvernement pensait que si nous restions en Éthiopie nous pourrions influencer le résultat des élections. »
Le taux des départs pour l’exil des journalistes africains a triplé au cours des douze derniers mois. Au moins 42 journalistes africains, la plupart originaires de Somalie et d’Éthiopie, ont quitté leur pays. La plupart ont cherché refuge au Kenya et en Ouganda. Les journalistes aboutissent dans une situation de vide juridique; ils sont incapables de travailler et sont victimes de violence ethnique et de harcèlement policier. Ils vivent un stress constant et sont toujours inquiets pour leur famille restée au pays.
En Iran, au moins 29 rédacteurs, reporters et photographes ont pris le chemin de l’exil au cours des douze derniers mois, le nombre annuel le plus élevé en une décennie pour un seul pays. Les journalistes sont partis en exil après avoir été harcelés et interrogés par les autorités à cause de la couverture des troubles qui ont suivi l’élection présidentielle contestée de 2009. « Mes photos ont été considérées comme une critique politique des dirigeants religieux en Iran », dit le photographe Mohammad Kheirkhan, qui vit actuellement aux États-Unis. « La punition de ceux qui critiquent les dirigeants religieux, c’est la prison, la torture, et même l’exécution. »
La moitié des journalistes iraniens se sont enfuis en Turquie. Plusieurs de ces journalistes ont déclaré au CPJ avoir été contactés par des individus dont ils croient qu’ils travaillent pour le régime iranien, qui les ont mis en garde que leurs collègues et leurs proches au pays seront punis s’ils discutent en public de politique iranienne.
Moins du tiers des journalistes en exil peuvent poursuivre leurs activités professionnelles. À l’échelle mondiale, les journalistes en exil doivent affronter des obstacles bureaucratiques et surmonter la barrière des langues et des cultures tandis qu’ils établissent leur nouveau statut juridique et refont leur vie. Un grand nombre de journalistes accomplis sont contraints d’accepter des emplois mal payés, par exemple comme concierges.
Source: communiqué de l'IFEX