lundi 24 mai 2010

Nouveaux membres élus au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies: Les cinq transgresseurs des droits de la personne

Quatorze nouveaux membres du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies ont été élus le 13 mai par l’Assemblée générale, dont cinq pays qui présentent un piètre bilan au chapitre des droits de la personne - l’Angola, la Libye, la Malaisie, la Thaïlande et l’Ouganda. Une coalition d’ONG, composée de groupes parmi lesquels se trouvent Human Rights Watch et l’Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), ont lancé un appel à ces cinq pays pour qu’ils prennent des mesures démontrables afin d’améliorer leurs pratiques en matière de droits de la personne, notamment en répondant à toutes les demandes de visites par des experts des droits de la personne désignés par le Conseil, et qui attendent d’être exaucées. De plus, des groupes de défense des droits ont demandé la révision du processus électoral.
Les membres des cinq régions géographiques des Nations Unies ayant commencé à présenter le même nombre de candidats au Conseil qu’il y a de sièges attribués à chaque région, il n’y a plus de vote compétitif pour ces sièges, a commenté l’ONG Coalition pour un Conseil des Droits de l’homme efficace. Le Conseil compte 47 sièges, et les nouveaux membres occuperont leur siège le 19 juin 2010.

« Les élections au Conseil sont devenues un processus mijoté à l’avance qui dépouille de toute signification les normes d’appartenance au Conseil, normes établies par l’Assemblée générale », dit Human Rights Watch. « Les États qui sont sérieux à propos du rôle que peut jouer le Conseil pour promouvoir les droits de la personne devraient exercer des pressions pour avoir des États concurrents dans toutes les régions, et devraient être disposés à livrer concurrence pour obtenir un siège pour eux-mêmes. » Les ONG ont eu de l’influence dans le passé, lorsque le processus électoral était compétitif.
Le Groupe asiatique avait le potentiel de tenir une élection compétitive, jusqu’à ce que l’Iran retire sa candidature en avril. « Le retrait de l’Iran a montré que les pressions internationales peuvent améliorer les effectifs au Conseil », dit le CIHRS.
Dans une lettre séparée, Human Rights Watch invite le premier ministre de la Malaisie, Najib Razak, « à révoquer la Loi sur la sécurité intérieure et d’autres lois sur la détention préventive, dont la Malaisie abuse depuis longtemps... (et) à modifier ou à révoquer les lois qui violent les droits à la liberté d’expression, d’assemblée et d’association ».
Reporters sans frontières (RSF) a choisi de cibler la Libye, faisant remarquer que « c’est un pays qui est loin d’être un modèle de respect des droits de la personne ». RSF fait observer que « l’organisme qui a précédé le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies, la Commission des droits de l’homme, a vu sa crédibilité prendre un très dur coup lorsque la Libye a été élue pour présider ses travaux en janvier 2003 ». La Libye réprime les médias, vise les sites web de nouvelles et les journaux indépendants, ainsi que YouTube, depuis qu’ont été affichées des vidéos des manifestations.
Selon RSF, « un grand nombre de dirigeants politiques et d’ONG pensent qu’en incorporant au Conseil des Droits de l’homme les pays moins démocratiques, la situation dans ces pays se relèvera graduellement. Les exemples de la Chine et de Cuba, qui sont membres du Conseil depuis des années, montrent que ce n’est pas le cas. »
Source: communiqué de l'IFEX

lundi 17 mai 2010

L'Autriche veut faire cavalier seul au sein de l'Union Européenne:Elle souhaite taxer les transactions financières

Le Chancelier autrichien Werner Faymann a réitéré lundi sa volonté de taxer les transactions financières, même en l'absence de coordination européenne sur le sujet, et a reçu le soutien inattendu du chef des patrons autrichiens, Wolfgang Leitl.
"Si nous sommes contraints d'agir au niveau national, nous le ferons", a insisté le Chancelier social-démocrate lors d'une réunion de son parti SPÖ, se félicitant de la prise de position de M. Leitl.
Par contre, le parti conservateur ÖVP, partenaire au sein de la coalition gauche-droite au pouvoir à Vienne, se montre toujours réservé sur l'introduction d'un telle contribution, débattue fréquemment, et privilégie une solution européenne.
L'opérateur de la Bourse de Vienne a fait également connaître ses réticences, dans un communiqué, affirmant craindre de perdre les deux-tiers de son activité si l'Autriche faisait cavalier seul sur cette affaire.
Une porte-parole de l'ONG Attac, qui prône l'imposition d'une telle taxe sur les transactions financières, a estimé à 270 milliards d'euros les recettes potentielles en Europe et à 13,5 milliards en Autriche, dans une émission à la télévision autrichienne ORF.
Source; wwww.lexpansion.com

L'Euro de plus en plus bas

L'euro a atteint lundi le cours de 1,2234 dollar vers 02H30 GMT à Tokyo, soit son niveau le plus bas depuis avril 2006. Elle remontait légèrement vers 06H30, autour de 1,2300 dollar, mais restait nettement sous son niveau de vendredi soir, où elle valait encore 1,2365 dollar. L'euro décrochait aussi face à la devise japonaise, à 113,34 yens contre 114,32 yens vendredi.
Les Bourses asiatiques chutaient dans la foulée. La principale d'entre elles, Tokyo, a perdu 2,17% à la clôture, alors que Sydney a terminé en baisse de 3,08%. La Bourse de Shanghai a terminé la séance de lundi sur une perte de 5,07%, pour atteindre son plancher depuis plus d'un an.
L'inquiétude des investisseurs pour la dette des pays européens se double en effet désormais de craintes sur la reprise économique du Vieux continent. Car le megaplan de 750 milliards d'euros présenté la semaine dernière par l'Union européenne et le Fonds monétaire international doit s'accompagner de cures d'austérité partout en Europe.
Selon Hideaki Inoue, responsable des changes à Mitsubishi UFJ Trust and Banking, les acteurs du marché se demandent "si l'austérité budgétaire est réellement la meilleure chose à faire, vu l'effet négatif que cela entraînera pour l'économie". "Les investisseurs s'inquiètent pour l'économie réelle de certains pays européens", a-t-il dit. Ce qui se répercutera forcément sur la demande adressée aux pays asiatiques.

Les Bourses européennes ouvrent en baisse
La Bourse de Paris a ouvert lundi en baisse de 0,94% à 3.526,87 points, dans le sillage du repli des Bourses asiatiques. A la Bourse de Londres, l'indice Footsie-100 des principales valeurs cédait 27 points dans les premiers échanges. L'indice Dax de la Bourse de Francfort a ouvert lundi en baisse de 0,44%.
La monnaie européenne n'a pas été aidée ce week-end par les déclarations d'un conseiller économique du président américain Barack Obama, Paul Volcker, qui avait évoqué l'éventualité d'une "désintégration" de la zone euro. Et des informations, pourtant officiellement démenties, selon lesquelles le président français Nicolas Sarkozy aurait menacé de faire sortir la France de la zone euro pour forcer la chancelière allemande Angela Merkel à accepter le plan de sauvetage de la Grèce ont ajouté à l'impression de pagaille.
Pour le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, les marchés se trouvent depuis septembre 2008 dans "la situation la plus difficile depuis la Deuxième guerre mondiale". Enfin, dimanche, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a déploré le retard de l'UE à réagir à la crise grecque: "Si le problème avait été géré en février, le coût aurait été moins important", a-t-il confié à un journal grec.
Plusieurs responsables européens tentaient de rassurer malgré tout, dans des interviews parues lundi matin. La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a affirmé que l'euro n'était "pas en danger", soulignant que les seize pays membres de la zone voulaient "défendre leur monnaie". Le niveau de l'euro est "tout à fait acceptable" mais la rapidité de sa baisse est "grave", a estimé lundi le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) Jean-Pierre Jouyet.
Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) se réunissent lundi à 15H00 GMT pour trouver une nouvelle parade à la dégringolade de l'euro. Cette réunion mensuelle ordinaire sera suivie mardi de la réunion régulière des ministres des Finances de toute l'UE.
Source: www.lexpansion.com

La vente en ligne du Nexus One de Google a fait un flop

Le groupe internet Google a annoncé vendredi qu'il renonçait à vendre en ligne son téléphone Nexus One, signalant l'échec de sa tentative de commercialiser directement son appareil sur internet.
"Une fois que nous aurons augmenté la disponibilité des appareils Nexus One en magasins, nous cesserons de vendre des appareils dans la boutique en ligne, dont nous nous servirons plutôt comme d'une vitrine montrant la gamme des téléphones Android existant dans le monde", a indiqué un ingénieur, Andy Rubin, sur le blog officiel du groupe.
Google a lancé Nexus One le 5 janvier dans le but de concurrencer Apple et son iPhone, vantant une nouvelle avancée dans l'évolution de son logiciel Android. L'expérience de vente en ligne était une innovation, alors qu'aux Etats-Unis les opérateurs ont le plus souvent l'exclusivité sur la distribution des appareils.
La société n'a pas indiqué combien de Nexus One avaient été vendus depuis la sortie de l'appareil aux Etats-Unis, mais elle a reconnu que seuls des technophiles avaient eu recours à sa boutique en ligne, qui propose l'appareil à prix réduit avec un forfait de l'opérateur T-Mobile (Deutsche Telekom), ou sans réduction avec une compatibilité avec les réseaux AT&T et T-Mobile. "L'adoption mondiale du système Android a dépassé nos attentes, mais pas la performance de la boutique en ligne", a souligné M. Rubin. "Il est clair que beaucoup de consommateurs veulent pouvoir toucher avant d'acheter un téléphone, et ils veulent aussi choisir parmi un large éventail de forfaits", a-t-il ajouté, précisant que, comme en Europe, Google entendait passer désormais par les opérateurs pour vendre son téléphone.
Le PDG de Google Eric Schmidt a affirmé jeudi qu'il se vendait plus de 65.000 téléphones sous Android chaque jour, soit environ deux millions par mois, ce qui rapproche la diffusion de ce système des chiffres de vente de l'iPhone (8,75 millions d'iPhones vendus au premier trimestre 2010).
www.lexpansion.com

Un juriste et militant syrien remporte le Prix Martin Ennals 2010

Un juriste syrien qui conteste le cadre juridique oppressif imposé par le gouvernement syrien, Muhannad Al-Hassani, a été honoré par l’attribution du Prix Martin Ennals de cette année pour les Défenseurs des droits de l’homme. Al-Hassani est actuellement en prison et son état de santé est mauvais.
Al-Hassani est président de l’Organisation syrienne de défense des droits de la personne (Swasiya), qui s’est vu refuser l’inscription officielle par les autorités syriennes. Il a été arrêté en juillet 2009 et accusé d’« affaiblir les sentiment nationaux » et de « répandre de fausses nouvelles ». Depuis six ans, il est sous le coup d’une interdiction de voyager et sous la surveillance constante des forces de sécurité.
« Il a régulièrement représenté les activistes et détenus politiques devant les tribunaux et reste un important surveillant de la Cour de sécurité de l’État, un tribunal spécial qui existe hors des cadres du système judiciaire criminel ordinaire », dit Human Rights Watch, qui est membre du jury.
La cérémonie de remise de la récompense aura lieu le 15 octobre 2010 à Genève.
Source: communiqué de l'IFEX

lundi 10 mai 2010

Le plan de secours de l'euro expliqué aux nuls

Pour enrayer la panique qui a éclaté en fin de semaine dernière, les Etats de la zone euro ont planché tout le week-end et se sont mis d'accord sur un gigantesque plan de secours à plusieurs étages.
Le premier étage, c'est la Commission européenne : en empruntant sur les marchés, avec une garantie apportée par le budget communautaire, elle va être ainsi capable de prêter 60 milliards d'euros aux membres de la zone euro qui pourraient en avoir besoin. "Une vraie révolution, pour Elie Cohen, chercheur au CNRS : c'est un mécanisme quasi-fédéral, mais qui porte sur une somme réduite, et insuffisante par rapport aux besoins". Le complément est fourni par le deuxième étage, constitué par les Etats membres de la zone euro eux-mêmes. Ils vont créer une société spéciale chargée d'emprunter sur les marchés, et lui apporter leurs garanties, proportionnellement à leur participation dans le capital de la BCE - soit 88 milliards environ pour la France. Cette société ad hoc, de droit privé luxembourgeois, sera capable d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros pour le prêter ensuite aux pays qui le demandent. En tout, donc, 500 milliards d'euros sont mobilisables.

500 milliards d'euros! C'est une somme énorme!

Oui. Une somme gigantesque, à laquelle il faut ajouter 250 milliards d'euros que le FMI pourra lui aussi fournir. 750 milliards, donc. De quoi impressionner favorablement les marchés financiers, ce qui était l'un des objectifs. Et ça a marché : les Bourses sont euphoriques ce lundi, les taux grecs se détendent de façon spectaculaire et l'euro remonte au-dessus de 1,3 dollar.

Mais d'où sort tout cet argent?

Attention. Pour le moment, c'est de l'argent complètement virtuel. Il est mobilisable, pas mobilisé. Et il ne sera utilisé en totalité qu'en cas d'énorme catastrophe. C'est un peu le même schéma que celui utilisé lors du plan de soutien aux banques françaises, à l'automne 2008 : un fonds spécial avait été mis en place pour emprunter sur les marchés à la place des banques, qui n'avaient plus assez confiance pour se prêter les unes aux autres. A charge pour ce fonds, garanti par l'Etat, de prêter ensuite aux banques. On avait parlé d'un plan de 360 milliards. Mais c'était un maximum. Au final, moins de la moitié de cette somme avait été mobilisée. Ce qui ne signifie pas "dépensée", puisqu'il s'agit de prêts qui ont été, ou vont être, remboursés. C'est la même chose pour le plan de secours de l'euro. Comme le rappelle le journaliste Jean Quatremer sur son blog,"les besoins de financement sur trois ans de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande sont estimés à 500 milliards au maximum". C'est à dire moins que les 750 milliards du plan de secours.L'idée de ce dernier, c'est que le marché des dettes d'Etat fonctionne de nouveau normalement. Et, par conséquent, que le mécanisme imaginé ce week-end soit le moins utilisé possible.

Mais tout de même... Ce sont des sommes énormes, et les Etats sont déjà tous en déficit ! Ils empruntent pour pouvoir prêter, c'est bien ça?

C'est ça. Mais tous les Etats de la zone euro ne sont pas logés à la même enseigne. Certains sont très mal en point et les marchés ne veulent plus leur prêter - la Grèce aujourd'hui, l'Espagne, peut-être, demain. D'autres vont mieux et les marchés leur font confiance pour rembourser : c'est le cas de l'Allemagne, de la France, des Pays-Bas. "L'idée est de substituer un emprunteur crédible, constitué de l'addition des pays de la zone euro, à ceux qui ont perdu leur crédibilité", décrypte Nicolas Bouzou, économiste chez Astérès. "Les Allemands ont été contraints d'accepter, dans l'urgence, le principe d'une co-responsabilité de la dette, qu'ils avaient refusé jusqu'ici, analyse de son côté Elie Cohen. Parce qu'elle est désormais consolidée, la dette de l'ensemble des pays de la zone euro ne suscite plus la méfiance des marchés. Après tout, elle reste, au total, inférieure à celle des Etats-Unis ou du Japon".

C'est la fin de la crise, alors ?

Eh non. Comme le note sur son blog le correspondant du Financial Times à Bruxelles, "les difficultés de la zone euro n'ont pas disparu du jour au lendemain. Pour les trois prochaines années au moins, la hausse des impôts et l'austérité devront toujours être à l'ordre du jour. Et la véritable question, c'est de savoir si les gouvernements auront la volonté politique et le soutien populaire pour mettre en oeuvre les politiques impopulaires qui sont nécessaires". Nicolas Bouzou renchérit : "c'est une bulle d'oxygène, mais ça ne résout pas le problème du surendettement de nombreux Etats de la zone euro". La partie la plus difficile commence donc maintenant, avec la mise en place des plans de rigueur partout en Europe. Et en contrepartie, la définition de sanctions pour ceux qui n'iraient pas assez loin dans le régime sec. Même si cela n'a jamais été lé fort de Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a d'ailleurs exprimé dès lundi le souhait que les budgets des Etats de l'UE soient davantage sous surveillance. Sans donner plus de détail. La mise en place d'un monitoring plus poussé de la situation financière des pays de l'euroland sera sans doute un des prochains défis de la zone.
Le premier étage, c'est la Commission européenne : en empruntant sur les marchés, avec une garantie apportée par le budget communautaire, elle va être ainsi capable de prêter 60 milliards d'euros aux membres de la zone euro qui pourraient en avoir besoin. "Une vraie révolution, pour Elie Cohen, chercheur au CNRS : c'est un mécanisme quasi-fédéral, mais qui porte sur une somme réduite, et insuffisante par rapport aux besoins". Le complément est fourni par le deuxième étage, constitué par les Etats membres de la zone euro eux-mêmes. Ils vont créer une société spéciale chargée d'emprunter sur les marchés, et lui apporter leurs garanties, proportionnellement à leur participation dans le capital de la BCE - soit 88 milliards environ pour la France. Cette société ad hoc, de droit privé luxembourgeois, sera capable d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros pour le prêter ensuite aux pays qui le demandent. En tout, donc, 500 milliards d'euros sont mobilisables.

500 milliards d'euros! C'est une somme énorme!
Oui. Une somme gigantesque, à laquelle il faut ajouter 250 milliards d'euros que le FMI pourra lui aussi fournir. 750 milliards, donc. De quoi impressionner favorablement les marchés financiers, ce qui était l'un des objectifs. Et ça a marché : les Bourses sont euphoriques ce lundi, les taux grecs se détendent de façon spectaculaire et l'euro remonte au-dessus de 1,3 dollar.

Mais d'où sort tout cet argent?
Attention. Pour le moment, c'est de l'argent complètement virtuel. Il est mobilisable, pas mobilisé. Et il ne sera utilisé en totalité qu'en cas d'énorme catastrophe. C'est un peu le même schéma que celui utilisé lors du plan de soutien aux banques françaises, à l'automne 2008 : un fonds spécial avait été mis en place pour emprunter sur les marchés à la place des banques, qui n'avaient plus assez confiance pour se prêter les unes aux autres. A charge pour ce fonds, garanti par l'Etat, de prêter ensuite aux banques. On avait parlé d'un plan de 360 milliards. Mais c'était un maximum. Au final, moins de la moitié de cette somme avait été mobilisée. Ce qui ne signifie pas "dépensée", puisqu'il s'agit de prêts qui ont été, ou vont être, remboursés. C'est la même chose pour le plan de secours de l'euro. Comme le rappelle le journaliste Jean Quatremer sur son blog,"les besoins de financement sur trois ans de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande sont estimés à 500 milliards au maximum". C'est à dire moins que les 750 milliards du plan de secours.L'idée de ce dernier, c'est que le marché des dettes d'Etat fonctionne de nouveau normalement. Et, par conséquent, que le mécanisme imaginé ce week-end soit le moins utilisé possible.
Mais tout de même... Ce sont des sommes énormes, et les Etats sont déjà tous en déficit ! Ils empruntent pour pouvoir prêter, c'est bien ça?
C'est ça. Mais tous les Etats de la zone euro ne sont pas logés à la même enseigne. Certains sont très mal en point et les marchés ne veulent plus leur prêter - la Grèce aujourd'hui, l'Espagne, peut-être, demain. D'autres vont mieux et les marchés leur font confiance pour rembourser : c'est le cas de l'Allemagne, de la France, des Pays-Bas. "L'idée est de substituer un emprunteur crédible, constitué de l'addition des pays de la zone euro, à ceux qui ont perdu leur crédibilité", décrypte Nicolas Bouzou, économiste chez Astérès. "Les Allemands ont été contraints d'accepter, dans l'urgence, le principe d'une co-responsabilité de la dette, qu'ils avaient refusé jusqu'ici, analyse de son côté Elie Cohen. Parce qu'elle est désormais consolidée, la dette de l'ensemble des pays de la zone euro ne suscite plus la méfiance des marchés. Après tout, elle reste, au total, inférieure à celle des Etats-Unis ou du Japon".

C'est la fin de la crise, alors ?
Eh non. Comme le note sur son blog le correspondant du Financial Times à Bruxelles, "les difficultés de la zone euro n'ont pas disparu du jour au lendemain. Pour les trois prochaines années au moins, la hausse des impôts et l'austérité devront toujours être à l'ordre du jour. Et la véritable question, c'est de savoir si les gouvernements auront la volonté politique et le soutien populaire pour mettre en oeuvre les politiques impopulaires qui sont nécessaires". Nicolas Bouzou renchérit : "c'est une bulle d'oxygène, mais ça ne résout pas le problème du surendettement de nombreux Etats de la zone euro". La partie la plus difficile commence donc maintenant, avec la mise en place des plans de rigueur partout en Europe. Et en contrepartie, la définition de sanctions pour ceux qui n'iraient pas assez loin dans le régime sec. Même si cela n'a jamais été lé fort de Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a d'ailleurs exprimé dès lundi le souhait que les budgets des Etats de l'UE soient davantage sous surveillance. Sans donner plus de détail. La mise en place d'un monitoring plus poussé de la situation financière des pays de l'euroland sera sans doute un des prochains défis de la zone.
Source: www.lexpansion.com

Sauvetage de la Grèce: des centaines de milliards d'Euros déboursés encore une fois

L'Union européenne a mis en place un plan de secours historique avec le Fonds monétaire international (FMI) pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro en détresse financière. Pari réussi : lundi 10 mai 2010 l’euro remonte face au dollar et les bourses européennes grimpent. Si les mesures annoncées apaisent les marchés, le plus difficile reste à faire : mettre en place une discipline budgétaire efficace dans la zone euro.
Les pays de la zone euro doivent ramener leurs déficits dans les limites du Pacte de Stabilité d'ici 2014 au plus tard. Car les marchés auront besoin de mesures concrètes pour être durablement rassurés. Une période d’austérité budgétaire est incontournable pour la plupart des pays de la zone euro à partir de 2011. Après la Grèce, le Portugal et l'Espagne se sont engagés à prendre des mesures d'économies supplémentaires en 2010 et 2011 afin de réduire leur déficit. Le gouvernement portugais a indiqué lundi 10 mai qu'il tablait désormais sur un déficit en 2011 à 5,1% du PIB contre 6,6% précédemment. Le gouvernement espagnol devrait de son côté économiser 15 milliards d'euros en deux ans, surtout en retardant des investissements.
D’autres pays s'y préparent : la Belgique, l’Italie et même l’Allemagne vont mettre en œuvre des mesures de réduction budgétaires. La France a déjà annoncé la semaine dernière un gel pour trois ans des dépenses de l’Etat. Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé jeudi dernier (5 mai) une baisse de 10% de ses dépenses de fonctionnement et cinq milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales. Le but est d’atteindre l'objectif d'un déficit public ramené à 3% du PIB en 2013, contre 8,0% attendu cette année.
Mais les syndicats ont prévenu que la lutte contre les déficits ne devait pas se faire au détriment de la cohésion sociale. De l’autre côté, les analystes craignent qu’en coupant dans les dépenses publiques, on retombe en récession. Ils préconisent des mesures certes d’austérité, mais accompagnée par une puissante stratégie de croissance et de réformes structurelles coordonnées au niveau européen. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso va dans le même sens. Il estime qu’il faut renforcer la gouvernance économique et le respect des obligations que les Etats membres ont en matière de déficits. D’ailleurs la Commission doit faire mercredi 12 mai des propositions en ce sens.
A la demande de l'Allemagne et de la France, les seize pays de la zone euro sont d’accord pour instaurer des sanctions plus efficaces contre les pays qui laisseraient filer leurs déficits. Berlin voudrait notamment les priver de certaines aides communautaires et de leurs droits de vote au Conseil.

Des chiffres inquiétants

Pour la zone euro, le déficit des comptes publics est à 6,6% du PIB en 2010 et 6,1% en 2011. Tandis que pour l’ensemble de l’Union européenne il est à 7,2% et 6,5%. La dette s'établirait quant à elle à 84,7% et 88,5% du PIB pour la zone euro et 79,6% et 83,8% pour l'ensemble des Vingt-Sept. Dans la zone euro, le taux de chômage devrait continuer à légèrement augmenter pour atteindre 10,3% en 2010 et 10,4% en 2011, contre 9,4% en 2009. Il est cependant largement supérieur à cette moyenne dans plusieurs pays. En Espagne, le pays le plus touché de la zone euro, il restera à près de 20% en 2010 et 2011, mais il sera également de plus de 13% en Irlande et en Slovaquie, autour de 13% en Grèce et de 10% en France et au Portugal.
Altin Lazaj
Source: www.rfi.fr